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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2201536

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2201536

mardi 6 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2201536
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBEARNAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 février 2022, Mme C D, représentée par Me Béarnais, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas d'éloignement d'office à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans les quinze jours du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le mois de ce jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le refus de titre de séjour n'est pas motivé ;

- sa demande n'a pas été appréciée au regard de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a commis une erreur de droit ;

- il a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- ce refus méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance du droit d'être entendue ;

- elle est illégale en conséquence ;

- la décision fixant le pays de renvoi a été signée par une autorité incompétente ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2022.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le traité sur l'Union européenne ;

- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A de Baleine, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante de la République de Guinée née en 1999, est entrée sur le territoire français sans justifier d'une entrée régulière et, selon ses déclarations, le 22 août 2018. La demande d'asile qu'elle avait présentée et qui avait été enregistrée auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 2 novembre 2018, a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 5 août 2019 et une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 23 février 2021. Le 25 janvier 2021, elle a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la régularisation de sa situation de séjour en application de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou à titre humanitaire. Par l'arrêté du 20 septembre 2021 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande et a assorti ce rejet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Par un arrêté du 17 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Loire-Atlantique le 18 mars 2021, le préfet de Loire-Atlantique a donné délégation à Mme B, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de Loire-Atlantique et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer un arrêté d'une telle nature, en toutes les décisions qu'il comporte. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence de cette signataire ne peut qu'être écarté.

3. L'arrêté attaqué comporte l'indication des raisons de droit de fait pour lesquelles son auteur a refusé de délivrer un titre de séjour à la requérante. Il en résulte que cette décision est motivée. Par suite et conformément aux dispositions du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. En outre, l'arrêté attaqué, qui vise notamment l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate que l'intéressée est de nationalité guinéenne et qu'il lui est fait obligation de quitter le territoire français, ce dont résulte que la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office à l'issue du délai de départ volontaire est, de ce seul fait, motivée.

4. Aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est donc inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales.

5. La requérante, qui ne pouvait ignorer séjourner irrégulièrement sur le territoire français à la suite du rejet définitif de sa demande d'asile, raison pour laquelle elle a demandé le 25 janvier 2021 la régularisation de ce séjour, ne pouvait davantage ignorer pouvoir faire l'objet, en cas de refus de cette demande de régularisation, d'une obligation de quitter le territoire français. A l'occasion de la présentation de cette demande, elle a eu la possibilité de faire valoir tous éléments justifiant qu'elle soit autorisée à séjourner en France et ne soit pas contrainte de quitter ce pays et de retourner, en particulier, en Guinée. Elle était à même de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ni même n'est allégué, qu'elle en aurait été empêchée. Il en résulte qu'elle n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est intervenue à l'issue d'une procédure viciée par une méconnaissance du droit d'être entendu.

6. Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction à la date de la demande présentée par Mme D : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / () ". Aux termes de l'article L. 435-1 de ce code, applicable à l'arrêté attaqué : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

7. Les dispositions des articles L. 313-14 puis L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'instituent pas une catégorie de titres de séjour distincte mais sont relatives aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il ressort des pièces du dossier que, par sa demande du 25 janvier 2021, Mme D sollicitait seulement son admission exceptionnelle au séjour, en se prévalant de l'article L. 313-14 précité, par la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou la mention " salarié " ou la mention " travailleur temporaire ", ou cette délivrance à titre humanitaire. Elle n'a pas, en revanche et distinctement, présenté une demande tendant à la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " prévue par l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet, qui était seulement saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, n'avait pas l'obligation de rechercher d'office si l'intéressée aurait été en droit de prétendre à une telle carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " et ce, alors même que l'arrêté attaqué fait référence à une demande présentée sur le fondement de cet article L. 421-1. Il en résulte que doit être écarté le moyen de ce qu'à tort le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié cette demande de régularisation au regard de cet article L. 421-1.

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le séjour en France de la requérante, remontant au second semestre de l'année 2019, n'est pas ancien. Elle est entrée sur le territoire français dans des conditions irrégulières. Elle se prévaut de la circonstance que sa fille est née à Nantes le 9 août 2020. Néanmoins, cette enfant, qu'un ressortissant guinéen a reconnu le 16 juin 2020, n'est pas de nationalité française et son père, auquel le 25 mars 2019 le préfet de la Gironde a fait obligation de quitter le territoire français, se maintient irrégulièrement sur le territoire français. Les deux parents sont de même nationalité et le foyer qu'il formerait avec cette enfant peut se reconstituer ailleurs qu'en France, notamment dans le pays dont ces père et mère ont la nationalité. S'il est fait état de la naissance d'un autre enfant en France le 13 novembre 2021, cette circonstance est postérieure à l'arrêté attaqué. Compte tenu de l'ensemble des circonstances caractérisant la situation personnelle de la requérante en France à la date de l'arrêté attaqué, il ne ressort pas du dossier qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique aurait, eu égard aux buts dans lesquels a été prise cette décision et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Il en résulte que ces décisions ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, dans l'exercice du large pouvoir d'appréciation dont il est investi par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'admission exceptionnelle au séjour de Mme D en France ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas non plus par des motifs exceptionnels.

11. La requérante ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012.

12. Compte tenu de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de délivrance d'un titre de séjour, Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale en raison de l'illégalité de ce refus. Elle ne l'est pas davantage à soutenir que la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office serait illégale en raison de l'illégalité de ce refus ou de cette obligation.

13. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon ce dernier : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la vie ou la liberté de la requérante seraient menacées en République de Guinée ou qu'elle risquerait d'être soumise dans ce pays à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Il en résulte que la décision fixant le pays de destination en cas de reconduite d'office, en ce qu'elle compte la Guinée au nombre des destinations possibles d'un tel éloignement, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. L'arrêté attaqué n'a pas considéré que la requérante est légalement admissible dans un autre pays que celui dont elle a la nationalité. Il en résulte que la légalité de la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office n'est pas subordonnée à la preuve de l'admissibilité dans un tel autre pays. En cas d'éloignement d'office, la détermination d'un pays dans lequel l'étranger serait, le cas échéant, légalement admissible, autre que celui dont il a la nationalité, n'intéresse que l'exécution de cet éloignement. En cas d'éloignement d'office et s'il était alors constaté que l'intéressée est légalement admissible dans un pays autre que celui dont elle a la nationalité, c'est-à-dire la Guinée et non le Congo comme en fait état la requérante, l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet de faire obstacle au recueil de l'accord prévu au 3° de l'article L. 721-4 précité.

16. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. En conséquence, les conclusions à fin d'injonction ne sauraient être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Béarnais.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.

Le président-rapporteur,

A. A DE BALEINEL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMAS

La greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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