lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | LE VERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2022, et un mémoire enregistré le 16 mai 2022, Mme A I et M. F G, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux de Djodjo Jordan H et José Virato H, ainsi que Mme J D H et M. B H, représentés par Me Le Verger, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Kinshasa (République démocratique du Congo) refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour à Mme J D H, M. B H, Djodjo Jordan H et José Virato H, en qualité de membres de famille de réfugiée ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de faire procéder au réexamen de la situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La partie requérante soutient que :
- la régularité de la composition de la commission lors de l'examen du recours demeure à prouver ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation, les identités et les liens familiaux allégués étant établis par les actes juridictionnels et documents d'état civil produits et corroborés par des éléments de possession d'état ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment au vu de la situation Mme J D H ;
- elle méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Sur mesure d'instruction du tribunal, l'administration a produit l'entier dossier administratif de la demande le 8 juin 2022.
Par décision du 7 juin 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Mme I au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2022 :
- le rapport de M. Desimon, rapporteur,
- et les observations de Me Pollono, substituant Me Le Verger, représentant la partie requérante, en présence de Mme A I et M. F G.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I, ressortissante congolaise (République démocratique du Congo) née le 19 décembre 1972, s'est vue reconnaître en France la qualité de réfugiée en 2018. La délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en vue de la rejoindre a été sollicitée en faveur de Mme J D H, M. B H, Djodjo Jordan H et José Virato H, présentés comme ses enfants. Un refus leur a été opposé par les autorités consulaires françaises de Kinshasa. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, recodifié à l'article D. 312-3 du même code, a rejeté le recours dirigé contre ce refus par décision du 14 avril 2021. La partie requérante doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 752-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, recodifié aux articles L. 561-2 et suivants du même code : " I.-Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : () 3° Par les enfants non mariés du couple, âgés au plus de dix-neuf ans. () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. / II.-Les articles L. 411-2 à L. 411-4 et le premier alinéa de l'article L. 411-7 sont applicables. / La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. / Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. / Pour l'application du troisième alinéa du présent II, ils produisent les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 721-3 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. () ".
3. La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial de l'enfant d'une personne à laquelle la qualité de réfugiée a été reconnue ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public.
En ce qui concerne les identités et liens de filiation allégués :
4. Il incombe aux autorités administratives françaises de tenir compte des jugements rendus par un tribunal étranger relativement à l'état et à la capacité des personnes sauf à ce qu'ils aient fait l'objet d'une déclaration d'inopposabilité, laquelle ne peut être prononcée que par le juge judiciaire, ou, à établir l'existence d'une fraude ou d'une situation contraire à la conception française de l'ordre public international.
5. Aux termes de l'article L. 111-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, recodifié à l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
6. Pour justifier de l'identité des demandeurs et de la demanderesse de visa, ainsi que de leur lien de filiation avec Mme I, ont été produits à l'appui de la demande de visa, un jugement supplétif, accompagné d'un acte de signification et d'un certificat de non-appel, un acte dressé en transcription de ce jugement, une copie intégrale de cet acte, et un passeport congolais.
7. L'administration a relevé dans sa décision les éléments suivants : " () Les actes de naissance produits pour les enfants J D H, B H, K C H et F H ont été respectivement transcrits 18, 18, 12 et 5 ans après les évènements - selon des jugements supplétifs tardifs rendus le 14/05 et 27/05/2019 - et postérieurement à l'obtention du statut de réfugié par Mme A I ; / - L'acte de naissance de l'enfant Rolly H, établi suivant un jugement supplétif de naissance, rendu par une juridiction non compétente n'est pas conforme à l'article 99 de la loi portant protection de l'enfant (LPPE) ; par ailleurs, les actes de naissance des enfants K C H et F H, établis suivant un jugement supplétif de naissance, ne sont pas conformes à l'article 67 du code de procédure civile de la République démocratique du Congo (délai de transcription). Ces irrégularités leur ôtent toute valeur authentique et ne permettent pas d'établir l'identité des demandeurs et partant, leur lien familial allégué avec Mme A I. Au surplus, la production de tels documents relève d'une intention frauduleuse ; () ". Le ministre de l'intérieur ajoute divers arguments et précise qu'il se prévaut dans son cadre d'analyse de la recommandation n° 9 de la commission internationale de l'état civil adoptée le 17 mars 2005.
