mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 février 2022 et complétée par la production de pièces enregistrées le 29 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois courant du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- n'a pas été signée par une autorité compétente ;
- n'est pas suffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière suivie devant l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-est entachée de défaut d'examen et d'erreur manifeste d'appréciation de sa demande de changement de statut fondée sur les articles L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 5221-1 du code du travail ;
-est entachée d'erreur d'appréciation quant à l'existence d'une menace pour l'ordre public ;
-est entachée d'un défaut d'examen au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- n'a pas été signée par une autorité compétente ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;
- méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
La décision fixant le pays de destination :
- n'a pas été signée par une autorité compétente ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire ;
- est entachée de défaut d'examen et de méconnaissance des articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée de défaut d'examen au regard des dispositions du 9° de l'article
L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée de défaut d'examen au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
6 janvier 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Neraudau, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant malien né le 31 décembre 1987, déclare être entré irrégulièrement en France en août 2014. Sa demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée définitivement par la Cour nationale du droit d'asile le 18 janvier 2017 et il a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire le 14 février 2018. Il a sollicité un titre de séjour en tant qu'étranger malade, et le refus opposé à cette demande le 17 septembre 2019 a été abrogé le 9 octobre suivant et M. B a été admis au séjour en raison de son état de santé jusqu'au
4 février 2020. Il a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique le renouvellement de ce titre de séjour ainsi que son changement de statut en tant que salarié au vu d'une promesse d'embauche par une exploitation d'élevage avicole. Par un arrêté du 19 juillet 2021, dont M. B demande l'annulation, le préfet a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 17 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire-Atlantique le 18 mars 2021, le préfet de ce département lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions de refus de séjour, les obligations de quitter le territoire et les décisions fixant les pays d'éloignement. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Il rappelle les conditions d'entrée et de séjour en France de M. B, le rejet définitif de sa demande d'asile, et indique que, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne peut dès lors bénéficier du renouvellement de son titre de séjour en tant qu'étranger malade. L'arrêté indique également les motifs du rejet de la demande de changement de statut en tant que travailleur salarié, mentionnant notamment la condamnation pénale dont le demandeur a fait l'objet le 9 mars 2018, et constate qu'en l'absence de liens intenses, anciens et stables de M. B en France, la décision ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne le fondement de la mesure d'éloignement et constate que M. B ne justifie pas encourir de risques en cas de retour au Mali susceptibles d'entraîner la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cet arrêté est ainsi suffisamment motivé en droit comme en fait. Et il ne ressort pas de cette motivation circonstanciée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet aurait manqué à son obligation d'examen particulier de la situation du demandeur.
Sur la légalité de la décision de refus de séjour :
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour présentée par M. B a fait l'objet d'un rapport médical établi le 23 novembre 2020 par un médecin ne faisant pas partie du collège de trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) devant se prononcer sur la demande de l'intéressé et auquel il a été transmis le 27 novembre suivant. Les trois médecins membres de ce collège ont été désignés par une décision du 17 janvier 2017 modifiée du directeur général de l'OFII pour participer au collège à compétence nationale de l'Office. Ils ont émis, le 14 janvier 2021, un avis sur la demande de M. B qui revêt la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, qui n'est pas rapportée en l'espèce, du caractère collégial de cet avis. La circonstance que cet avis n'aurait pas été rendu par le collège dans le délai de trois mois de la transmission du certificat médical prévu au troisième alinéa de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel délai ne constitue pas une garantie pour l'intéressé et n'est pas prescrit à peine d'irrégularité, n'est pas de nature à vicier la procédure à l'issue de laquelle a été pris l'arrêté attaqué. Enfin, si l'arrêté du 27 décembre 2016 prescrit que l'avis du collège de médecins est signé par chacun des trois médecins membres de ce collège et si cette signature constitue, pour l'étranger, une garantie, ni cet arrêté, ni une quelconque autre règle, n'impose que cette signature revête une forme ou une modalité particulière. En l'espèce, l'avis du 14 janvier 2021 est assorti de la signature lisible de chacun des trois médecins dont il indique l'identité. Un tel avis, qui n'est pas une décision, ne relève pas du champ d'application de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du I de l'article 9 de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives est, en conséquence, inopérant. Il en va de même de celui tiré de la méconnaissance du troisième alinéa de l'article 1367 du code civil. Si le requérant soutient néanmoins que ces signatures ne permettent pas d'authentifier l'avis du
14 janvier 2021, dont aucune règle n'imposait la communication à l'intéressé préalablement à l'intervention de l'arrêté attaqué, il ne justifie pas en quoi. Il en résulte qu'il n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
6. Pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé, le préfet de la Loire-Atlantique s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 14 janvier 2021 selon lequel l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut n'est pas susceptible d'entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.
