vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201919 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2022, M. A B et Mme D E, représentés par Me Rodrigues Devesas, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du
29 septembre 2021 des autorités consulaires françaises à Tunis (Tunisie) refusant de délivrer à
M. B un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité et, à titre subsidiaire, de réexaminer la demande de visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du ministre de l'intérieur une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que, d'une part, M. B ne constitue pas une menace à l'ordre public, que les faits reprochés sont anciens et antérieurs à l'arrêté d'expulsion pris à son encontre, d'autre part, il justifie de la sincérité, de l'effectivité de sa relation avec Mme E, du maintien des liens entre les époux depuis leur mariage et de l'intention de construire un projet commun de couple ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-2-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- elle a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les autres moyens soulevés par M. B et Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Rodrigues Devesas, représentant M. B et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 9 juillet 1980, a épousé le 17 décembre 2019 à Tadhamen (Tunisie) Mme D E, de nationalité française née le 15 novembre 1976. Ce mariage a été transcrit sur les registres français le 8 février 2020. Le 29 septembre 2021, les autorités consulaires françaises en poste à Tunis (Tunisie) ont refusé de délivrer à M. B le visa de long séjour qu'il sollicitait en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, par une décision du 6 janvier 2022 rejeté le recours formé contre la décision consulaire et maintenu le refus de visa. M. B et Mme E demandent au tribunal d'annuler cette décision de la commission de recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en date du 6 janvier 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le visa de long séjour ne peut être refusé à un conjoint de Français qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public () ". S'il appartient, en principe, aux autorités consulaires de délivrer au conjoint d'une ressortissante française le visa nécessaire pour que les époux puissent mener en France une vie familiale normale, des motifs tirés de la nécessité de préserver l'ordre public peuvent justifier légalement un refus de visa.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande de visa de long séjour présentée par M. B, la commission de recours s'est fondée sur les motifs tirés de ce que, d'une part, il n'y a pas de preuves du maintien d'échanges réguliers et constants entre les époux depuis le mariage, d'autre part, il n'est pas établi que le couple ait un projet concret de vie commune ni que M. B, entré irrégulièrement en France, participe aux charges du mariage selon ses facultés propres. La commission de recours a ainsi estimé que ces éléments constituaient un faisceau d'indices suffisamment précis et concordants attestant du caractère complaisant du mariage, conclu à des fins étrangères à l'institution matrimoniale, dans le seul but de faciliter l'établissement en France du demandeur. Par ailleurs, la commission de recours a également retenu le motif tiré de ce que la présence en France de M. B, en l'absence de toute preuve d'amendement de son comportement lors de son séjour à l'étranger, constitue une menace pour l'ordre public dès lors, qu'il a été condamné à des peines de quatre ans et sept mois d'emprisonnement par les tribunaux allemands.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été reconnu coupable de faits de vol, le 21 février 2013, ainsi que de faits d'escroquerie, le 17 avril 2013, par le tribunal de Chemnitz (Allemagne) puis a été reconnu coupable de vol par ce même tribunal et condamné à deux mois d'emprisonnement le 19 septembre 2013. Par ailleurs, il a été reconnu coupable par le tribunal de Zwickau (Allemagne) de faits de vol, le 19 mai 2014, pour lesquels il a été condamné à deux mois d'emprisonnement ainsi que de faits d'homicide en relation avec des lésions corporelles graves, le 26 février 2015, pour lesquels il a été condamné à quatre ans et trois mois d'emprisonnement. Enfin, le ministre de l'intérieur fait valoir que M. B, entré irrégulièrement sur le territoire français en 2007, s'est maintenu en France sous une fausse identité pendant plusieurs années jusqu'à une décision préfectorale du préfet de police en date du16 octobre 2012 l'obligeant à quitter le territoire français. Dans ces conditions, eu égard à la nature, à la gravité et au caractère récent des faits commis par M. B, la commission de recours n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en estimant que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Il résulte de l'instruction que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif qui suffisait à lui seul à fonder la décision attaquée.
5. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Compte tenu de la menace pour l'ordre public qui résulterait de la présence de M. B en France et alors qu'il ressort des pièces du dossier que le couple n'a jamais vécu ensemble et qu'il n'est pas établi au regard des pièces du dossier que son épouse serait dans l'impossibilité de lui rendre visite en Tunisie, la décision attaquée n'a pas porté d'atteinte disproportionnée au droit du requérant à mener une vie privée et familiale normale tel qu'il est garanti à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. B et Mme E doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par
M. B et Mme E ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du ministre de l'intérieur, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que réclament les requérants au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme D E et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Ronciere, première conseillère,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
M.-A. RONCIERE
La présidente,
H. DOUETLa greffière,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026