mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BONNOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2022, M. D B, représenté par Me Bonnot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a suspendu son agrément de contrôleur technique n° 044Z0470 du 17 janvier au 15 mai 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de rétablir son agrément ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il ne comporte ni le nom ni le prénom de son signataire ;
- il a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- la sanction prononcée est disproportionnée au regard des manquements constatés ;
- l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Barès,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, titulaire d'un agrément de contrôleur technique de véhicules légers n°044Z0470 depuis le 22 mars 2014, exerce son activité au sein de la société " Auto contrôle machecoulais " située à Machecoul (Loire-Atlantique) et dont il est le gérant de droit. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a suspendu son agrément du 17 janvier au 15 mai 2022.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. L'arrêté attaqué vise, notamment, les dispositions de l'article R. 323-18 du code de la route et l'article 13-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes et mentionne, d'une part, l'ensemble des constats de non-conformité relevés lors de la supervision de l'activité de M. B en 2020 et, d'autre part, deux précédentes suspensions d'agrément dont a fait l'objet l'intéressé en 2009 et 2018. Dès lors, cet arrêté comporte les considérations utiles de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
5. L'arrêté du 9 décembre 2021 est signé par le secrétaire général de la préfecture de la Loire-Atlantique, M. A C. Il comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration manque en fait. La circonstance que les prénom et nom du préfet de la Loire-Atlantique ne soient pas mentionnés, alors que le signataire de l'arrêté attaqué disposait d'une délégation pour ce faire, est sans incidence sur la légalité de l'acte.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 323-18 du code de la route : " () IV. -L'agrément d'un contrôleur peut être suspendu ou retiré pour tout ou partie des catégories de contrôles techniques qu'il concerne si les conditions posées lors de sa délivrance ne sont plus respectées ou s'il est constaté un manquement aux règles fixant l'exercice de l'activité du contrôleur. La décision de suspension ou de retrait n'intervient qu'après que la personne intéressée a été entendue et mise à même de présenter des observations écrites ou orales. () ". Aux termes de l'article 13-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes, dans sa version alors applicable : " L'agrément du contrôleur peut être retiré ou suspendu conformément aux dispositions du IV de l'article R. 323-18 du code de la route, soit par le préfet du département où les faits ont été constatés, soit par le préfet du département du centre de rattachement du contrôleur. Les mesures de retrait ou de suspension sont notamment applicables en cas de carence de qualification, en cas de réalisation non conforme d'un contrôle technique, notamment dans les points à contrôler, les modalités et méthodes de contrôles, les formalités finales ou conclusions dans le résultat du contrôle technique. En application des dispositions de l'article R. 323-18 du code de la route, l'agrément du contrôleur peut être retiré en cas de non-respect d'une décision administrative suspendant l'activité du contrôleur. Avant toute décision, le préfet de département informe par écrit le contrôleur, le centre de contrôle où les faits ont été constatés ainsi que le centre de contrôle auquel le contrôleur est rattaché et les réseaux éventuellement concernés, de son intention de suspendre ou de retirer l'agrément du contrôleur en indiquant les faits qui lui sont reprochés et en lui communiquant ou en lui permettant d'accéder au dossier sur la base duquel la procédure est initiée. Le contrôleur, le centre de contrôle où les faits ont été constatés ainsi que le centre de contrôle de rattachement du contrôleur et les réseaux éventuellement concernés disposent d'un délai d'un mois, à compter de la présentation du courrier, pour faire part de leurs observations par écrit. Si le préfet de département envisage de suspendre ou retirer l'agrément, il organise une réunion contradictoire à laquelle sont invités le contrôleur, le centre de contrôle où les faits ont été constatés ainsi que le centre de contrôle de rattachement du contrôleur et les réseaux éventuellement concernés, avant que la sanction ne soit prononcée. Cette réunion est tenue postérieurement au délai d'un mois accordé pour faire part des observations. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite d'une supervision effectuée le 15 décembre 2020 par des agents de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) des Pays de la Loire, M. B a été invité par lettre du 9 avril 2021 à présenter ses observations, dans un délai d'un mois, sur les manquements relevés au cours du contrôle, ce que l'intéressé a d'ailleurs fait par un courrier du 12 mai 2021. Il a par ailleurs été convié à une réunion contradictoire organisée le 21 mai 2021, à laquelle il a participé, assisté de son conseil, afin d'évoquer les manquements mentionnés dans le rapport de la DREAL qui lui étaient imputés. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le caractère contradictoire de la procédure précédant la mesure de suspension d'agrément de contrôleur technique dont il a fait l'objet a été méconnu. La circonstance que les services de la DREAL n'aient pas pris en compte les conclusions d'un rapport d'audit annuel réalisé par le département audit A-3S, alors que le requérant ne démontre ni même n'allègue qu'il aurait été empêché de leur en communiquer les conclusions, ni n'établit que le centre de contrôle technique qu'il dirige serait affilié à un réseau agréé, est sans incidence sur la régularité de la procédure menée par l'administration.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'au cours de la supervision dont l'activité de M. B a fait l'objet le 15 décembre 2020, l'agent de la DREAL a relevé trente-quatre non-conformités, au nombre desquelles l'insuffisance ou l'absence de contrôle de points relevant, d'une part, de la sécurité routière, tels que la qualité des pneumatiques, le réglage des feux, le bon fonctionnement des freins de service ou des amortisseurs et d'autre part, de la lutte contre la pollution des véhicules. Par ailleurs, la DREAL fait valoir qu'elle a constaté, lors de précédents contrôles, vingt-et-une non-conformités en 2016 et vingt-huit en 2018, anomalies ayant respectivement donné lieu à des suspensions d'agrément de deux et dix semaines. Le requérant ne conteste pas sérieusement la réalité des non-conformités relevées en se bornant à se prévaloir de sa bonne foi et à soutenir qu'elles résulteraient de ses difficultés à appréhender une nouvelle réglementation intervenue en 2018, alors qu'il exerce depuis 2007 en qualité de contrôleur technique. Dans ces conditions et eu égard à la gravité des manquements constatés par la DREAL sur des points de contrôle variés, à leur augmentation à chaque supervision et à l'existence de précédentes suspensions, c'est à bon droit que le préfet de la Loire-Atlantique a suspendu l'agrément de M. B pour une durée de quatre mois. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur d'appréciation et de ce que la sanction prononcée serait disproportionnée au regard des manquements constatés doivent être écartés.
9. En dernier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir, pour contester la légalité de l'arrêté litigieux, des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, lesquelles ne sont applicables qu'aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits et obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
M. Barès, premier conseiller,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le rapporteur,
M. BARES
Le président,
C. CANTIE
La greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201585
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026