7. Le requérant justifie souffrir d'une lombosciatique chronique invalidante, faire l'objet de séances de kinésithérapie et de prescriptions de médicaments anti-inflammatoires, tel le Naproxène. Toutefois, les éléments qu'il produit ne sont pas susceptibles d'infirmer l'avis du collège de médecins de l'OFII sur l'absence de conséquences d'une gravité exceptionnelle d'une absence de prise en charge médicale. Il suit de là que M. B ne peut utilement se prévaloir de l'absence de soins appropriés au Mali pour le traitement de ses pathologies ni de l'absence d'accès effectif à ces soins en raison de leur coût financier. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique a méconnu les dispositions de l'article
L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de renouveler son titre de séjour pour raisons de santé.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles
L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail. ". Selon l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; () ".
9. D'une part, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a procédé à l'examen de la demande de changement de statut formée par M. B à l'effet de se voir délivrer un titre de séjour salarié sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision attaquée indique que cette demande est rejetée au motif que les circonstances que l'intéressé a bénéficié d'un droit au travail dans le cadre de son admission au séjour en raison de son état de santé et qu'il bénéficie d'un contrat de travail, ne lui donnent pas vocation à être admis au séjour. Le préfet souligne, en outre, dans son mémoire en défense, que l'intéressé ne justifie pas du visa de long séjour exigé par l'article L. 5221-2 du code du travail, ni d'un contrat de travail visé et que l'activité qu'il entend exercer ne figure pas au rang des métiers en tension. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur de droit et fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
11. Un étranger justifiant d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant des motifs exceptionnels justifiant la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". Il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger, ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
12. M. B se prévaut d'une promesse d'embauche en CDI par une exploitation d'élevage avicole et allègue que cette entreprise a sollicité une autorisation de travail à son profit. Toutefois, alors que le requérant n'établit pas être titulaire d'une qualification particulière ni ne démontre que l'emploi qui lui est proposé relèverait d'un secteur marqué par des difficultés de recrutement, cette circonstance comme celle tirée de ce qu'il a eu plusieurs expériences professionnelles pendant le temps d'instruction de sa demande d'asile et la période où il a été admis au séjour pour soins, ne sauraient caractériser des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et alors que les allégations de craintes en cas de retour au Mali de M. B ne sont pas étayées, les moyens tirés de ce que le préfet n'aurait pas envisagé de faire usage de son pouvoir de régularisation exceptionnelle de sa situation et aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour, doivent être écartés.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
14. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans enfant et ne justifie pas avoir de liens personnels intenses, anciens et stables sur le territoire national. Il n'établit pas être dépourvu d'attaches au Mali où résident, à tout le moins, son frère et ses deux sœurs. En outre, il a été condamné le 9 mars 2018 par le tribunal judiciaire de Bobigny à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de détention et usage frauduleux de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation. Quand bien même ces faits ne seraient pas constitutifs d'une menace pour l'ordre public, le préfet de la Loire-Atlantique était fondé à les prendre en considération pour prendre sa décision. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet, en refusant d'admettre l'intéressé au séjour, n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour ces mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de M. B.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :
15. En premier lieu, il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant refus de séjour n'est pas établie. Par suite, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire.
16. En deuxième lieu, il résulte du point 7 que l'état de santé de M. B ne fait pas obstacle à son éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
17. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 14, M. B n'est pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni à soutenir que la décision d'éloignement attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
Sur la légalité de la décision fixant le pays d'éloignement :
18. En premier lieu, il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant refus de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas établie. Par suite, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision attaquée fixant le pays à destination duquel il sera susceptible d'être éloigné d'office.
19. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :
1° Le pays dont l'étranger a la nationalité ().Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
20. M. B se prévaut de risques encourus en cas de retour au Mali en raison d'une rivalité amoureuse dans ce pays. Toutefois, l'intéressé, qui s'est prévalu d'un passeport délivré par les autorités maliennes, ne produit aucun élément au soutien de ses allégations alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de l'existence d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. B, doivent être écartés.
21. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales seront en tout état de cause écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés respectivement aux points 7 et 14 du jugement.
22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Neraudau et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 4 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
C. CL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
E. GAUTHIERLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026