mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2022, M. B C, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle a été prise sans que le préfet n'ait examiné sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, le préfet de de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A de Baleine, président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant camerounais né en 1983, est entré sur le territoire français sans justifier d'une entrée régulière et, selon ses déclarations, le 15 juin 2019. La demande d'asile qu'il avait présentée et qui avait été enregistrée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 15 juillet 2019 a été rejetée par une décision du directeur général de cet établissement public le 26 novembre 2020 et par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 3 mai 2021. Par un arrêté du 19 mai 2021, il lui a été fait obligation de quitter le territoire français. Postérieurement à l'intervention de cette décision, l'intéressé a sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de son état de santé, puis au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Par l'arrêté du 7 janvier 2022 dont il demande l'annulation, ce préfet lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle obligation fixe le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré.
2. Le préfet de Maine-et-Loire, par un arrêté du 7 septembre 2021 régulièrement publié le 9 septembre suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture, a donné délégation de signature à Mme Daverton, secrétaire générale de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet notamment de signer " tous arrêtés () relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de cette signataire doit être écarté.
3. L'arrêté attaqué comporte l'indication des raisons de droit et de fait pour lesquelles son auteur a refusé de délivrer un titre de séjour au requérant et cette décision est, ainsi, régulièrement motivée. Il en résulte, conformément au second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la décision portant obligation de quitter le territoire français est régulièrement motivée. L'arrêté attaqué, qui vise notamment l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate que le requérant est de nationalité camerounaise et qu'il fait l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Il en résulte que la décision fixant le pays de renvoi en cas d'éloignement d'office à l'issue du délai de départ volontaire est, de ce seul fait, régulièrement motivée.
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour prendre les décisions attaquées, le préfet de Maine-et-Loire a examiné la situation particulière du requérant, sans méconnaître l'étendue de la compétence d'appréciation dont, le cas échéant, il aurait été investi.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable lorsque le requérant a demandé l'asile en France et depuis le 1er mai 2021 repris à l'article L. 431-2 de ce code : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, l'invite à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 511-4, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent article. ". Aux termes de l'article R. 311-37 du même code alors applicable : " Lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, l'administration remet à l'étranger, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, une information écrite relative aux conditions d'admission au séjour en France à un autre titre que l'asile et aux conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements que ceux qu'il aura invoqués dans le délai prévu à l'article D. 311-3-2. ". Aux termes de l'article R. 311-38 de ce code : " A compter de la délivrance de l'information mentionnée à l'article R. 311-37, le demandeur d'asile qui souhaite introduire une demande de titre de séjour sur un autre fondement doit le faire dans le délai prévu au même article D. 311-3-2. ", lequel dispose que " Pour l'application de l'article L. 311-6, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné au 11° de l'article L. 313-11, ce délai est porté à trois mois. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que, le 25 juin 2019, le requérant s'est vu remettre l'information écrite prévue par l'article R. 311-37 précité. Le 25 mai 2021, il a souhaité saisir l'administration d'une demande de titre de séjour en raison de son état de santé au moyen de l'application dématérialisée d'aide à la première demande de titre de séjour. Le 2 juin 2021, il a été informé qu'une demande de titre de séjour d'une telle nature, qui n'est pas au nombres des demandes de titre de séjour s'effectuant au moyen d'un téléservice, devait se faire par courrier. A cette réponse était joint un dossier à envoyer à l'adresse de la préfecture de Maine-et-Loire. L'intéressé n'a pas donné suite à cette invitation mais, en revanche et le 10 juin 2021, il a saisi le préfet de Maine-et-Loire d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, en présentant à l'appui de cette demande un formulaire d'admission exceptionnelle au séjour signé et daté du 7 mai 2021, sans, à cette occasion alors qu'il lui aurait été loisible de le faire, saisir cette autorité d'une demande en raison de son état de santé. Il en résulte que, si le requérant avait le 25 mai 2021 manifesté une volonté de demander un titre de séjour en raison de son état de santé, il n'a pas donné suite à l'invitation qui lui avait été faite de présenter cette demande selon les modalités appropriées et n'a pas, dans ces conditions, effectivement présenté une demande d'une telle nature. Dès lors, c'est sans erreur de droit que le préfet a estimé qu'il n'était pas saisi d'une telle demande, qu'il n'avait pas l'obligation d'examiner de sa propre initiative.
7. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ". Ces dispositions, qui ne prévoient pas la délivrance d'un titre de plein droit ni que l'étranger justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels se voit délivrer un titre de séjour, laisse à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut.
