lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202373 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | POLLONO |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 février 2022 et 31 août 2022 sous le numéro 2202373, Mme D A épouse B et M. E B, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux de Mohamed B, de Djeinaba B et de Fatimata B, représentés par Me Pollono, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'ambassade de France en Mauritanie refusant de délivrer des visas d'entrée et de long séjour à Mohamed B, à Djeinaba B et à Fatimata B en qualité de membres de famille de réfugiée ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de faire délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de faire procéder au réexamen des demandes de visas dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Pollono en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation s'agissant des identités et du lien de filiation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Mme A épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 28 janvier 2022.
II. Par une requête enregistrée le 20 mai 2022 sous le numéro 2206739 et un mémoire enregistré le 31 août 2022, Mme D A épouse B et M. E B, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux de Djeinaba B et de Fatimata B, ainsi que M. G B, représentés par Me Pollono, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a refusé de communiquer l'intégralité des documents présentés devant elle lors de l'examen du recours dirigé contre le rejet des demandes de visas sollicités pour Mohamed B, Djeinaba B et Fatimata B en qualité de membres de famille de réfugiée ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de communiquer les dossiers de demandes de visas dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande de communication dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Pollono en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 311-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé par les requérants n'est pas fondé.
Mme A épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 10 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2022 :
- le rapport de Mme F, rapporteuse,
- les conclusions de M. Barès, rapporteur public,
- les observations de Me Pollono, avocate des requérants.
Une note en délibéré, présentée pour les requérants, a été enregistrée le 4 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Les requête n° 222373 et n° 226739 concernent les mêmes demandes de visa et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme D A épouse B et sa fille C B, ressortissantes mauritaniennes, se sont vu reconnaître la qualité de réfugiées par deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 30 avril 2019. M. E B, époux de Mme A et père de la jeune C, et les enfants allégués du couple, M. G B, Djeinaba B et Fatimata B, ont demandé à l'autorité consulaire française à Nouakchott (Mauritanie) la délivrance de visas de long séjour au titre de la réunification familiale. Cette autorité a délivré le visa sollicité à M. E B mais a rejeté la demande des enfants allégués du couple. Par une décision du 15 juillet 2021, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé à l'encontre la décision de l'autorité consulaire. Mme A épouse B et M. E B ont, par l'intermédiaire de leur conseil, sollicité la communication de l'intégralité des dossiers de visas auprès du président de la commission de recours le 20 octobre 2021, lequel a rejeté cette demande par une décision implicite, intervenue le 20 novembre 2021. Les époux B ont saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) de ce refus, laquelle a émis un avis favorable à cette communication le 8 février 2022. Par les requêtes n° 2202373 et 2206739, les requérants demandent au tribunal, d'une part, l'annulation de la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la commission de recours a rejeté le recours formé à l'encontre la décision de l'autorité consulaire et, d'autre part, l'annulation de la décision implicite de refus de communication des dossiers de demandes de visas née du silence du président de la commission à la suite de la notification de l'avis de la CADA.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 juillet 2021 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :
3. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : () / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / Si le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire est un mineur non marié, il peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint par ses ascendants directs au premier degré, accompagnés le cas échéant par leurs enfants mineurs non mariés dont ils ont la charge effective. / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ". Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. ". Et aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / () ".
4. Lorsque la venue d'une personne en France a été sollicitée au titre de la réunification des membres de la famille d'une personne reconnue refugiée, l'autorité administrative n'est en droit de rejeter la demande de visa dont elle est saisie à cette fin que pour un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs l'absence de caractère probant des actes d'état-civil produits pour justifier de l'identité et, le cas échéant, du lien familial des intéressés avec la personne réfugiée.
5. Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. A la condition que l'acte d'état civil étranger soumis à l'obligation de légalisation et produit à titre de preuve devant l'autorité administrative ou devant le juge présente des garanties suffisantes d'authenticité, l'absence ou l'irrégularité de sa légalisation ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient.
6. Pour rejeter le recours formé à l'encontre de la décision consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur le motif tiré de ce que les identités du demandeur et des demandeuses et le lien de filiation les unissant à Mme A épouse B n'étaient pas établis.