8. Toutefois, si les recommandations de la commission internationale de l'état civil constituent des sources pertinentes permettant de guider l'analyse d'actes dans le cadre rappelé aux points 4 et 5 du présent jugement, elles ne sauraient être appliquées sans qu'il soit tenu compte des contextes locaux, de la procédure particulière tendant à la réunification familiale, et des circonstances de chaque espèce. De plus, l'administration n'explique pas la nature de la fraude qu'elle soupçonne d'être à l'œuvre. Partant, s'agissant de la République démocratique du Congo, et en l'espèce, les circonstances relatives à la temporalité des jugements ne sont pas, compte tenu des caractéristiques inhérentes aux actes juridictionnels que sont les jugements supplétifs d'acte de naissance, dont la vocation est en principe d'établir l'identité juridique d'une personne qui ne disposerait pas d'éléments, d'ordre administratif ou juridique, suffisamment probants pour en justifier, et en l'absence de toute démonstration sur ce qui serait à même de faire obstacle à une telle temporalité en République démocratique du Congo, de nature à faire regarder ces actes comme frauduleux ou contraires à la conception française de l'ordre public international. S'agissant de la proximité temporelle des jugements à la reconnaissance de la qualité de réfugiée à Mme I, il ne saurait être reproché à tout administré et toute administrée de rechercher à réunir les preuves nécessaires à l'exercice d'un droit, fût-ce par des démarches opportunes, sauf à ce qu'il soit fait la démonstration que de telles démarches seraient impossibles dans le contexte local. A cet égard, l'administration n'apporte pas d'élément sérieux permettant de penser que les demandeurs et la demanderesse de visa auraient été effectivement en possession de documents de nature à justifier de leur identité dans le cadre d'une demande de visa au titre de la réunification familiale antérieurement au rendu de ces jugements, et comportant des mentions qui auraient été contradictoires avec celles portées sur les documents présentement examinés.
9. Par ailleurs, il n'appartient pas aux autorités administratives et juridictionnelles françaises d'apprécier la manière dont le juge congolais ou la juge congolaise met en œuvre les pouvoirs qu'il ou elle détient. Dès lors, l'administration ne saurait se fonder sur la compétence, au sein du système juridictionnel local, du tribunal ayant rendu le jugement supplétif de Rolly H, notamment en ce qu'il peut arriver dans tout système juridique qu'une juridiction se méprenne sur sa propre compétence, situation alors potentiellement sanctionnable selon des voies de droit déterminées, sauf à démontrer que cette mention sur le document alors produit permettrait d'en déduire qu'il n'existerait en réalité aucun jugement rendu par une juridiction. Il en va de même de certaines mentions des jugements concernant les demandeurs Djodjo Jordan H et José Virato H, alors qu'au demeurant la partie requérante apporte certains éléments d'explication quant à ces mentions.
10. En outre, alors que l'administration n'explique pas ce qui lui permettrait de penser qu'un jugement ne pourrait être transcrit dans le délai d'appel, alors que rien ne laisse à penser que ces jugements concernant les demandeurs Djodjo Jordan H et José Virato H n'auraient pas été exécutoires, une telle irrégularité ne suffirait pas à démontrer que les jugements produits seraient frauduleux ou contraires à la conception française de l'ordre public international.
11. Dans ces conditions, les actes de transcription et leurs copies intégrales apparaissent probants au regard de l'article 47 du code civil. Les passeports ne sont pas critiqués en eux-mêmes, et ceux-ci corroborent ce qui a été dit aux points précédents. Cette appréciation est confortée par la circonstance que l'ensemble des documents versés aux débats comportent les exactes mêmes mentions.
