mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 janvier 2022, M. E, représenté par Me Bourgeois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer une autorisation de séjour, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie en application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreurs de fait en ce qu'il est indiqué qu'il serait entré sur le territoire français en 2016 et que seules ses sœurs seraient présentes en France ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le droit d'être entendu tel qu'il résulte de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu ; il n'a jamais été interrogé ou entendu ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; c'est en effet à tort que le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- le préfet a commis une erreur de droit en considérant qu'il était en situation de compétence liée dès lors qu'il n'a pas analysé les risques encourus indépendamment de l'appréciation de ces risques par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ;
- le droit d'être entendu tel qu'il résulte de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exigeant l'accord de l'étranger pour le renvoyer dans un autre pays que le sien ; le préfet n'apporte pas la preuve qu'il serait admissible ailleurs qu'en Russie ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure,
- et les observations de Me Pavy, substituant Me Bourgeois, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant russe né en août 1991, déclare être entré en France en 2010. Il a, par la suite, déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 11 juin 2010. Son recours contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 3 novembre 2011. Il a déposé une demande de réexamen en avril 2016, laquelle demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 19 mai 2017. Son recours contre cette décision a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 11 janvier 2018. Le 27 août 2019, il a fait l'objet, d'une retenue administrative suite à un contrôle routier constatant sa conduite sans permis. Une décision de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire et d'une interdiction de retour en France d'un an a été prise à son encontre le 3 septembre 2019. M. C s'est maintenu sur le territoire et a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 11 juin 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. C demande au tribunal d'annuler les décisions du 11 juin 2021.
Sur le moyen commun aux différentes décisions :
2. L'arrêté en cause a été signé par Mme D B, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 17 mars 2021 publié le 18 mars 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture de ce département, lequel est librement accessible au public par voie électronique, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour assorties ou non d'une mesure d'obligation de quitter le territoire. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait et doit donc être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision attaquée énonce, avec une précision suffisante, les stipulations conventionnelles et les dispositions légales qui la fondent, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les articles L. 423-23, L. 435-1, L. 611-1 et L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, la décision attaquée mentionne les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. C, à savoir notamment que sa demande d'asile a été rejetée, qu'il a fait l'objet d'une retenue administrative en 2019 à la suite d'un contrôle routier, que le 3 septembre 2019 a été prise à son encontre une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire et d'une interdiction de retour en France d'une durée d'un an à laquelle il n'a pas déféré, et qu'il est célibataire et sans enfants à charge et qu'il fait état de la présence de membres de sa famille en France sans justifier maintenir des liens effectifs et continus avec ceux-ci. Ainsi, et dans la mesure où le préfet n'est pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments propres à la situation individuelle de l'intéressé, la décision contestée satisfait aux obligations mises à la charge de l'administration par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté contesté doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, M. C soutient que le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle en ce que la décision contestée ne prend pas en considération sa présence sur le territoire depuis l'année 2010, ne retrace pas l'ensemble des éléments relatifs à la procédure d'asile et ne mentionne pas avec précision ses attaches familiales sur le territoire français, à savoir sa mère, sa compagne et ses deux sœurs. Cependant, alors en tout état de cause que le requérant n'apporte aucun élément démontrant sa présence continue en France depuis 2010, comme il a été rappelé précédemment, le préfet n'est pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments propres à la situation individuelle de l'intéressé. Ainsi, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de la décision litigieuse, en ce qu'elle indique que la demande d'asile de M. C a été rejetée et qu'il " fait état de la présence de membres de sa famille en France mais n'apporte aucun élément qui justifie qu'il ait maintenu des liens effectifs et continus avec ceux-ci notamment avec l'une de ses sœurs résidant dans le département de Haute-Garonne ", que, contrairement à ce que le requérant soutient, le préfet a procédé à l'examen de sa situation personnelle avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".
7. M. C se prévaut d'une présence continue en France depuis l'année 2010, toutefois, il n'établit aucunement la réalité d'une entrée sur le territoire au cours de cette année, ni surtout par la seule mention du jugement du tribunal administratif de Nantes n° 2011385 du 9 mars 2021 portant rejet de son recours contre la précédente mesure d'éloignement, qu'il résiderait habituellement et de manière continue en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faisaient obligation au préfet de la Loire-Atlantique de saisir la commission du titre de séjour et que, faute qu'il en ait été ainsi, l'arrêté attaqué serait intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière.
8. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus M. C ne justifie pas d'une présence continue en France depuis l'année 2010. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique aurait considéré que seules ses sœurs étaient présentes en France. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait entaché sa décision des erreurs de fait alléguées.
