vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BALG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 février 2022 et le 21 juillet 2022, M. E D et Mme C B épouse D, représentés par Me Balg, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre la décision de l'autorité consulaire française à Oran refusant la délivrance à M. D d'un visa d'entrée en France en qualité de conjoint d'une ressortissante française ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à leur verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- la décision est dépourvue de motivation en fait ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juillet 2022 le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative que la décision à venir était susceptible d'impliquer le prononcé d'office d'une injonction au ministre de l'intérieur de délivrance d'un visa d'entrée en France à M. D ou de réexamen de sa demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 septembre 2022 :
- le rapport de Mme Chatal, rapporteure,
- et les observations de Me Balg, représentant les requérants.
Le ministre de l'intérieur n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. E D, ressortissant algérien né en 1990, a sollicité la délivrance d'un visa d'entrée en France en qualité de conjoint de ressortissante française et s'est vu opposer une décision de refus de l'autorité consulaire française à Oran. Par leur requête, M. et Mme D demandent au tribunal d'annuler la décision du 3 février 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France rejetant leur recours contre cette décision et confirmant le refus de délivrance d'un visa d'entrée en France.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article D. 212-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. () La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ".
3. En l'espèce, il ressort de la lecture de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France que celle-ci s'appuie sur l'absence de preuves du maintien d'échanges réguliers entre les époux depuis leur mariage, l'absence de preuve d'un projet de vie commune et l'absence de preuve de la participation de M. D aux charges du foyer, pour en déduire l'existence d'un " faisceau d'indices suffisamment précis et concordants attestant du caractère complaisant du mariage contracté à des fins étrangères à l'institution matrimoniale ". Le moyen tiré de l'absence ou de l'insuffisance de motivation en fait de la décision litigieuse doit donc être écarté.
4. L'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur depuis le 1er mai 2021, dispose : " Le visa de long séjour est délivré de plein droit au conjoint de ressortissant français. Il ne peut être refusé qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient en principe aux autorités consulaires de délivrer au conjoint étranger d'un ressortissant français dont le mariage n'a pas été contesté par l'autorité judiciaire le visa nécessaire afin que les époux puissent mener une vie familiale normale. Pour y faire obstacle, il appartient à l'administration, si elle allègue une fraude, d'établir, par des éléments précis et concordants, que le mariage est entaché d'une telle fraude, de nature à légalement justifier le refus de visa.
5. Pour refuser la délivrance d'un visa d'entrée en France à M. D en qualité de conjoint d'une ressortissante française, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur l'existence d'un faisceau d'indices " attestant du caractère complaisant du mariage contracté à des fins étrangères à l'institution matrimoniale dans le seul but de faciliter l'établissement en France du demandeur ". Elle a relevé à ce titre l'absence de preuves d'échanges entre les époux depuis le mariage, de projet de vie commune et de participation de M. D aux charges du foyer.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D et Mme B se sont mariés le 24 avril 2021 à Marseille et que M. D est retourné en Algérie, son pays d'origine, le 30 septembre 2021. Si les requérants soutiennent avoir vécu ensemble jusqu'à cette date avec les deux enfants de A B, ils ne produisent pas de preuve sérieuse de cette vie commune. Ils font valoir qu'ils ont maintenu contact après le départ de M. D et que Mme B épouse D s'est rendue à Oran au mois de juillet 2022 mais ne produisent pas de preuves suffisantes de ces échanges et de cette visite. Les captures d'écran de téléphone portable avec un contact nommé " Si Dô ", la photographie et l'attestation sur l'honneur de Mme B épouse D ne peuvent davantage suffire à établir la continuité des échanges entre les époux, ni l'existence d'un projet de vie commune. Dans ces conditions, en rejetant le recours des intéressés, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 3 février 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France rejetant le recours de M. D contre la décision de refus de délivrance d'un visa d'entrée en France.
Sur les conclusions accessoires :
8. Le présent jugement rejetant les conclusions principales de la requête, il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête tendant au prononcé d'une mesure d'injonction sous astreinte ainsi que les conclusions des requérants relatives aux frais du litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D et de Mme B épouse D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à Mme C B épouse D et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Roncière, première conseillère,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
A. CHATALLa présidente,
H. DOUETLa greffière,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026