7. Pour justifier des identités et du lien de filiation allégués, les requérants produisent les copies établies les 26 mars 2018, 10 février 2021 et 3 juin 2021 traduites en langue française, des extraits d'actes de naissance délivrés par l'agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés de la Mauritanie à la suite de l'enrôlement intervenu le 7 juin 2012. Ces documents font état des naissances respectives de Mohamed B, de Djeinaba B et de Fatimata B les 21 octobre 2003, 10 novembre 2005 et 9 septembre 2008 de l'union de M. E B et de Mme D A. L'administration relève cependant que ces naissances n'ont pas été déclarées dans le délai de trois mois ou en vertu d'une décision judiciaire ainsi que le prévoient les dispositions de l'article 79 de la loi n° 019-96 du 16 juin 1996 portant code de l'état-civil mauritanien. Ces dispositions ne sont, toutefois, pas applicables aux actes intervenus suivant l'enregistrement des naissances institué par la loi n° 2011-003 du 12 janvier 2011, laquelle abroge et remplace la loi du 16 juin 1996. Ainsi, en contestant les conditions dans lesquelles s'est déroulé l'enrôlement du 7 juin 2012, l'administration ne remet pas utilement en cause l'authenticité des documents versés au dossier. Par ailleurs, le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne démontre pas que les dispositions des articles 19 et 36 de cette loi du 12 janvier 2011 s'appliqueraient aux extraits d'actes de naissance produits, alors qu'elles distinguent explicitement la catégorie des actes d'état civil de celle des extraits délivrés à la demande des intéressés. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que Mme A épouse B a mentionné Mohamed, Djeinaba et Fatimata de façon constante dans son parcours de demande d'asile. Elle verse également des certificats de nationalité faisant état de la filiation des enfants, des photographies, diverses attestations, ainsi que des justificatifs de communications électroniques. Il suit de là que l'ensemble de ces éléments de possession d'état viennent corroborer ce qu'établissent les documents d'état civil produits. Par suite, Mme A épouse B et M. B sont fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du président de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :
9. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues () de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. " Aux termes de l'article L. 311-3 de ce code : " Sous réserve des dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, concernant les données à caractère personnel figurant dans des fichiers, toute personne a le droit de connaître les informations contenues dans un document administratif dont les conclusions lui sont opposées. / Sur sa demande, ses observations à l'égard desdites conclusions sont obligatoirement consignées en annexe au document concerné. () ". Aux termes de l'article L. 311-6 du même code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée () ; / 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable () ".
10. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que les documents constituant le dossier que détient l'autorité administrative et qui se rapportent à l'instruction d'une demande de visa présentée par des personnes étrangères, sont des documents administratifs communicables aux intéressées, et d'autre part, que l'autorité administrative doit communiquer les documents administratifs qu'elle détient même si elle n'en est pas l'autrice.
11. Par conséquent, contrairement à ce que fait valoir le ministre de l'intérieur et des outre-mer en défense, la circonstance selon laquelle la commission ne serait que détentrice temporaire des documents demandés ne fait pas obstacle à leur communication par son président.
12. Par ailleurs, aux termes du f) du 2° de l'article L. 311-5 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont pas communicables les documents dont la consultation ou la communication porterait atteinte " au déroulement des procédures engagées devant les juridictions ou d'opérations préliminaires à de telles procédures, sauf autorisation donnée par l'autorité compétente ". Il résulte de ces dispositions, eu égard à l'exigence de transparence imposée aux personnes mentionnées par l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration, que la seule circonstance que la communication d'un document administratif soit de nature à affecter les intérêts d'une partie à une procédure juridictionnelle, ou qu'un document ait été transmis à une juridiction dans le cadre d'une instance engagée devant elle, ne fait pas obstacle à la communication par les personnes précitées de ces documents. Est, en revanche, exclue la communication des documents administratifs, sauf autorisation donnée par l'autorité judiciaire ou par la juridiction administrative compétente, dans l'hypothèse où cette communication risquerait d'empiéter sur les compétences et prérogatives de cette autorité ou de cette juridiction.
13. La seule circonstance qu'une procédure soit engagée devant une juridiction à l'encontre d'une décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France rejetant le recours formé à l'encontre d'une décision consulaire refusant la délivrance de visas de long séjour, ou soit susceptible de l'être, ne suffit pas à justifier le refus de communication qui a été opposé aux requérants.
14. Il suit de là que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision par laquelle le président de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France leur a, en dépit de l'avis favorable de la CADA du 8 février 2022, refusé la communication des documents mentionnés au point 2.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
15. Le présent jugement, eu égard à ses motifs, implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à M. G B, à Djeinaba B et à Fatimata B les visas de long séjour sollicités. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au ministre de faire délivrer aux intéressés ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
16. Le présent jugement implique, également, nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de communiquer à Mme A épouse B, à M. E B et à M. G B, les éléments du dossier mis à disposition de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France pour l'examen du recours dirigé contre le rejet des demandes de visas de Mohamed B, de Djeinaba B et de Fatimata B, qui ne leur ont pas été communiqués par les autorités consulaires. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au ministre de communiquer aux intéressés ces documents dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
17. Mme A épouse B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle par décisions des 28 janvier 2022 et 10 mai 2022. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme totale de 1 800 euros au titre de ces dispositions, sous réserve que Me Pollono renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 15 juillet 2021 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée.
Article 2 : La décision implicite du président de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France portant refus de communication des dossiers de demandes de visas est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à M. G B, à Djeinaba B et à Fatimata B les visas de long séjour sollicités, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de communiquer les dossiers de visas dans les conditions prévues au point 16 ci-dessus dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : L'Etat versera à Me Pollono la somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse B, à M. E B, à M. G B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Pollono.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Guilloteau, conseiller,
Mme Louazel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2022.
La rapporteuse,
M. F
La présidente,
S. RIMEU
La greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2206739
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026