lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201152 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | BONOMO-FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2022 et un mémoire enregistré le 7 juin 2022, Mme B H épouse C D, représentée par Me Bonomo-Fay, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Douala (Cameroun) refusant de délivrer des visas d'entrée et de long séjour à Madeleine Tanga F et Anaïs E en qualité d'enfants étrangères de ressortissante française ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de faire réexaminer les demandes de visas dans un délai d'un mois dans les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision consulaire est entachée d'incompétence ;
- la décision consulaire et la décision attaquée sont insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle est entachée d'erreurs de droit ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure.
La requête a été transmise au ministre de l'Europe et des affaires étrangères qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme G a été entendu au cours de l'audience publique du 5 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B H épouse C D, ressortissante française née le 15 mai 1986, a demandé à l'autorité consulaire française à Douala de délivrer des visas de long séjour en qualité d'enfants étrangères de moins de vingt-et-un ans de ressortissante française à celles qu'elle présente comme ses filles adoptives, I F et A E, ressortissantes camerounaises respectivement nées les 14 juin 2008 et 11 septembre 2011. Cette autorité a rejeté sa demande. Mme H épouse C D a saisi la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France d'un recours préalable à l'encontre de la décision consulaire, dont il a été accusé réception le 4 novembre 2021. La requérante doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence de la commission, laquelle s'est substituée à la décision consulaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Les autorités administratives chargées de l'examen des demandes de visa ne peuvent refuser la délivrance d'un visa de long séjour aux descendantes de moins de vingt-et-un ans d'une ressortissante française que pour un motif d'ordre public.
3. Il ressort des écritures produites en défense que la décision en litige est fondée sur la circonstance qu'il n'est pas justifié de l'intérêt des demandeuses à rejoindre Mme H épouse C D en France dès lors que la procédure d'adoption a été initiée afin d'y faciliter leur établissement, que Mme H épouse C D ne justifie pas de conditions de ressources et d'accueil suffisantes pour assurer leur prise en charge et qu'elle n'établit pas contribuer à leur entretien et à leur éducation.
4. En premier lieu, aux termes de l'article 364 du code civil : " L'adoption simple confère à l'adopté une filiation qui s'ajoute à sa filiation d'origine. L'adopté conserve ses droits dans sa famille d'origine. () ". Aux termes de l'article 365 de ce code : " L'adoptant est seul investi à l'égard de l'adopté de tous les droits d'autorité parentale () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le tribunal de grande instance de Wouri a prononcé, par jugement du 16 juin 2017, l'adoption simple de Madeleine Tanga F et d'Anaïs E par Mme H épouse C D. Ce jugement a été déclaré exécutoire en ce qui concerne la requérante par un jugement du tribunal judiciaire de Montpellier du 9 juillet 2020 après qu'il a été constaté que l'adoption simple des enfants n'était pas de nature à compromettre l'ordre public français dès lors que leur intérêt légitime avait été recherché. Ce jugement a, ensuite, été transcrit dans les registres de l'état civil français, le 12 août 2020. Il suit de là que l'administration ne saurait sérieusement remettre en cause les effets attachés à cette adoption en faisant valoir qu'il existe " un doute quant au caractère adoptable des enfants ". De même, elle ne peut utilement se prévaloir du caractère apocryphe de l'acte de décès de la mère biologique des demandeuses, lequel est au demeurant sans incidence sur le lien d'adoption unissant les demandeuses à la requérante et en tout état de cause non démontré par les seuls éléments avancés en défense. Dans ces conditions, Mme H épouse C D est fondée à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit.
6. En second lieu, la circonstance, à la supposer avérée, selon laquelle Mme H épouse C D ne justifierait pas des conditions financières et d'accueil suffisantes pour assurer la prise en charge des demandeuses ne constitue pas un motif d'ordre public susceptible de justifier le rejet d'une demande de visa de long séjour en qualité d'enfant étrangère de ressortissante française et n'est, ainsi, pas de nature à fonder légalement la décision attaquée. Il en va de même de la circonstance selon laquelle la requérante n'établirait pas contribuer à leur entretien et à leur éducation. Dans ces conditions, Mme H épouse C D est fondée à soutenir que la décision de la commission est entachée d'erreur de droit.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme H épouse C D est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. Le présent jugement, eu égard au motif d'annulation retenu, implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Madeleine Tanga F et à Anaïs E les visas de long séjour sollicités. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au ministre de faire délivrer aux intéressées ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Mme H épouse C D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Madeleine Tanga F et à Anaïs E les visas de long séjour sollicités, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme H épouse C D la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B H épouse C D, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Guilloteau, conseiller,
Mme Louazel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
La rapporteuse,
M. G
La présidente,
S. RIMEULa greffière,
S. JEGOLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026