jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200287 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DESMARS BELONCLE BARZ CABIOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Cabioch, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours à compter de cette notification sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;
3°) de lui enjoindre, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, à qui il apporte un soutien et de la stabilité, malgré leur placement en urgence en raison des difficultés psychologiques de leur mère ;
- elle est entachée d'une erreur de droit à ne pas avoir fait application de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions eu égard à sa résidence stable et continue en France depuis sept ans, à ses attaches familiales en France, aux circonstances exceptionnelles tenant aux conditions de vie de ses enfants et à la promesse d'embauche dont il bénéficie ;
Sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de procédure contradictoire préalable ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 7 mars 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et de travail du 9 octobre 1987 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 1er mars 1985, est titulaire d'un titre de séjour délivré par les autorités espagnoles valable jusqu'au 26 janvier 2024 et déclare être entré en France en 2009 et s'y être installé depuis 2014. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à défaut, sur le fondement de l'article L. 435-1 de ce code. Par l'arrêté attaqué du 6 décembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande, a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, et les éléments concernant la situation personnelle de M. A, notamment ceux concernant la durée de sa présence en France, sa situation familiale et le placement de ses deux enfants mineurs ainsi que la promesse d'embauche dont il se prévaut en qualité d'aide menuiser plaquiste. Dans ces conditions, elle comprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire n'ait pas mené un examen entier et sérieux de la situation personnelle de M. A.
4. En troisième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont peuvent se prévaloir, au titre de la vie privée et familiale, les ressortissants marocains : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". D'une part, par la seule production d'attestations non-circonstanciées et stéréotypées rédigées par des proches selon lesquelles il serait entré en France en juin 2009, M. A ne justifie pas de sa présence en France entre 2009 et 2014. Il ne justifie pas non plus avoir établi le centre de ses intérêts matériels, personnels et familiaux en France ni en 2014 par son mariage le 12 septembre 2014 avec son ex-compagne et la production d'une carte internationale d'assurance automobile relative à l'achat d'une voiture effectuée en juillet 2014, ni en 2015 par la production de sa carte d'admission à l'aide médicale d'état de février 2015 à février 2016 et d'une facture de contrôle technique de son véhicule en juillet 2015, de la carte verte de ce dernier et d'une confirmation de rendez-vous avec un conseiller bancaire en juillet 2015 ni en 2016 par la production du contrat d'assurance et la carte verte pour le même véhicule conclu en juillet 2016, d'un avenant conclu en septembre 2016 relatif au véhicule de sa compagne et de la carte verte de ce dernier. Au titre de l'année 2017, M. A produit le certificat d'immatriculation et la carte verte à compter d'avril 2017 d'un nouveau véhicule dont le contrat d'assurance a été néanmoins résilié en mai 2017 pour aliénation et un courrier du 25 septembre 2017 du service client de la marque de son véhicule relative à une mise à jour du système. Au titre de l'année 2018, M. A produit un relevé d'information de février 2018 concernant un véhicule dont le contrat d'assurance a été résilié le 20 février 2017, un nouveau contrat d'assurance à compter de mars 2018 de ce véhicule, le contrat de location d'un véhicule du 29 au 30 mars 2018, sa carte d'admission à l'aide médicale d'état de juillet 2018 à juillet 2019 et les résultats d'un tests sanguin effectué le 18 juin 2018. Au titre de l'année 2019, il produit une ordonnance lui prescrivant du doliprane le 13 janvier 2019, la facture d'une orthèse du 14 janvier 2019 et des documents de la CPAM relatifs à ses droits à l'aide médicale d'état et à un remboursement de soins et l'information donnée le 16 octobre 2019 par les services de la ville de Nantes relative au retrait de son livret de famille. Si les différents tickets de caisse produits n'indiquant pas le nom de la personne ayant réglé ces achats n'ont aucune valeur probante, il ressort des pièces du dossier que la présence continue de M. A en France peut être établie à compter de janvier 2019, soit trois ans à la date de la décision attaquée. D'autre part, ni la simple production d'une promesse d'embauche en qualité d'aide plaquiste ni la présence de plusieurs membres de sa famille, alors qu'il a vécu pour partie au Maroc et en Espagne pendant de nombreuses années, ne constituent un motif exceptionnel justifiant son admission au séjour. Enfin, la circonstance que les deux enfants de M. A aient été placés en urgence à la suite des difficultés de son ex-compagne à s'en occuper, ayant notamment laissé l'aîné seul dans son logement pendant une soirée, et que M. A les rencontre régulièrement dans le cadre de visite en présence d'un tiers ne peut, alors que le rapport social fait état d'un contexte de violence au sein du couple et de la précarité du requérant, suffire à établir que l'admission au séjour de M. A répondrait à des circonstances humanitaires ou à un motif exceptionnel au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de cet article doit être écarté.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. Il ressort des pièces du dossier que les deux enfants de M. A, nés le 19 juillet 2015 et le 12 octobre 2018, ont fait l'objet d'ordonnances de placement provisoire les 21 et 23 septembre 2021, leur mère n'étant plus en capacité de s'occuper d'eux et M. A, qui ne disposant pas de son propre logement, ayant quitté le domicile conjugal le 1er août 2021 sur demande de son ex-compagne. Le refus de délivrance d'un titre de séjour au requérant n'induit toutefois pas de rupture des liens avec ses enfants. Par ailleurs, si M. A dispose de membres de sa famille en France, il ne justifie pas de l'intensité des liens entretenus alors qu'il a vécu de nombreuses années dans son pays d'origine et en Espagne, parle difficilement le français et ne réside en France de manière continue que depuis trois ans à la date de la décision attaquée ainsi qu'il a été dit au point 5. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du compte rendu de la visite médiatisée du 29 septembre 2021 permettant d'attester de la réalité des liens entre le requérant et ses enfants, que la présence de M. A lors des visites programmées en présence de tiers est un élément apportant une stabilité à ses deux enfants placés. S'il dispose d'un titre de séjour pour résider en Espagne, la régularité de ces visites programmées s'oppose à ce que M. A, dont la situation financière est précaire, puisse honorer ces visites. Par suite, la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
9. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que la décision obligeant M. A à quitter le territoire français est entachée d'illégalité. Comme le soutient le requérant, cette illégalité prive de base légale la décision fixant son pays de destination.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 décembre 2021 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Eu égard au motif sur lequel il se fonde pour prononcer l'annulation des décisions obligeant M. A à quitter le territoire et fixant le pays de destination, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. M. A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Cabioch renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 6 décembre 2021 est annulé en tant qu'il oblige M. A à quitter le territoire français et fixe le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :L'Etat versera à Me Cabioch la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Cabioch.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La rapporteure,
H. C
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026