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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2201611

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2201611

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2201611
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLE ROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 février 2022, M. C A, représenté par Me Le Roy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il sera susceptible d'être éloigné d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

La décision de refus de séjour :

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;

- est insuffisamment motivée au regard de l'article L. 425-9 et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'erreur de droit (défaut d'examen) et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;

- méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

La décision fixant le pays de destination :

- n'est pas suffisamment motivée au regard de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'erreur de droit et de défaut d'examen au regard des articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il ne pourra poursuivre son traitement en Guinée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

6 janvier 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les observations de Me Le Roy, représentant M. A, en présence de l'intéressé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant guinéen né le 15 septembre 1999, déclare être entré irrégulièrement en France dans le courant de l'année 2016, alors qu'il était mineur. En raison d'une tétraplégie incomplète diagnostiquée au cours de l'année 2017, il a bénéficié de titres de séjour en qualité d'étranger malade jusqu'au 11 novembre 2020. Sa demande tendant au renouvellement de ce titre a fait l'objet d'un arrêté de refus du 19 juillet 2021 du préfet de la Loire-Atlantique, portant en outre obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il sera susceptible d'être éloigné d'office. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la légalité de la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée vise, notamment, l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle rappelle la teneur de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 2 février 2021, selon lequel si l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Elle indique qu'en tout état de cause, il n'est pas établi que l'intéressé ne puisse bénéficier en Guinée des soins appropriés à son état de santé et qu'il ne remplit pas dès lors les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique également que la circonstance que le demandeur ait exercé une activité professionnelle dans le cadre de son admission au séjour pour soins, ne constitue pas un motif de renouvellement de ce titre. Elle relève encore qu'au vu de la situation personnelle et familiale de M. A, de l'absence d'obstacle socio-professionnel à sa réinstallation dans son pays d'origine, le refus de l'admettre au séjour ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette décision est ainsi suffisamment motivée, en particulier au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fondement unique de la demande de séjour de M. A.

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

4. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. /L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. /Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 visé ci-dessus : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays () ".

5. Pour refuser d'admettre au séjour M. A, le préfet de la Loire-Atlantique s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 2 février 2021 qui indique que si l'état de santé du demandeur nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.

6. D'une part, il résulte des dispositions citées au point précédent que l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) doit être rendu à l'issue d'une délibération pouvant prendre la forme soit d'une réunion, soit d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle à laquelle ne prend pas part le médecin ayant établi le rapport médical préalable. Le caractère collégial de cette délibération constitue une garantie pour le demandeur de titre de séjour. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 2 février 2021 et de son bordereau de transmission, produits par le préfet, que le médecin de l'OFII, auteur du rapport médical qu'il a transmis au collège des médecins de l'OFII, n'a pas siégé au sein de ce collège, composé de trois autres docteurs régulièrement désignés par la décision du 1er mai 2021 du directeur général de l'OFII modifiant la décision du 17 janvier 2017 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par ailleurs, lorsque l'avis médical revêt comme en l'espèce, la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire. Or, M. A n'apporte aucun élément permettant de douter du caractère collégial de l'avis médical ainsi rendu. Par suite, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de l'irrégularité de la procédure suivie devant l'OFII.

7. Il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance du titre de séjour qu'elles prévoient, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'étranger, et en particulier d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'étranger, l'autorité administrative ne peut également refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptées, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si cet étranger peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

8. Par ailleurs, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

9. Il ressort des pièces produites par le requérant que celui-ci présente une tétraplégie incomplète, liée à une myélopathie sur canal cervical étroit, et qu'il a bénéficié en juillet 2017 d'une triple discectomie C4-C7, arthrodèse, ostéosynthèse, qui l'a nettement amélioré sur le plan clinique. Il conserve cependant des douleurs neuropathiques qui font l'objet d'un suivi régulier et sont traitées par Lyrica et doliprane, ainsi que, de manière non systématique, par Cymbalta, médicament antidépresseur destiné à compenser les effets indésirables du Lyrica. Les nombreux éléments médicaux versés à l'instance par M. A et ses dires sur la nécessité de poursuivre une prise en charge pluridisciplinaire et un suivi médical rapproché " dans l'éventualité d'une évolution brutale de sa maladie ", ne permettent toutefois pas d'infirmer l'avis précité du collège de médecins de l'OFII. Le requérant ne peut, dès lors, utilement soutenir que l'offre de soins dans son pays d'origine ne lui permettrait pas d'y bénéficier d'un traitement approprié. Dans ces conditions, et compte tenu de l'avis du collège de médecins de l'OFII et de sa valeur probante, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique a méconnu dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".

11. La présence en France de M. A est très récente et il ne justifie pas y avoir noué de liens particulièrement intenses, anciens et stables. La circonstance qu'il ait travaillé dans le cadre de CDD d'insertion professionnelle à temps partiel et effectué des missions d'intérim pendant le temps où il était admis au séjour en raison de son état de santé, ne permet pas d'établir son intégration. Il ne peut en tout état de cause utilement se prévaloir de la promesse d'embauche comme opérateur de production par la société MFC à Machecoul-Sainte-Même, dès lors qu'elle est postérieure à la décision attaquée. Dans ces conditions et alors que le requérant n'établit pas être dépourvu de toute attache en Guinée, la décision attaquée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".

13. Le préfet soutient que M. A a exclusivement sollicité le séjour au titre de son état de santé et que c'est à tort que l'arrêté attaqué a visé l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, si le requérant invoque son état de santé et l'impossibilité de recevoir des soins appropriés en Guinée et la promesse d'embauche dont il bénéficie, il ne peut être ainsi regardé comme justifiant de circonstances exceptionnelles ou de motifs humanitaires susceptibles de permettre de l'admettre au séjour à titre exceptionnel sur le territoire national. Il suit de là que les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur manifeste d'appréciation commise au regard de ces dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peuvent qu'être écartés.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision de refus de séjour n'est pas établie. Par suite, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision attaquée lui faisant obligation de quitter le territoire.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : ()/ 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que ces dispositions ne font pas obstacle à ce qu'il soit fait obligation à M. A de quitter le territoire français.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

16. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

17. La décision attaquée vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que M. A n'établit pas que sa vie ou sa liberté sont menacées dans son pays d'origine ou qu'il y est exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'il ne produit aucun élément qui justifierait d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait, en dépit de ce qu'elle ne vise pas l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Compte tenu en outre de cette motivation circonstanciée, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas examiné sa situation au regard des dispositions et stipulations du point 16 avant de prendre la décision attaquée.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Le Roy et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Simon, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

C. B

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

E. GAUTHIER

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au le préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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