lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201225 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL EDEN ROUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrée le 27 janvier 2022 et le 18 mai 2022, M. C B, représenté par Me Madeline, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mars 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 10 novembre 2020 des autorités consulaires françaises à Douala refusant de lui délivrer un visa de long séjour dit de retour ;
2°) d'enjoindre aux autorités consulaires françaises de lui délivrer le visa sollicité dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 625 euros, à lui verser directement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 875 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de la commission de recours est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55%) par une décision du 29 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant camerounais, né le 2 novembre 1986, a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour dit de retour auprès des autorités consulaires françaises à Douala. Par une décision du 10 novembre 2020, ces autorités ont refusé de délivrer le visa sollicité. Par une décision du 3 mars 2021, dont M. B demande l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire.
2. En premier lieu, la décision attaquée se réfère aux articles L. 211-1 et L. 211-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que, pour refuser de délivrer à M. B le visa sollicité, la commission de recours s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé, dont la carte de séjour pluriannuelle a expiré le 30 juillet 2020, a sollicité un visa le 19 octobre 2020 en précisant aux autorités consulaires à Douala être chômeur, sans domicile propre, ni avoir d'attaches familiales en France. La commission de recours a ainsi estimé que M. B ne bénéficiant pas d'un droit au séjour et déclarant avoir quitté la France de son propre chef en novembre 2019, il ne peut utilement solliciter un visa dit de retour. Dès lors, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision de la commission de recours mentionne de façon suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable et désormais recodifié à l'article L. 311-1 de ce code : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : 1° Des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur () ". Et aux termes de l'article L. 211-2-2 du même code, alors applicable et désormais recodifié à l'article L. 312-4 de ce code : " Un visa de retour est délivré par les autorités consulaires françaises à la personne de nationalité étrangère bénéficiant d'un titre de séjour en France en vertu des articles L. 313-11 ou L. 431-2 dont le conjoint a, lors d'un séjour à l'étranger, dérobé les documents d'identité et le titre de séjour ". En dehors du cas visé par les dispositions précitées et alors applicables de l'article L. 211-2-2, la délivrance des visas de retour par les autorités consulaires résulte d'une pratique non prévue par un texte, destinée à faciliter le retour en France des étrangers titulaires d'un titre de séjour. Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 30 juillet 2020. Ainsi, à la date à laquelle il a sollicité la délivrance d'un visa dit " de retour ", soit le 19 octobre 2020, son titre de séjour était expiré. En se bornant à produire une procuration datée du 30 septembre 2020 dans laquelle il autorise un tiers à retirer son passeport auprès des autorités camerounaises, le requérant n'établit pas, d'une part, qu'il avait perdu son passeport avant la date d'expiration de son titre de séjour, d'autre part, qu'il se trouvait dans l'impossibilité de déposer une demande de visa auprès des autorités consulaires françaises avant cette même date. Si M. B soutient en outre qu'il n'a pas pu présenter une demande de visa de retour, antérieurement à l'expiration de sa carte de séjour pluriannuelle, en raison de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de cette affirmation.
5. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les enfants de M. B résident en Italie. Si l'intéressé se prévaut de la présence en France de sa compagne, il ne précise pas la date de leur rencontre et n'établit pas, par les pièces qu'il produit, l'intensité des liens qui les uniraient. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, notamment d'une attestation produite par cette dernière, que M. B a résidé chez elle, à Issy-les-Moulineaux, sur la période allant du mois d'août 2019 à son départ au Cameroun, soit une durée limitée à trois mois et demi. En outre, le requérant a affirmé dans son formulaire de demande de visa qu'il entendait résider en France non pas chez sa compagne mais chez un cousin qui réside à Bois-Colombes. Si le demandeur de visa établit, d'une part, avoir occupé un poste de comptable sur la période allant du 6 mars 2017 au 27 juillet 2017, d'autre part, avoir effectué une mission d'intérim au mois de juin 2018 et, enfin, avoir perçu 13 446 euros de revenus au titre de l'année 2019, les pièces qu'il produit ne suffisent pas à démontrer que le centre de ses intérêts professionnels se trouvait en France à la date de la décision attaquée. Enfin, le ministre apporte la preuve que le demandeur de visa a fait l'objet d'un signalement de la part de pôle emploi pour avoir perçu indûment l'allocation d'aide de retour à l'emploi sur la période allant du 15 novembre 2019, date de son départ au Cameroun, au mois de juin 2020. Dans ces conditions, quand bien même M. B est entré en France en 2003 alors qu'il était encore mineur, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Madeline et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Sarda, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
Le rapporteur,
M. A
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
J. HUMANN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201225
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026