mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête, enregistrée sous le numéro 2200503 le 14 janvier 2022, et la communication d'une pièce complémentaire, enregistrée le 31 janvier 2022, Mme C E, représentée par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de
100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation de séjour et de travail dans cette attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées ;
- il n'est pas établi qu'elles ont été signées par une autorité compétente ;
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît le premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif a` la circulation, a` l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ; elle justifie d'une progression dans ses études et est constante dans son cursus ; elle a des moyens matériels provenant de ses activités professionnelles accessoires à ses études ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée ;
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
- elle entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
Mme E a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 13 janvier 2022.
II - Par une requête, enregistrée sous le numéro 2208346 le 29 juin 2022, Mme C E, représentée par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assignée à résidence pour une durée de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision par laquelle le préfet de Maine-et-Loire l'a assignée à résidence pour une durée de six mois n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'un défaut d'examen de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
Mme E a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 17 août 2022.
III - Par une requête, enregistrée sous le numéro 2208347 le 29 juin 2022, Mme C E, représentée par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de
100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation de séjour et de travail en attendant qu'il soit statué à nouveau sur sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision par laquelle le préfet de Maine-et-Loire lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de douze mois n'a pas été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
Mme E a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 17 août 2022.
Vu les autres pièces des dossiers
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience publique.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Loirat, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante algérienne née le 19 novembre 1996 à Annaba, est entrée régulièrement en France le 23 août 2017, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 23 août 2017 au 21 novembre 2017. Le 6 septembre 2017, l'intéressée a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien (CRA) portant la mention " étudiant " sur le fondement du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Un CRA lui a été délivré, valable du 13 septembre 2017 au 12 septembre 2018 et qui a été renouvelé trois fois jusqu'au 6 octobre 2021. Le 4 octobre 2021, elle a de nouveau sollicité du préfet de Maine-et-Loire le renouvellement de son CRA. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 6 janvier 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré. Par deux arrêtés du 20 juin 2022, le préfet de Maine-et-Loire a en outre pris à son encontre, d'une part, une décision portant assignation à résidence pendant une durée de six mois, d'autre part, une décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois. Par trois requêtes, enregistrées sous les n°s 2200503, 2208346 et 2208347, Mme E demande au tribunal d'annuler ces arrêtés. Il y a lieu de joindre ces trois requêtes pour y statuer par un jugement commun.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 6 janvier 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire. Par un arrêté du 7 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Maine-et-Loire le 9 septembre 2021, le préfet de Maine-et-Loire lui a donné délégation à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire à l'exception de certains actes limitativement énumérés, au nombre desquels ne figurent pas les décisions de refus de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire français ou de fixation du pays de destination. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté litigieux vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'accord franco-algérien et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont il fait application. En outre, l'arrêté litigieux rappelle les conditions d'entrée et de séjour en France de Mme E, admise à y poursuivre des études, constate l'absence de progression raisonnable de l'intéressée dans son cursus de licence économie et gestion à l'université d'Angers justifiant le refus de renouvellement de son titre de séjour " études " et constate qu'elle n'a pas demandé le séjour sur un autre fondement. La décision attaquée relève encore que Mme E, célibataire et sans enfant, n'établit pas avoir noué des liens personnels intenses, anciens et stables en France, ni être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine. La décision attaquée indique que l'intéressée se trouve dans la situation du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où elle peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire et qu'elle ne fait pas état de circonstances justifiant qu'un délai de départ volontaire majoré lui soit accordé. Enfin, la décision constate que Mme E n'établit pas être exposée en cas de retour dans son pays d'origine à des traitements prohibés par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cet arrêté comporte ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, un exposé suffisant des motifs de droit et de fait ayant conduit le préfet de Maine-et-Loire à prendre les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté du 6 janvier 2022 doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'alinéa 2 de l'article 9 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 modifié : " Pour e^tre admis a` entrer et se´journer plus de trois mois sur le territoire franc¸ais (), les ressortissants alge´riens doivent pre´senter un passeport en cours de validite´ muni d'un visa de long se´jour de´livre´ par les autorite´s franc¸aises. ". Aux termes du premier alinéa du titre III du protocole additionnel à cet accord : " Les ressortissants alge´riens qui suivent un enseignement, un stage ou font des e´tudes en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) rec¸oivent, sur pre´sentation, soit d'une attestation de pre´-inscription ou d'inscription dans un e´tablissement d'enseignement franc¸ais, soit d'une attestation de stage, un certificat de re´sidence valable un an, renouvelable et portant la mention " e´tudiant " ou " stagiaire ". ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble des pièces du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études.