8. M. C soutient être présent en France depuis le mois de juin 2019, soit depuis trois ans à la date de la décision attaquée. Il en résulte qu'alors que l'intéressé est né en 1983, son séjour en France n'est pas ancien. S'il fait valoir que deux de ses sœurs résident en situation régulière sur le territoire français, et qu'il constant que ses parents ainsi que plusieurs de ses frères et sœurs sont décédés, il ressort des pièces du dossier que sa compagne de nationalité camerounaise et ses enfants mineurs résident au Tchad. Le requérant, qui ne justifie pas d'une intégration particulière dans la société française, ne justifie pas avoir noué en France des liens anciens, intenses et stables. S'il ressort des pièces du dossier que le requérant est porteur du virus de l'hépatite B, il ne ressort en revanche pas du dossier qu'il serait effectivement affecté d'une maladie en raison de ce virus, ni qu'un traitement lui aurait été effectivement prescrit pour cette raison, non plus qu'elle aurait nécessité ou justifié une hospitalisation et ce, en dépit des documents présentés par le requérant et faisant état d'un " suivi médical régulier " et d'un " traitement de longue durée ", suivi et traitement dont il n'est toutefois pas justifié de la consistance ni de la matérialité. Compte tenu de ces éléments, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'admission exceptionnelle de l'intéressé au séjour, ni ne répond à des considérations humanitaires, ni ne se justifie par des motifs exceptionnels que l'intéressé aurait fait valoir.
9. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
10. Le séjour du requérant en France, où il est entré dans des conditions irrégulières, n'est pas ancien. Sa concubine et leurs deux enfants mineurs, tous trois de nationalité camerounaise, résident, d'après les indications du requérant, au Tchad. Il a fait l'objet le 19 mai 2021 d'une première mesure d'obligation de quitter le territoire français, en dépit de laquelle il s'est maintenu sur ce territoire. Le requérant ne justifie d'aucune impossibilité de poursuivre son existence ailleurs qu'en France, où il est arrivé à l'âge de plus de 35 ans. Dès lors, compte tenu de la durée et des conditions du séjour de l'intéressé en France, le préfet de Maine-et-Loire, en lui refusant l'admission exceptionnelle au séjour, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été prise cette décision qui ; par suite, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () "
12. Si M. C est porteur du virus de l'hépatite B, il ne ressort toutefois pas du dossier que son état de santé nécessiterait effectivement une prise en charge dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le requérant ne justifiant, en particulier, d'aucun traitement particulier qui lui aurait été effectivement prescrit en France ou qui lui serait effectivement dispensé. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'il existe au Cameroun des possibilités de traitement appropriées à l'état de santé de M. C, accessibles à la généralité de la population, l'intéressé ne justifiant pas de circonstances exceptionnelles tirées de particularités de sa situation personnelle qui l'empêcheraient néanmoins d'y accéder effectivement. Il en résulte qu'il n'est pas fondé à prétendre que les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faisaient obstacle à ce qu'il lui soit fait obligation de quitter le territoire français.
13. Il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de titre de séjour que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus.
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 ci-dessus, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit de M. C au respect de la vie privée et familiale dont il justifie dans la présente instance une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, elle ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'une obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle de M. C.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
16. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité de l'obligation de quitter le territoire français, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue du délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de cette obligation.
17. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "
18. M. C soutient qu'il a subi des sévices sexuels et corporels au Cameroun, qu'il a déposé plainte contre ses agresseurs présumés, qu'il a été menacé puis emprisonné suite à ce dépôt de plainte, qu'une de ses filles aurait subi un empoisonnement, et qu'il serait ainsi exposé à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, sa demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile, et il n'apporte aucun élément probant permettant d'établir qu'il encourrait, en cas de retour dans son pays, des risques pour sa vie ou sa liberté ou qu'il y serait exposé à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu ces stipulations en fixant le pays de destination.
Sur la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :
19. Il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que l'obligation de quitter le territoire français est assorti d'un délai de départ volontaire de trente jours. Il en résulte que le requérant ne saurait utilement prétendre qu'à tort un tel délai lui a été refusé.
20. L'arrêté attaqué, après avoir rappelé la teneur de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise qu'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de la décision d'éloignement est accordé au requérant, aucune circonstance ne justifiant qu'un délai supérieur à trente jour soit accordé. Il en résulte que la décision fixant ce délai de départ est, en tout état de cause, suffisamment motivée.
21. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité de l'obligation de quitter le territoire français, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la fixation du délai de départ volontaire à trente jours, ainsi d'ailleurs que le prévoit de droit le premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, serait illégale en raison de l'illégalité de cette obligation.
22. Le moyen tiré de ce que la décision d'accorder un départ volontaire de trente jours à M. C méconnaîtrait stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Hamid Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
A. A DE BALEINEL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. THOMAS
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026