lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201321 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | ROSSLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 février 2022 et 15 juin 2022, et une pièce enregistrée le 24 juin 2022, M. E F et Mme B A D, agissant en qualité de représentants légaux de l'enfant Rania El C, représentés par Me Rossler, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 19 janvier 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Fès (Maroc) refusant de délivrer à l'enfant Rania El C un visa de long séjour ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, un dossier complet de demande de visa ayant été déposé et l'acte de kafala ayant été homologué par un jugement d'un tribunal marocain ayant fait l'objet d'une décision d'exequatur en France ;
- elle méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de la tardiveté du recours administratif devant la commission de recours, formé au-delà du délai raisonnable d'un an ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Des pièces produites par le ministre de l'intérieur en réponse à une mesure d'instruction ont été enregistrées le 11 juillet 2022 et communiquées aux requérants.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Guilloteau, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique du 5 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. F et Mme A D se sont vu confier la jeune G A C, ressortissante marocaine née le 28 novembre 2013, par un acte de kafala adoulaire du 5 novembre 2015, homologué par un jugement du tribunal de première instance de Ouarzazate du 8 décembre 2015. La demande de visa de long séjour présentée au nom de l'enfant auprès de l'autorité consulaire française à Fès a été rejetée par une décision implicite. Le recours formé contre ce refus consulaire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a été rejeté par une décision implicite née le 19 janvier 2022, dont les requérants demandent au tribunal l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort du mémoire en défense produit par l'administration que la décision attaquée est fondée sur le motif tiré de ce qu'aucun élément versé au dossier ne permet d'établir qu'il serait dans l'intérêt de l'enfant Rania El C de venir vivre auprès de ses accueillants.
3. Il ressort des pièces du dossier que le juge notaire du tribunal de première instance de Ouarzazate a autorisé, après enquête menée sur les demandeurs de la kafala, les adouls à établir l'acte de kafala par lequel l'enfant Rania El C a été confiée à M. F et Mme A D. L'acte de kafala, établi le 5 novembre 2015, a été homologué par un jugement n°452/15 rendu par ce même tribunal le 8 décembre 2015. L'exequatur de ce jugement a été prononcée par un jugement du tribunal judiciaire de Nice en date du 10 janvier 2020.
4. Au Maroc, les actes dits de " kafala adoulaire " ne concernent pas les orphelins ou les enfants de parents se trouvant dans l'incapacité d'exercer l'autorité parentale. Lorsque le juge se borne à homologuer les actes de kafala dressés devant notaire, l'intérêt supérieur de l'enfant à vivre auprès de la personne à qui il a été confié par une telle kafala ne peut être présumé et doit être établi au cas par cas. Il appartient, en conséquence, au juge administratif d'apprécier, au vu de l'ensemble des pièces du dossier, si le refus opposé à une demande de visa de long séjour pour le mineur est entaché d'une erreur d'appréciation.
5. Aucun élément n'a été produit à l'appui de la requête permettant d'établir qu'il serait dans l'intérêt de la demanderesse de visa de vivre auprès des requérants. Il n'est ni démontré ni même allégué que ses parents ne pourraient pas subvenir correctement à ses besoins, et aucune précision n'est, par ailleurs, fournie concernant les conditions d'accueil de l'enfant en France. Enfin, il n'est pas établi que les requérants auraient des liens, autres que juridiques, avec la demanderesse de visa, dont il n'est pas contesté qu'elle a toujours vécu au Maroc. Compte-tenu de ce qui précède, l'administration a pu, sans commettre d'erreur de droit ni méconnaître les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, rejeter la demande de visa pour le motif exposé au point 2.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée. Leur requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F et Mme A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E F, Mme B A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Guilloteau, conseiller,
Mme Louazel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
Le rapporteur,
T. GUILLOTEAU
La présidente,
S. RIMEU
La greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026