jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2022, Mme C E A, représentée par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée à titre principal de lui délivrer un titre de séjour et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
Sur les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- les moyens soulevés à l'encontre de ces deux décisions sont identiques à ceux mentionnés ci-dessus.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2022, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme E A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mars 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Rodrigues Devesas, avocate de la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 août 2019, Mme E A, ressortissante gabonaise née le 7 mai 1984, est entrée régulièrement en France, accompagnée de ses deux enfants mineurs, sous couvert d'un visa de court séjour valable du 29 juillet 2019 au 24 janvier 2020. Le 18 décembre 2020, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'ancien L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se prévalant notamment du PACS conclu avec un ressortissant français le 21 décembre 2019. Par l'arrêté attaqué du 21 octobre 2021, le préfet de la Vendée a refusé de faire droit à sa demande, assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée est signée par Mme Tagand, secrétaire générale de la préfecture de la Vendée. Par arrêté du 15 janvier 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Vendée lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus d'admission au séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, les éléments concernant la situation personnelle de Mme E A, notamment la dissolution le 24 mars 2021 du PACS dont elle se prévalait après la condamnation de son conjoint pour avoir favorisé ou tenté de favoriser la corruption de la fille mineure de l'intéressée, l'absence de communauté de vie depuis le 13 janvier 2021 ainsi que les éléments concernant ses attaches en France et au Gabon. Dans ces conditions, elle comprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il ressort des pièces du dossier que l'ex-conjoint de Mme E A a été condamné le 6 avril 2021 à une peine de trente-six mois d'emprisonnement délictuel dont vingt-quatre mois assortis du sursis probatoire pour des faits de corruption de mineur de quinze ans en récidive commis courant 2019 et jusqu'au 9 décembre 2020 à l'encontre de sa fille mineure née le 13 janvier 2006, qui a porté plainte en décembre 2020. Mme E A et ses deux enfants sont hébergés depuis le 13 janvier 2021 dans un logement mis à leur disposition par une association. Si la jeune fille a rencontré un psychologue à deux reprises en avril et mai 2021, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que son retour, avec l'ensemble de sa famille au Gabon, où vivent ses deux autres frères et sœurs, ses grands-parents ainsi que ses oncles et tantes, impliquerait un bouleversement tel qu'il remettrait en cause sa reconstruction et son besoin de stabilité. Si la requérante se prévaut d'un engagement au sein de l'association qui l'héberge, cette circonstance ne suffit pas à la faire regarder comme ayant créé des liens personnels intenses et stables en France, où elle réside seulement depuis le 20 août 2019 sans démontrer par ailleurs avoir engagé des démarches pour trouver un emploi. Dans ces conditions, Mme E A, qui a vécu pendant trente-cinq ans au Gabon où réside toute sa famille, ne justifie pas que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les deux enfants de B A ne pourraient pas poursuivre leur scolarité au Gabon ni, ainsi qu'il vient d'être dit au point 4, qu'un retour auprès de sa famille au Gabon mettrait un terme à un éventuel suivi psychologique de sa fille et à sa reconstruction après avoir été victime des actes de l'ex-conjoint de sa mère. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
6. D'une part, Mme E A se bornant à renvoyer aux moyens soulevés à l'encontre du refus de titre de séjour, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées et de la méconnaissance des articles 8 de la CEDH et 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés eu égard à ce qui a été dit précédemment.
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " () Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ". Le 3° de l'article L. 611-1 est relatif à l'hypothèse où l'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2021. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme E A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E A, au préfet de la Vendée et à Me Rodrigues Devesas.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
H. D
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026