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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2202117

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2202117

mercredi 17 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2202117
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 5ème chambre
Avocat requérantDESFRANCOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 février 2022, M. E A, représenté par Me Desfrançois, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- sa motivation est insuffisante ; de nombreux éléments de fait sont passés sous silence ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il a fixé le centre de ses attaches privées et familiales en France ; seuls ses parents, très âgés, sont encore sur le territoire tunisien ; il a fui la misère ; ses deux frères sont régulièrement installés en France ; un oncle et un frère de son épouse possèdent la nationalité française ; son épouse va être employée via le chèque emploi service ; il parle couramment le français ; ses trois enfants sont scolarisés depuis septembre 2021 et parfaitement intégrés ; sa fille aînée a consulté un médecin en raison de douleurs permanentes ; ces examens n'ont jamais été possibles en Tunisie ; un retour des enfants dans leur pays natal serait contraire à leur intérêt supérieur ;

Sur la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :

- la compétence de son signataire n'est pas établie ;

- sa motivation est insuffisante ; de nombreux éléments de fait sont passés sous silence ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision portant fixation du pays de destination :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- sa motivation est insuffisante ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet, en se bornant à constater qu'il n'a pas demandé l'asile, s'est abstenu d'examiner sa situation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; la décision n'est pas suffisamment motivée ;

- le préfet a méconnu l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;

- sa motivation est insuffisante ; elle ne permet pas de comprendre en quoi son prononcé est nécessaire ; ses nombreuses attaches familiales sur le territoire français ne sont pas mentionnées ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Par décision du 4 avril 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 janvier 2023 :

- le rapport de M. B ;

- et les observations de Me Desfrançois, représentant M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né le 19 juin 1983, est entré irrégulièrement en France en juillet 2021, accompagné de son épouse et de leurs trois enfants mineurs. Le 15 février 2022, il a été placé en garde à vue pour avoir conduit, à Saint-Nazaire, un véhicule sans être titulaire d'un permis de conduire valide. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné la Tunisie comme pays de destination et prononcé à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. M. A demande, par la présente requête, l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 31 août 2021, régulièrement publié le 1er septembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme C à l'effet de signer un tel arrêté, en toutes les décisions qu'il comporte. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, vise notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ainsi que le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il retrace, par ailleurs, le parcours de M. A depuis son entrée sur le territoire français. Il mentionne notamment que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité de sorte qu'il entre dans le champ d'application de l'article L. 611-1,1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ajoute que M. A est marié avec trois enfants, que rien ne s'oppose à ce qu'il poursuive sa vie familiale dans son pays d'origine avec son épouse et ses enfants âgés de 4, 6 et 9 ans. L'arrêté indique encore que M. A n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et où il a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans, où il a toutes ses attaches culturelles et linguistiques. Par suite, la décision attaquée énonce de façon suffisamment détaillée les motifs de droit et de fait sur lesquels elle repose. Quelle que soit la pertinence de ces motifs, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté. Il ressort de cette motivation que le préfet de la Loire-Atlantique a bien procédé à un examen précis et approfondi de la situation personnelle et familiale de M. A avant de rejeter sa demande de titre de séjour.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

5. M. A se prévaut de la présence en France de ses deux frères, en situation régulière, et du frère de son épouse, de nationalité française. Il déclare avoir voulu fuir la misère en Tunisie et bénéficier du soutien à Saint-Nazaire de l'association Les Ami.e.s du Collectif d'Urgence Sociale, dans laquelle il s'est lui-même investi. Il fait valoir que ses trois enfants sont scolarisés à Saint-Nazaire depuis septembre 2021 et que lui et son épouse souhaitent s'insérer professionnellement en exécutant des travaux chez des particuliers via le système du chèque emploi service universel. Toutefois, il est constant que M. A et son épouse n'étaient présents sur le territoire français, à la date de l'arrêté attaqué, que depuis huit mois et qu'ils n'avaient sollicité aucun titre de séjour depuis leur arrivée. Leurs enfants sont encore jeunes et le requérant ne fait état d'aucune circonstance particulière qui ferait obstacle à ce que leur cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine où ils disposent d'attaches familiales, notamment les parents de M. A. S'il ressort des pièces du dossier que la fille aînée de M. A a consulté un médecin le 14 décembre 2021 pour des douleurs au sternum et que le praticien a prescrit la réalisation de radiographies, cette seule circonstance ne suffit pas à établir que l'enfant serait atteinte d'une pathologie d'une particulière gravité qui ne puisse être prise en charge en Tunisie. Si le requérant insiste sur le fait que ses deux frères et son beau-frère sont installés régulièrement en France, il ne justifie pas, en tout état de cause, de la fréquence et de l'intensité des relations qu'il entretient avec eux. Si le requérant justifie avoir conclu avec un particulier, le 31 octobre 2022, un contrat de travail à durée indéterminée, ce fait, postérieur à l'arrêté attaqué, est sans incidence sur sa légalité. Il en va de même de la circonstance que les deux premiers enfants de M. A bénéficient d'une licence sportive dans un club de football de Saint-Nazaire au titre de l'année 2022/2023. Dès lors, M. A, dont les conditions de logement et de subsistance en France demeurent précaires, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. Dès lors que, comme il a été dit, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale du requérant puisse se reconstituer hors du territoire français et qu'il n'est pas établi que les enfants de M. A, qui ont vocation à suivre leurs parents tous deux en situation irrégulière, ne pourraient pas suivre une scolarité normale en cas de retour dans leur pays d'origine, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

8. En quatrième lieu, pour les raisons mentionnées aux points 5 et 7, le préfet, en faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

10. L'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus d'octroyer un délai de départ volontaire, vise les articles L. 612-1 à L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne qu'il existe un risque que M. A se soustraie à son obligation de quitter le territoire français, l'intéressé ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'ayant pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Ainsi, la décision attaquée est suffisamment motivée.

11. En second lieu, en l'absence d'annulation de la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de cette annulation pour demander, par voie de conséquence, celle de la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, en l'absence d'annulation de la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de cette annulation pour demander, par voie de conséquence, celle de la décision fixant la Tunisie comme pays de destination.

13. En deuxième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué, selon lesquelles M. A n'établit pas que sa vie ou sa liberté sont menacées dans son pays d'origine ou qu'il y est exposé à des peines et traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où, depuis son arrivée sur le territoire français, il n'a pas effectué de démarches pour solliciter le statut de réfugié et ne fait pas état de risques en cas de retour dans son pays d'origine, que le préfet de la Loire-Atlantique a bien procédé, avant de fixer le pays de destination, à un examen des risques encourus par le requérant en cas de retour en Tunisie.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

15. M. A ne précise pas en quoi la désignation de la Tunisie comme pays de renvoi serait contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces articles ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

17. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

18. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet, qui était tenu de prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français dès lors qu'il n'avait pas accordé à l'intéressé un délai de départ volontaire et qu'aucune circonstance humanitaire ne s'y opposait, a pris en compte, pour fixer la durée de cette interdiction, la présence de M. A, avec sa femme et ses trois enfants, sur le territoire français depuis juillet 2021, l'absence de preuve, apportée par l'intéressé, d'attaches personnelles anciennes, intenses et stables en France et la circonstance que le requérant n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Le préfet a, en outre relevé l'absence de démarche entreprise par M. A en vue de régulariser sa situation administrative. Dans ces conditions, la décision du préfet est suffisamment motivée. La situation familiale de M. A a bien été prise en compte.

19. En second lieu, il est constant que M. A réside irrégulièrement en France, n'y dispose pas, en dehors de son épouse, également en situation irrégulière, et de leurs trois enfants d'attaches solides et ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle accomplie. Ainsi, en prononçant une interdiction de retour d'une durée de douze mois, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 15 février 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction et les frais liés au litige :

21. Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A étant rejetées, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence. De même, la demande présentée par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, ne peut, dès lors que ce dernier n'est pas partie perdante dans la présente instance, qu'être rejetée.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Desfrançois.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.

Le magistrat désigné,

L. B La greffière,

V. MALINGRE La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique

en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

V. Malingre

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