lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200280 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | AH-FAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2022, un mémoire enregistré le 14 janvier 2022 et régularisé le 9 février 2022, un mémoire enregistré le 5 juin 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 7 juin 2022, Mme E C, M. B C et Mme A D épouse C, représentés par Me Ah-Fah, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Tirana (République d'Albanie) refusant à Mme E C la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour, en qualité d'ascendante à charge de ressortissant français ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire procéder au réexamen de la demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme E C ou à son fils de la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La partie requérante soutient que :
- la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2022 :
- le rapport de M. Desimon, rapporteur,
- les conclusions de M. Bouchardon, rapporteur public,
- et les observations de Me Ah-Fah, représentant la partie requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C, ressortissante albanaise née le 14 mai 1967, est la mère de M. C, ressortissant français né le 12 novembre 1991. Mme C a sollicité la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en qualité d'ascendante à charge de ressortissant français. Un refus lui a été opposé par les autorités consulaires françaises de Tirana. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rejeté le recours dirigé contre ce refus par décision implicite intervenue à la suite de l'enregistrement du recours le 10 septembre 2021. Les requérants doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsqu'elles sont saisies d'une demande tendant à la délivrance d'un visa de long séjour par une personne étrangère faisant état de sa qualité d'ascendante à charge de ressortissant français, les autorités administratives chargées de l'examen des demandes de visa peuvent légalement fonder leur décision de refus sur la circonstance que la demanderesse ne saurait être regardée comme étant à la charge de son descendant, dès lors que cette personne dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
3. Il ressort des écritures présentées en défense que la décision en litige repose sur un motif tiré de ce que les ressources de M. C et sa famille sont insuffisantes et sur un motif tiré de ce qu'il n'est pas prouvé que Mme C n'ait pas d'autres revenus ou une autre forme de prise en charge.
4. En premier lieu, la partie requérante expose avec précision que M. C jouit d'une situation professionnelle stable pourvoyeuse de revenus réguliers. La conjointe de M. C contribue positivement aux finances du foyer. En outre, les époux C démontrent détenir une épargne supérieure à 16 000 euros. Dans ces conditions, alors que l'administration n'explique pas vraiment ce qui lui permet de qualifier la situation financière de M. et Mme C de " fragile " ni le critère juridique qui lui permettrait d'exclure de ses calculs certains types de revenus dans le cadre jurisprudentiel rappelé au point 2 du présent jugement, la partie requérante est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
5. En second lieu, la partie requérante soutient que Mme E C n'a aucune ressource depuis le décès de son mari et que l'argent que lui envoie son fils constitue ses seules ressources. Ces allégations, corroborées par les nombreux envois d'argent depuis plusieurs années pour des montants significatifs, sont également appuyées par un courrier d'une association dans laquelle la demanderesse de visa est bénévole indiquant qu'elle a reçu en retour de l'aide consistant en des colis alimentaires et des sommes d'argent. Ainsi, aucun élément ne permet de considérer que l'intéressée disposerait de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes. Dans ces conditions, la partie requérante est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la partie requérante est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Dès lors que le présent jugement implique la délivrance du visa sollicité, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur qu'il soit procédé au réexamen de la situation et d'assortir cette injonction d'une astreinte. Ces conclusions seront rejetées.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Mme E C de la somme de 1 200 euros, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France intervenue à la suite de l'enregistrement du recours le 10 septembre 2021 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Mme E C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, M. B C et Mme A D épouse C, et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Desimon, conseiller,
M. Guilloteau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. DESIMON
La présidente,
S. RIMEU
La greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026