12. Enfin, la partie requérante démontre que Mme I a eu des déclarations constantes aux autorités administratives et juridictionnelles françaises quant à l'existence de ses enfants depuis son entrée sur le territoire français en vue d'y rechercher l'asile. Le jugement de la Cour nationale du droit d'asile rendu le 27 novembre 2018, acte juridictionnel revêtu de l'autorité absolue de chose jugée, mentionne, dans ses motifs, ces enfants. Des documents de nature médicale corroborent le récit du parcours de vie de la réfugiée et de ses enfants. Conformément au régime de preuve prévu par les dispositions citées au point 2 du présent jugement, ces éléments font foi jusqu'à preuve du contraire. L'administration, qui ignore l'ensemble de ces éléments, ne recherche pas à rapporter la preuve contraire.
13. Dans ces conditions, l'identité des demandeurs et de la demanderesse de visa, ainsi que leur lien de filiation avec Mme I, doivent être tenus pour établis. Par conséquent, et alors qu'aucune intention frauduleuse n'apparaît comme ayant présidé à la production des documents examinés, la partie requérante est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'erreur d'appréciation.
En ce qui concerne le caractère partiel injustifié de la demande de réunification familiale :
14. L'administration peut, notamment en première instance, faire valoir devant les juges de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors aux juges, après avoir mis à même la partie ayant introduit le recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, la juridiction peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas la partie requérante d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
15. Le ministre fait valoir qu'un enfant de Mme I n'est pas concerné par la demande de réunification familiale.
16. A supposer que le ministre de l'intérieur puisse être regardé comme sollicitant implicitement une substitution de motifs, le motif exposé au point 15 serait insusceptible de justifier légalement la décision en litige. En effet, M. E H était âgé de plus de dix-huit ans à la date de la décision attaquée. En outre, il n'est apporté aucun élément pour contester le récit que fait la partie requérante de la vie de l'intéressé, lequel implique que cette personne n'était pas à même de solliciter un visa en même temps que sa fratrie. En toute hypothèse, la demande de substitution de motifs ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la seule Mme J D H :
17. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
18. Aucun élément du dossier ne démontre que la date de la demande de réunification de Mme I serait antérieure au dix-neuvième anniversaire de Mme J D H et les motifs exposés aux points précédents conduisent à l'annulation des refus de visa opposés à ses trois frères, de sorte que le présent jugement pourrait conduire à ce qu'elle soit isolée, et ce d'autant plus que son père et un frère sont également en France, situation à l'aune de laquelle la décision doit être examinée eu égard à l'effet rétroactif de l'annulation contentieuse. Il ressort des pièces du dossier que Mme J D H était âgée de 21 ans à la date de la décision attaquée, et pouvait donc être considérée comme une jeune majeure. La partie requérante soutient que l'intéressée a subi des sévices en même temps que sa mère en 2017 et qu'elle a eu un parcours difficile, et qu'ainsi sa vulnérabilité doit être prise en compte. Malgré sa majorité, ces circonstances impliquent de considérer que la demanderesse de visa se trouve en situation de dépendance vis-à-vis de sa famille. Par ailleurs, le statut de Mme I fait obstacle à ce qu'elle puisse rendre visite à sa fille dans son pays de résidence. Aucun des éléments mis en avant par la partie requérante n'est contesté par l'administration. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, compte tenu des objectifs poursuivis par la décision en litige et du cadre juridique de la réunification familiale, la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la partie requérante est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
20. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à Mme J D H, M. B H, Djodjo Jordan H et José Virato H les visas sollicités. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de leur faire délivrer ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer contre l'Etat, à défaut pour lui de justifier de l'exécution du présent jugement dans un délai de deux mois à compter de sa notification, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution.
Sur les frais de l'instance :
22. Mme I a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, Me Le Verger peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Le Verger renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Le Verger de la somme de 1 200 euros.
23. Dès lors que la partie requérante n'établit ni même n'allègue avoir exposé d'autres frais que ceux pris en charge au titre de l'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 14 avril 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour à Mme J D H, M. B H, Djodjo Jordan H et José Virato H dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Une astreinte de 50 euros par jour est prononcée à l'encontre de l'Etat, s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai mentionné à l'article 2 ci-dessus.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me Le Verger en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A I, M. F G, Mme J L et M. B H, au ministre de l'intérieur, et à Me Mélanie Le Verger.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Desimon, conseiller,
M. Guilloteau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. DESIMON
La présidente,
S. RIMEU
La greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026