LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2201368

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2201368

mercredi 8 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2201368
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCHAUMETTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2022, Mme B A, représentée par Me Yann Chaumette, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 29 juin 2021 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de prendre, dans le même délai, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente de cette décision, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Chaumette en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le refus de séjour a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;

- le motif du refus de séjour, tiré de l'absence de visa d'entrée et de long séjour, est entaché d'erreur de droit au regard de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le motif du refus de séjour, tiré de l'absence de contrat de travail visé par l'autorité administrative, est également entaché d'erreur de droit, le préfet de la Loire-Atlantique ayant omis de mettre en œuvre l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le refus de séjour est entaché d'erreur d'appréciation au regard de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale dès lors que le refus de séjour est lui-même illégal ;

- cette mesure d'éloignement et la décision fixant le pays de destination méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par Mme A.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme A par une décision du 4 janvier 2022 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne en matière de séjour et de travail, signé 17 mars 1988, modifié par les avenants des 19 décembre 1991 et 8 septembre 2000 et le protocole relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 février 2023 qui s'est tenue à partir de 9h20 :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Chaumette, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A est une ressortissante tunisienne qui est née le 28 août 1975. Au cours de l'année 2004, elle a quitté la Tunisie et a rejoint l'Italie, pays au sein duquel elle a séjourné munie de titres de séjour. Elle est entrée en France au moyen d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes, qui était valable du 13 février 2019 au 6 mai 2021, à une date qu'elle fixe au 4 septembre 2019. Par un arrêté du 29 juin 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de l'autoriser à séjourner en France, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. Mme A demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort de la motivation de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de délivrer à Mme A un titre de séjour après avoir examiné, en premier lieu, si elle pouvait se voir délivrer un titre de séjour, valable un an et renouvelable, portant la mention "salarié", prévu à l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, en second lieu, si elle pouvait bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour.

3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" () ". Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, ces dispositions de l'article L. 435-1 du code ne sont pas applicables à une personne de nationalité tunisienne souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité. Toutefois, les stipulations de cet article 3 n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à une telle personne qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Cette autorité dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de cette personne, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

4. Il ressort de la motivation de l'arrêté formalisant le refus de séjour attaqué que le préfet de la Loire-Atlantique a estimé que Mme A, présente sur le territoire français depuis septembre 2019, ne peut se prévaloir d'une insertion professionnelle stable et durable depuis son entrée en France et que la seule présentation d'une promesse d'embauche renouvelée le 3 juin 2021 en contrat de travail à durée indéterminée en qualité de commise de cuisine, au sein de la société La Porcelaine, ne saurait être suffisante pour obtenir sa régularisation au regard du droit au séjour.

5. Les métiers de la restauration sont inscrits sur la liste figurant à l'Annexe I du protocole relatif à la gestion concertée des migrations du 28 avril 2008 dont le point 2.3.3 stipule qu'il s'agit de métiers dont l'exercice peut être autorisé sans que soit prise en compte la situation de l'emploi. Il ressort des pièces du dossier que Mme A justifie d'une promesse d'embauche, de la part de la société La Porcelaine qui exerce une activité de restauration, en qualité de commise de cuisine et que cette société a initié des démarches auprès de Pôle emploi, qui se sont avérées vaines, pour le recrutement d'une personne salariée afin d'occuper un tel emploi en recherchant des qualifications dans la spécialité de la cuisine traditionnelle chinoise, vers laquelle la société a décidé d'orienter son activité. Face à l'impossibilité dans laquelle cette société s'est trouvée de recruter, Pôle emploi a, au regard de la fiche de poste qu'elle a diffusée, émis un avis favorable au recrutement d'une personne de nationalité étrangère. Si Mme A ne conteste pas qu'elle ne peut se prévaloir d'une insertion professionnelle stable et durable depuis son entrée en France en septembre 2019, il ressort également des pièces du dossier, et en particulier des termes de la lettre que la société La Porcelaine a adressée à la préfecture de la Loire-Atlantique à l'appui de sa demande d'autorisation de travail, termes qui ne sont pas sérieusement contestés en défense, que Mme A dispose d'une expérience de seize années en qualité de commise de cuisine dans le domaine de la restauration traditionnelle chinoise. Il ressort enfin des pièces du dossier, et n'est pas contesté, que Mme A a, le 29 mai 2015, épousé un ressortissant tunisien vivant régulièrement en France, lequel s'est vu délivrer, le 15 mai 2017, une autorisation de regroupement familial afin d'être régulièrement rejoint en France par son épouse, mais que le couple s'est séparé dans un contexte de violences conjugales ayant donné lieu à un dépôt de plainte de Mme A. Au regard de l'ensemble de ces éléments, en particulier de la qualification et de l'expérience acquise dans le métier de la restauration caractérisé par des difficultés de recrutement et recensé comme tel dans le protocole précité, le préfet de la Loire-Atlantique, en écartant la mise en œuvre, au bénéfice de Mme A, de son pouvoir de régularisation, a commis une erreur manifeste d'appréciation. Il suit de là que le refus de séjour en litige est entaché d'illégalité.

6. L'illégalité de ce refus de séjour prive de base légale la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation des décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 29 juin 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La décision fixant le pays de renvoi de Mme A en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement, opposée par le même arrêté, doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement annule la décision refusant la délivrance à Mme A d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salariée" au motif qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à avoir écarté la mise en œuvre du pouvoir de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date du présent jugement, qui est postérieur de plus de vingt-deux mois à la décision annulée, la société La Porcelaine serait toujours en situation de recruter Mme A. En conséquence, le présent jugement implique nécessairement, non pas la délivrance à l'intéressée d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salariée", mais un nouvel examen de sa situation afin que le préfet de la Loire-Atlantique prenne une nouvelle décision relative à son séjour en France. Pour cette nouvelle instruction, l'intéressée pourra apporter tous éléments utiles concernant sa situation. Il y a lieu, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à cet examen et de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'enjoindre de délivrer à l'intéressée une autorisation provisoire de séjour jusqu'à la prise de cette décision, ni d'assortir le prononcé de l'injonction précitée d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale pour cette instance au titre de laquelle elle n'est pas la partie perdante. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1 200 euros à verser à Me Chaumette, avocat de Mme A, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation par cet avocat au versement de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée à la requérante.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Loire Atlantique pris le 29 juin 2021 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de Loire Atlantique de procéder à un nouvel examen de la situation de Mme A et de prendre une nouvelle décision relative à son séjour en France dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Chaumette la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par Mme A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Yann Chaumette.

Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Nathalie Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2023.

Le rapporteur,

D. C

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

S. BARBERA

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions