vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200942 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PUJOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2022, M. C D, agissant pour le compte de son fils mineur G A D, représenté par Me Pujos, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours préalable formé le 20 septembre 2021 contre la décision du 26 juillet 2021 de l'autorité consulaire française à Manille rejetant la demande de visa d'entrée et de long séjour présentée pour l'enfant Ethan Jean D en qualité de visiteur ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité dans le délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de la décision consulaire du 26 juillet 2021 ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision consulaire du 26 juillet 2021 est insuffisamment motivée ;
- la décision consulaire est fondée à tort sur les dispositions inapplicables de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- la décision de refus de visa est entachée d'erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article L. 312-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'exigent pas des enfants mineurs de 18 ans sollicitant un visa de long séjour pour rejoindre leur père ou mère résidant régulièrement en France des justificatifs de leurs moyens d'existence ;
- la décision méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 9-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique du 30 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, qui dispose de la double nationalité américaine et philippine, réside régulièrement en France sous couvert d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 8 mars 2020 au 7 mars 2022. Un visa de long séjour a été sollicité pour son fils G A D, né le 2 avril 2020 de sa relation avec Mme F, en qualité de visiteur. Il demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre le refus opposé le 26 juillet 2021 par l'autorité consulaire française à Manille à cette demande de visa de long séjour.
2. En premier lieu, en vertu des dispositions de l'article D. 211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 15 décembre 2016, prise sur recours préalable obligatoire, s'est substituée à la décision consulaire du 16 juin 2019. Par suite, les moyens dirigés contre la décision de l'autorité consulaire, tirés d'un défaut de motivation, d'un défaut de base légale et d'incompétence du signataire, doivent être écartés comme inopérants.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : 1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ; 2° Sous réserve des conventions internationales, et de l'article 6, paragraphe 1, point c, du code frontières Schengen, du justificatif d'hébergement prévu à l'article L. 313-1, s'il est requis, et des autres documents prévus par décret en Conseil d'Etat relatifs à l'objet et aux conditions de son séjour et à ses moyens d'existence, à la prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, ainsi qu'aux garanties de son rapatriement ; 3° Des documents nécessaires à l'exercice d'une activité professionnelle s'il se propose d'en exercer une ". Aux termes de l'article L. 312-6 du même code, dans sa version applicable au litige : " Les documents mentionnés aux 2° et 3° de l'article L. 311-1 ne sont pas exigés : () 2° Des enfants mineurs de dix-huit ans venant rejoindre leur père ou leur mère régulièrement autorisé à résider en France ; () " Aux termes de l'article L. 426-20 du même code : " L'étranger qui apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel, indépendamment de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " d'une durée d'un an. Il doit en outre justifier de la possession d'une assurance maladie couvrant la durée de son séjour et prendre l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle. (). "
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, éclairées par celles de l'article L. 426-20 du même code, que, lorsqu'elle est saisie d'une demande de visa de long séjour en qualité de visiteur, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que le demandeur ne justifie pas pour la totalité de la durée de son séjour d'une prise en charge par un opérateur d'assurance agréé, des dépenses médicales et hospitalières résultant de soins qu'il pourrait engager en France.
5. En l'absence de toute disposition conventionnelle, législative ou réglementaire déterminant les cas où le visa peut être refusé à un étranger désirant se rendre en France, et eu égard à la nature d'une telle décision, les autorités françaises disposent d'un large pouvoir d'appréciation à cet égard, et peuvent se fonder non seulement sur des motifs tenant à l'ordre public mais aussi sur toute considération d'intérêt général.
6. Il ressort du mémoire en défense que la décision de refus de visa litigieuse est fondée, d'une part, sur la circonstance que le demandeur ne remplit pas les conditions cumulatives prévues aux articles L. 211-1, L. 313-6 et R. 313-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux articles L. 131-1 et L. 131-1-1 du code de l'éducation, dès lors que la demande de visa n'a pas été introduite pour l'enfant et son parent étranger simultanément, que la mère de l'enfant n'a pas délégué son autorité parentale par jugement, que M. D ne justifie pas de ses ressources et qu'aucune assurance médicale destinée à couvrir toute dépense liée au séjour de l'enfant n'a été produite.
7. M. D soutient qu'il résulte des dispositions de l'article L. 312-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il ne saurait être exigé des enfants mineurs de dix-huit ans sollicitant un visa de long séjour afin de rejoindre leur père ou leur mère régulièrement autorisés à résider en France des justificatifs tenant à leur moyens d'existence. Toutefois lorsqu'elle est saisie, comme en l'espèce, d'une demande tendant à la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de visiteur, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que le demandeur ne justifie pas des moyens d'existence suffisants pour faire face aux dépenses liées à son séjour en France. Dans ces conditions, le moyen tiré par le requérant de ce que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a commis une erreur de droit en exigeant des justificatifs des ressources de M. D, père du demandeur mineur de visa, doit être écarté.
8. En troisième lieu, le requérant ne conteste pas le motif tiré de l'absence d'assurance médicale destinée à couvrir toute dépense de l'enfant en France.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". S'il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant, il ressort des pièces du dossier que l'enfant Ethan Jean, âgé de dix-huit mois à la date de la décision attaquée, a toujours vécu aux E et que rien n'indique des liens particuliers avec son père. Si le requérant produit un affidavit établi le 23 juin 2021 devant notaire par lequel la mère de l'enfant autorise ce dernier à rejoindre M. D pour un an en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'enfant serait délaissé par sa mère. Enfin si M. D fait valoir que la pandémie de Covid 19 l'a empêché de rendre visite à son fils aux E compte tenu des restrictions de voyage, cet obstacle était levé à la date de la décision attaquée et il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ne pourrait rendre visite à cet enfant. Dans les circonstances de l'espèce, la décision attaquée n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant et les stipulations citées de la convention relative aux droits de l'enfant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. D doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Roncière, première conseillère,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
H. B
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
M.-A. RONCIERE
La greffière,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026