9. En cinquième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité permet la délivrance de deux titres de séjour de nature différente que sont, d'une part, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et, d'autre part, la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
10. M. C se prévaut de sa présence en France depuis plus de dix ans, et de la présence sur le territoire de sa mère, sa compagne et de ses deux sœurs. Toutefois, il n'apporte aucun élément de nature à établir l'intensité, la stabilité et l'ancienneté de ses liens personnels et familiaux en France, ni de nature à démontrer sa présence habituelle et continue en France depuis plus de dix ans. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucune insertion professionnelle. Ainsi, les éléments relatifs à la situation personnelle et professionnelle et à la durée, au demeurant non établie, de séjour en France, dont se prévaut M. C, ne permettent pas de caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions Par ailleurs, M. C ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012, dès lors qu'en instituant le mécanisme de garantie de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration, le législateur n'a pas permis de se prévaloir d'orientations générales en ce que celles-ci sont définies pour l'octroi d'une mesure de faveur au bénéfice de laquelle l'intéressé ne peut faire valoir aucun droit, alors même qu'elles ont été publiées sur l'un des sites mentionnés à l'article D. 312-11 précité. S'agissant des lignes directrices, le législateur n'a pas subordonné à leur publication sur l'un de ces sites la possibilité pour toute personne de s'en prévaloir, à l'appui d'un recours formé devant le juge administratif. Dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de ces dispositions, des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
12. Ainsi qu'il a été dit au point 7, M. C n'apporte aucun élément de nature à démontrer sa présence habituelle et continue sur le territoire français depuis plus de dix ans. Il ne justifie pas d'avantage avoir noué des liens en France d'une particulière intensité, stabilité et ancienneté et n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'il se serait " parfaitement inséré à la société française ". Par ailleurs, s'il soutient que sa mère, sa compagne et ses deux sœurs sont également présentes sur le territoire français, ce qu'au demeurant il n'établit aucunement, il ne soutient ni même n'allègue que ces dernières résideraient en France de façon régulière. En outre, l'intéressé, sans enfant à charge et dont l'ancienneté de la relation avec sa compagne n'est aucunement établie, ne démontre pas être dépourvu d'attaches en Russie, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté une atteinte disproportionnée au respect de son droit à une vie privée et familiale normale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. C.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour ".
15. L'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité est relatif à l'hypothèse où un étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour. Ainsi qu'il a été dit précédemment au point 4, la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour en vertu des dispositions précitées, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est donc inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.
17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C, qui a déposé une demande de titre de séjour à laquelle il lui était loisible de joindre tous éléments utiles à l'examen de sa situation, aurait vainement sollicité un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de faire valoir auprès de l'administration tous les éléments jugés utiles à la compréhension de sa situation personnelle et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel que garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, ne peut qu'être écarté.
18. En troisième lieu, comme il a été dit au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de la décision litigieuse que, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'aurait pas procédé à l'examen de sa situation personnelle.
19. En quatrième lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui a été dit aux points 3 à 13, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. C invoque à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
20. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
21. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté en tant qu'il est invoqué contre l'obligation de quitter le territoire français du 11 juin 2021 qui n'a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays d'éventuel éloignement de M. C.
22. En septième lieu, aux termes de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ".
23. M. C soutient que le préfet de la Loire-Atlantique aurait méconnu les dispositions de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité en édictant à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire alors qu'il aurait dû pouvoir bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-5 du même code. Toutefois, et comme il a été dit précédemment, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation ni d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-5 précités. Ce moyen doit donc être écarté.
24. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12 du jugement, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. C en l'obligeant à quitter le territoire français.
Sur la décision fixant le pays de destination :
25. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel que garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 16.
26. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprenant depuis le 1er mai 2021 les anciennes dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
27. Si M. C, dont, par ailleurs, la demande d'asile a été rejetée, soutient qu'il " fait état de craintes toujours actuelles pour sa vie et son intégrité physique " en cas de retour dans son pays d'origine, il n'étaye cette allégation d'aucun élément ni d'une quelconque précision. En particulier, les documents produits en dernier lieu relatifs à la convocation de l'intéressé pour rejoindre l'armée russe en Ukraine et sa nouvelle demande de réexamen de sa demande d'asile pour ce motif sont postérieures à la décision litigieuse. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
28. Par ailleurs, dans l'arrêté litigieux, le préfet de la Loire-Atlantique a fixé le pays à destination duquel M. C pourrait être reconduit comme étant soit son pays d'origine, soit un autre pays dans lequel il serait légalement admissible. Cette fixation, exactement conforme aux dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne saurait impliquer que M. C soit reconduit sans son accord dans un autre pays que celui dont il est originaire. En prévoyant la possibilité d'un éloignement dans un autre pays que le pays d'origine de l'intéressé, dans lequel il serait légalement admissible, le préfet s'est ainsi borné à appliquer les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans qu'il puisse être exigé de lui qu'il apporte la preuve que M. C serait ainsi admissible dans un autre pays que la Russie.
29. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision contestée, en indiquant que M. C " n'établit pas que sa vie ou sa liberté sont menacées dans son pays d'origine ou qu'il y est exposé à des peines ou traitements contraires à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des liberté fondamentales " et " qu'il ne produit aucun élément qui justifierait d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine " est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
30. En quatrième lieu, aucun élément du dossier, et notamment pas la motivation de l'arrêté telle que rappelée au point précédent, ne révèle que le préfet se serait cru à tort en situation de compétence liée au regard de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile.
31. En dernier lieu, le moyen tiré d'une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée de M. C doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12 ci-dessus.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :
32. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
33. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté litigieux que le préfet de la Loire-Atlantique a pris en compte l'ensemble des critères prévus par les dispositions susmentionnées. Il a ainsi relevé que M. C déclare être entré sur le territoire en 2016 sans en apporter la preuve, que sa présence ne représente pas une menace pour l'ordre public mais que l'intéressé ne s'est pas conformé à une mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an, et a constaté qu'il ne justifiait pas de liens personnels particulièrement anciens, intenses et stables en France. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.
34. En second lieu, en ne retenant pas une durée de présence continue en France de plus de dix ans et en ne retenant pas de circonstances humanitaires justifiant qu'il ne prononce pas d'interdiction de retour à l'encontre de M. C, et en fixant la durée de cette interdiction à deux ans, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur les conditions de séjour en France, ainsi que la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
35. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
36. En dernier lieu, également pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. C avant de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux années.
37. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Bourgeois.
Délibéré après l'audience du 8 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
La présidente-rapporteure,
M. F L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
B. ECHASSERIAU
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
cnd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026