vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCHARR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2022, et un mémoire enregistré le 3 juin 2022 Mme E C épouse G, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentant des enfants mineurs M I F A et J F K D, représentée par Me Scharr, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 16 décembre 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé la décision de l'autorité consulaire française à Abidjan rejetant les demandes de visas d'entrée et de long séjour présentées pour les jeunes M I F A et J F K D en qualité de mineurs à scolariser ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen des demandes de visas dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- les décisions de l'autorité consulaire et de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sont insuffisamment motivées ;
- la décision consulaire est entachée d'erreur de fait et d'appréciation ;
- la décision de la commission est entachée d'erreur de fait et d'appréciation quant à l'absence de justificatifs d'admission dans un établissement scolaire et à l'absence de ressources suffisantes pour prendre en charge ces enfants en France ;
- la décision de la commission est entachée d'une erreur de droit au regard de l'intérêt supérieur des enfants et méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation des enfants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C Épouse G ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique du 30 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse G, ressortissante française née le 23 juin 1973 à Bouaké (Côte d'Ivoire), a déposé auprès de l'autorité consulaire française à Abidjan (Côte d'Ivoire) des demandes de visas de long séjour " pour mineurs à scolariser " pour ses neveux M I F A et André Alois F Moroua D, nés respectivement les 14 juin 2009 et 1er juin 2011. Ces demandes ont été rejetées par une décision du 17 août 2021. Le recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision a été rejeté par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France par une décision du 16 décembre 2021 dont Mme C épouse G demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, pour rejeter la demande de visa, la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, après avoir visé notamment les article L. 311-1, L. 312-2 et L. 414-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s'est fondée sur le double motif tiré de ce que les demandeurs n'avaient pas justifié de leur inscription dans un établissement d'enseignement secondaire ou supérieur pour y suivre un cycle d'études et n'avaient pas apporté la preuve de ressources suffisantes pour couvrir les frais de toute nature durant leur séjour en France. Par suite cette décision comporte avec une précision suffisante les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement.
3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. ". En l'absence de toute disposition conventionnelle, législative ou réglementaire déterminant les cas où le visa peut être refusé à une personne étrangère désirant se rendre en France aux fins d'être scolarisée, et eu égard à la nature d'une telle décision, les autorités françaises disposent d'un large pouvoir d'appréciation à cet égard, et peuvent se fonder non seulement sur des motifs tenant à l'ordre public mais sur toute considération d'intérêt général, dans le cadre d'une analyse adaptée à la nature du visa sollicité et dans le respect des engagements internationaux de la France. Le visa de long séjour en qualité de mineur à scolariser a pour objet de permettre à un mineur étranger, dont la famille réside à l'étranger, d'être scolarisé, à titre temporaire, en France.
4. Aux termes de l'article 3-1 de la convention du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
5. Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
6. Il ressort des pièces du dossier que la mère des jeunes M I F A et L F K D, nés les 14 juin 2009 et 1er juin 2011, est décédée le 8 juillet 2019. Le 20 septembre 2019, le père des enfants, M. F F a saisi le juge des tutelles déléguées du Tribunal de première instance de Yopougon (Côte d'Ivoire), en vue d'obtenir un certificat d'autorité parentale sur ces enfants puis a demandé à ce que soit confiée l'autorité parentale à Mme C épouse G, qui se présente comme la tante maternelle des enfants. Il ressort par ailleurs de ces mêmes pièces que Mme C épouse G dispose d'un revenu mensuel de 2 654 euros dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée et d'un logement de 63 m². Dans ces conditions, en refusant de délivrer le visa sollicité, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C épouse G est fondée à demander l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'un visa de long séjour soit délivré aux enfants mineurs M I F A et L F K D. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme C épouse G et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en date du 16 décembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C épouse G une somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme H E C épouse G et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Roncière, première conseillère,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
H. B
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
M.-A. RONCIERE
La greffière,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026