5. Mme E fait valoir qu'elle ne s'est jamais réorientée, qu'elle a toujours poursuivi une formation dans le même domaine d'études, en économie et gestion, et que, progressant dans son cursus, elle justifie du sérieux de ses études. Toutefois, la requérante ne produit aucun document, tels que des certificats de scolarité ou des relevés de notes, à l'appui de ses allégations. Par ailleurs, le préfet de Maine-et-Loire ne conteste pas la cohérence des études de Mme E, mais son absence de progression raisonnable, constatant que Mme E a redoublé sa deuxième année de licence avant de la valider puis a redoublé à deux reprises sa troisième année de licence, de sorte qu'à la date de la décision attaquée et après cinq années d'études en France, l'intéressée n'établit pas avoir validé sa licence. Il ressort en outre des pièces du dossier que la requérante a obtenu la note de 7,742/20 au premier semestre de sa troisième année de licence. Dans ces conditions, Mme E n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux de ses études. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du point 4 doit, par suite, être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie prive´e et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir inge´rence d'une autorite´ publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette inge´rence est pre´vue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une socie´te´ de´mocratique, est ne´cessaire a` la se´curite´ nationale, a` la su^rete´ publique, au bien-e^tre e´conomique du pays, a` la de´fense de l'ordre et a` la pre´vention des infractions pe´nales, a` la protection de la sante´ ou de la morale, ou a` la protection des droits et liberte´s d'autrui. ".
7. En l'espèce, Mme E soutient qu'en refusant de faire droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour, le préfet de Maine-et-Loire a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et qu'il a dès lors méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée en France pour suivre des études et qu'elle a à ce titre bénéficié d'un visa de long séjour en qualité d'étudiante pour l'obtention duquel elle s'est engagée à regagner son pays d'origine à l'issue de son cursus. Dans ces conditions, et alors que le renouvellement du titre de séjour de
Mme E résulte seulement d'une appréciation de la réalité et du sérieux des études poursuivies, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'est pas établie. Mme E n'est, par suite, pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
9. En second lieu, Mme E, célibataire et sans enfant, ne réside en France que depuis quatre ans et demi à la date de la décision attaquée, au seul motif d'études. Si l'intéressée se prévaut de liens personnels intenses, anciens et stables sur le territoire français, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. En particulier, si la requérante se prévaut d'une relation de couple avec M. B A, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2031, l'unique attestation d'hébergement établie par M. A le 13 septembre 2021 ne saurait établir l'existence d'une relation amoureuse avec la requérante, ni son ancienneté et stabilité. En outre, Mme E n'établit pas être dénuée d'attaches personnelles et familiales en Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans. Par ailleurs, la maîtrise de la langue française, la validation de la deuxième année de licence économie et gestion et les revenus, au demeurant peu élevés, tirés de ses activités professionnelles accessoires à ses études ne permettent d'établir que la requérante serait particulièrement intégrée dans la société française. Dans ces conditions, et en dépit de ce qu'elle adhère aux valeurs de la République et ne représente pas une menace pour l'ordre public, la requérante n'établit pas que son éloignement porte une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, Mme E n'est pas fondée à soutenir qu'en prenant à son encontre une mesure d'éloignement, le préfet de Maine-et-Loire aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Mme E n'est, par suite, pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire.
11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Aux termes de l'article 6 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 : " 1. Les Etats membres prennent une décision de retour à l'encontre de tout ressortissant d'un pays tiers en séjour irrégulier sur leur territoire. () ". Aux termes de l'article 7 de la même directive : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire () / 2. Si nécessaire, les États membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux. ".
12. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, Mme E n'est pas fondée à faire valoir que la décision fixant le délai de départ volontaire méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. En dernier lieu, Mme E soutient que le préfet de Maine-et-Loire a commis une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'il n'a pas examiné sa situation et qu'il aurait dû fixer un délai de départ volontaire supérieur à trente jours afin de lui permettre d'aller au terme de sa formation universitaire. Toutefois, il résulte des motifs de la décision contestée que l'autorité administrative s'est livrée à un examen complet de la situation personnelle de Mme E avant de fixer ce délai à trente jours. Et, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait demandé au préfet de Maine-et-Loire à bénéficier d'une prolongation du délai accordé pour exécuter volontairement l'obligation de quitter le territoire français, elle ne produit, en tout état de cause, pas d'éléments probants quant à la poursuite de ses études ou la spécificité de sa situation, de nature à faire regarder le délai de trente jours prévu par la décision attaquée comme inapproprié au regard de sa situation personnelle. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne prévoyant pas une durée de départ volontaire supérieure à trente jours ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
14. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Mme E n'est, par suite, pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 20 juin 2022 portant assignation à résidence :
15. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ". Aux termes de l'article L. 732-4 du même code : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article
L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. / Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. Toutefois, dans les cas prévus aux 2° et 5° du même article, elle ne peut être renouvelée que tant que l'interdiction de retour ou l'interdiction de circulation sur le territoire français demeure exécutoire. ". L'article L. 733-1 de ce code prévoit que : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
16. L'assignation à résidence, qui est une mesure alternative au placement en rétention dans des locaux administratifs ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, a pour but de permettre à l'administration de s'assurer de la personne obligée de quitter le territoire français, de vérifier qu'elle prend des dispositions en vue de son départ, de prévenir le risque de fuite, comme de permettre, le cas échéant, l'exécution forcée de cette mesure d'éloignement. Mesure par nature restrictive de la liberté d'aller et de venir, cette restriction formant son objet même, les modalités contraignantes dont elle est assortie doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées aux objectifs ainsi poursuivis.
17. En premier lieu, après avoir visé, notamment, les dispositions précitées de l'article
L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'arrêté contesté précise que Mme E justifie être dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine ou tout autre pays et justifie de son lieu de résidence à Angers et indique qu'il y a lieu de lui impartir une obligation de présentation aux fins de pointage dans l'attente de son éloignement. L'arrêté attaqué assignant l'intéressée à résidence comporte ainsi un énoncé suffisant des motifs de droit et de fait constituant son fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation ne peut donc qu'être écarté.
18. Mme E ne conteste pas entrer dans le champ du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cité au point 15. La circonstance qu'elle présente toute les garanties nécessaires de présentation de nature à permettre à l'administration d'assurer son éloignement et qu'elle dispose notamment d'une adresse connue, est, compte tenu des principes rappelés au point 16, sans incidence sur la légalité de la décision. Et la requérante, qui ne justifie d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à sa présentation bihebdomadaire au commissariat d'Angers le temps nécessaire à la mise à exécution de sa mesure d'éloignement, n'établit pas le caractère disproportionné de la décision contestée d'assignation à résidence avec obligation de pointage. Dès lors, Mme E n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée serait entachée d'un défaut d'examen de ses conséquences sur sa situation personnelle ni d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 20 juin 2022 portant interdiction de retour sur le territoire français :
19. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme F D, directrice de l'immigration et des relations avec les usagers à la préfecture de Maine-et-Loire. Par arrêté du
5 avril 2022 régulièrement publié, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant interdiction de retour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.
20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article
L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles
L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Enfin l'article L. 613-2 du code dispose : " () les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ".
21. En deuxième lieu, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
22. Au cas présent, la décision attaquée, qui impartit à la requérante une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois, vise, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait état de la durée de la présence de Mme E sur le territoire français, rappelle qu'elle fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire assortie d'un délai de départ volontaire de 30 jours, notifiée le 6 janvier 2022, et qu'elle s'est maintenue au-delà de ce délai. Elle constate que l'intéressée est dépourvue de liens intenses, stables et anciens sur le territoire national alors qu'elle n'établit pas être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine et qu'elle a été interpelée le 20 juin 2022 par les fonctionnaires de la police nationale et placée en garde à vue pour des faits d'escroquerie. Cette décision, qui se prononce sur l'ensemble des points rappelés au point 21, est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. En outre, il ne ressort ni des motifs de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas, avant de prendre cette décision, procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de Mme E.
23. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. () ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ".
24. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement à fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS). Si Mme E fait valoir qu'elle n'aurait reçu aucune information sur son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, il ressort toutefois des pièces du dossier, que cette mention figure bien sur la notification de la décision contestée, que l'intéressée a signée. Par suite, et en tout état de cause, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
25. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme E était présente en France depuis moins de cinq ans à la date de l'arrêté attaqué, qu'elle est célibataire et sans enfant et ne justifie pas de liens particulièrement intenses et stables en France. Si Mme E fait valoir qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public, qu'elle est entrée régulièrement en France et n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, il est cependant constant qu'elle n'a été admise au séjour en France que pour y poursuivre des études et que la décision attaquée a été prise à l'issue de son interpellation et placement en garde-à-vue pour des faits d'escroquerie. Dans ces conditions, en lui opposant une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de douze mois, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions rappelées au point 20, et cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par
Mme E ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2200503, 2208346 et 2208347 de Mme E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, à Me Hamid Kaddouri et au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
C. LOIRAT
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
E. GAUTHIER
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2200503, 2208346, 2208347
bg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026