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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2201969

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2201969

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2201969
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantCOMPIN NYEMB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 février 2022, M. B A, représenté par Me Compin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 8 septembre 2021 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation et a substitué à cette décision d'irrecevabilité une décision de rejet de la demande de naturalisation ;

2°) d'enjoindre au ministre l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation et de lui attribuer la nationalité française ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'inexactitude matérielle des faits ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève relative au statut des réfugiés ;

- le code civil ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 10 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 8 septembre 2021 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation et a substitué à cette décision d'irrecevabilité une décision de rejet de la demande de naturalisation.

2. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. ". En application de l'article 27 de ce même code, l'administration a le pouvoir de déclarer irrecevable, de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation. Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation ou la réintégration dans la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte la situation familiale du demandeur, et notamment la circonstance qu'un ou plusieurs de ses enfants mineurs résident à l'étranger.

3. Pour rejeter la demande de naturalisation de M. A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que le postulant n'avait pas fixé en France, de manière stable, le centre de ses intérêts en France, dès lors que ses deux enfants mineurs nés en 2018 et 2021 résident à l'étranger.

4. Il est constant que les deux enfants mineurs de M. A résident en Belgique. La seule circonstance que ces enfants soient confiés à la garde de leur mère n'est pas de nature à établir que M. A serait dépourvu de toute autorité parentale sur eux, le requérant soutenant au contraire qu'il conserve des liens étroits avec ses enfants ainsi qu'avec leur mère, qu'il présente toujours comme sa compagne. En outre, M. A, qui se prévaut uniquement de son contrat de travail à durée indéterminée en qualité d'agent de sécurité, ne fait valoir aucune attache familiale ou sociale en France. Enfin, si le requérant se prévaut de sa qualité de réfugié, la convention de Genève relative au statut des réfugiés, et notamment son article 34, ne créé pas pour l'Etat français une obligation d'accorder la nationalité française aux personnes bénéficiant du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire qui la demandent. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'inexactitude matérielle des faits, ni eu égard au large pouvoir d'appréciation dispose le ministre, d'erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Goumelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

La rapporteure,

C. MILIN

La présidente,

V. GOURMELON

La greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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