vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MAZEAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 février 2022 et le 22 juillet 2022, M. F D, représenté par Me Mazeas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 janvier 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du
5 novembre 2021 des autorités consulaires françaises à Casablanca (Maroc) refusant de lui délivrer un visa de long séjour en qualité de parent étranger d'enfant de nationalité française ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence du signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation au sens des dispositions de l'article
L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration en tant qu'elle ne mentionne pas sa conjointe française et son deuxième enfant ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et méconnait les dispositions des articles
L. 312-2, L. 312-3 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'aucune souscription à une assurance maladie ou à une obligation de condition de ressources ne sont exigées en sa qualité de père d'un enfant français pour entrer sur le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a justifié de l'entretien et de l'éducation de ses enfants, qu'il est en couple avec une Française, que le lien familial est établi par de nombreux voyages et qu'il a entamé des démarches pour reconnaitre sa fille ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme I a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant marocain né le 7 avril 1981, a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour, auprès des autorités consulaires françaises à Casablanca (Maroc), en qualité de parent étranger d'enfants de nationalité française, son fils E et sa fille H étant nés à Corbeil-Essonnes respectivement le 23 mai 2015 et 20 juillet 2017 de sa relation avec Mme C G, de nationalité française. Par une décision en date du 25 octobre 2021, ces autorités ont refusé de lui délivrer le visa sollicité. Par une décision en date du 19 janvier 2022 dont M. D demande l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire.
2. En premier lieu, par décret en date du 29 mai 2019, M. A B, signataire de la décision attaquée, a été reconduit dans les fonctions de président suppléant de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France pour une durée de trois ans à compter du 28 juin 2019. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les articles L. 311-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les motifs sur lesquels elle se fonde, à savoir que M. D n'a pas produit d'éléments suffisamment probants permettant d'établir qu'il contribue effectivement et régulièrement à l'entretien et à l'éducation de son fils, qu'il lui apporte un soutien affectif et qu'il communique régulièrement avec lui. Par ailleurs, la commission met en avant l'absence de justificatifs des ressources propres du demandeur pour assurer les charges liées à un séjour en France de longue durée et, au surplus, l'absence d'assurance couvrant tous les soins de santé durant ce séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, en vertu de l'article 371-2 du code civil, chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. En conséquence, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment des ressources de chacun des deux parents et des besoins de l'enfant, la contribution financière de l'intéressé à l'entretien de son enfant français et son implication dans son éducation.
5. S'il ressort des pièces du dossier que M. D est bien le père du jeune E, il ne justifie pas des démarches qu'il aurait engagées pour la reconnaissance de paternité de la jeune H. En tout état de cause, alors que les allégations selon lesquelles M. D a vécu au Maroc avec Mme C G du 4 mai 2018 au 30 août 2019 ne sont pas étayées par les pièces produites, en se bornant à verser aux débats des photographies non circonstanciées et des copies de transferts d'argent à son frère qui soutient que Mme G en serait bénéficiaire pour l'entretien des jeunes E et H, il ne produit aucun élément probant de nature à établir qu'il participerait à leur entretien et contribuerait à leur éducation.
6. Il résulte de l'instruction que la commission aurait pris la même décision, si elle s'était fondé uniquement sur ce seul motif, qui suffit à lui seul à justifier la décision attaquée. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision du 19 janvier 2022 est entachée d'erreur d'appréciation.
7. En quatrième lieu, comme il a été dit au point précédent, M. D n'établit pas participer effectivement à l'éducation et à l'entretien des enfants E et H. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, d'une part, que l'intéressé serait isolé dans son pays d'origine, d'autre part, que Mme C G et les enfants E et H seraient dans l'impossibilité de lui rendre visite en Algérie. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée à leur vie privée et familiale et n'a pas méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Ronciere, première conseillère,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
M.-A. RONCIERE
La présidente,
H. DOUETLe greffier,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026