mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201277 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2022, M. A D, représenté par Me Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de délivrer le titre de séjour sollicité et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 700 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Une mise en demeure a été adressée le 16 décembre 2022 au préfet de la Loire-Atlantique.
Par ordonnance du 16 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 janvier 2023 à 12 h 00.
M. D a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien né le 13 mai 1977, déclare être entré en France en 2008, sous couvert d'un visa Schengen. Il a sollicité du préfet des Alpes-Maritimes son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 27 décembre 2011, confirmé par un jugement du tribunal administratif de Nice du 6 avril 2012, il a fait l'objet d'une décision portant refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français. Il a ensuite sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions des 1) et 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Le 26 mai 2016, un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français lui a été opposé par le préfet des Alpes-Maritimes. Cet arrêté a été confirmé par un jugement du tribunal administratif de Nice du 11 octobre 2016. Le requérant a à nouveau sollicité du préfet des Alpes-Maritimes son admission au séjour. Le 14 février 2018, il a fait l'objet d'une décision portant refus de séjour, confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nice du 27 février 2020. Enfin, M. D a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique un titre de séjour sur le fondement des 1) et 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 31 mai 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Par un arrêté du 17 mars 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 18 mars 2021, le préfet a donné délégation à Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire, ainsi que les décisions fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
Sur la légalité de la décision de refus de séjour :
3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". ".
4. En premier lieu, si M. D soutient qu'il justifie de dix années de résidence habituelle en France, depuis son entrée en France en 2008, le préfet a estimé qu'il ne l'établissait pas, au moins pour les années 2011 à 2013, les justifications produites attestant uniquement d'une présence ponctuelle de l'intéressé sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que M. D a produit, au titre de l'année 2012, la copie d'une ordonnance médicale établie en juin, une facture du magasin Auchan, une feuille de soins et une promesse d'embauche datée de décembre, dont l'issue n'a pas été précisée par le requérant. Pour l'année 2013, il produit des copies de factures de pharmacie, de factures d'achat en magasins, d'ordonnances médicales, ainsi qu'une facture de prestation d'imagerie médicale. Ces seuls documents attestent, ainsi que l'a relevé le préfet, d'une présence ponctuelle sur le territoire français, mais non d'une résidence habituelle, alors que l'intéressé soutient avoir travaillé comme agent de sécurité ou peintre en bâtiment sans en justifier et qu'il n'apporte aucun justificatif de domicile. Dès lors, la condition de dix ans de résidence habituelle en France à la date de la décision attaquée ne peut être regardée comme satisfaite. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 doit être écarté.
6. En deuxième lieu, M. D fait valoir qu'il n'est pas retourné en Algérie depuis plus de dix ans, qu'il a fixé le centre de ses intérêts familiaux et personnels sur le territoire français, que la durée de sa présence sur le territoire français démontre l'intensité de ses attaches en France, qu'il ne possède plus de famille proche en Algérie et que son père est titulaire d'une carte de résident. M. D n'établit toutefois pas, ainsi qu'il a été dit précédemment, sa résidence habituelle en France depuis plus de dix ans. Il a en outre fait l'objet de trois mesures d'éloignement qu'il n'a pas respectées, en 2012, 2016 et en 2018. Célibataire et sans enfant, il ne justifie d'aucune intégration socio-professionnelle sur le territoire national et n'établit pas y avoir noué de liens particulièrement intenses, anciens et stables. Il n'établit pas davantage être dépourvu de toutes attaches en Algérie. Dans ces conditions, le refus de titre de séjour opposé à M. D n'a pas méconnu les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En dernier lieu, ni la promesse d'embauche d'une entreprise nantaise, ni les éléments que M. D a fait valoir à l'appui de sa demande de titre de séjour, rappelés aux points précédents, ne justifient la régularisation de sa situation par l'admission exceptionnelle au séjour. Le préfet n'a donc commis sur ce point aucune erreur manifeste d'appréciation.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 7 que l'illégalité du refus de séjour n'est pas établie. M. D n'est, par suite, pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire.
9. En deuxième lieu, pour les motifs exposés au point 4, M. D ne justifie pas de dix années de résidence habituelle en France. Il n'est par suite pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour faire obstacle à son éloignement.
10. En dernier lieu, pour les motifs exposés aux points 6 et 7, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
11. Pour les motifs exposés aux points 6 et 7, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à Me Floch et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
Le président-rapporteur,
S. E
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
L. FRELAUT
La greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
bg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026