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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2202401

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2202401

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2202401
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantLIETAVOVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 février 2022, et un mémoire, enregistré le 9 novembre 2022, M. D, représenté par Me Lucie Lietavova, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 29 novembre 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale", à défaut, la mention "salarié", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de prendre, dans le même délai, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente de la décision, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) d'assortir l'une ou l'autre de ces injonctions d'une astreinte d'un montant de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Lietavova en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le refus de séjour a été opposé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation au regard de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il procède d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- il a été opposé en méconnaissance de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il procède d'un défaut d'examen réel et sérieux et d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 423-23 et L. 435-1 de ce code et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français a été opposée par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;

- elle est privée de base légale dès lors que le refus de séjour est illégal ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision laissant à trente jours le délai de départ volontaire a été prise par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi a été prise par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;

- elle est privée de base légale dès lors que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. A.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A par une décision du 7 mars 2023 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 2 mars 2023 à partir de 9h20 :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Lietavova, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Le requérant se présente sous l'identité de M. D. Il indique être un ressortissant de nationalité guinéenne et être né le 10 novembre 2003. Il est entré en France le 3 mars 2018. Il a été pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance, la chambre des mineurs de la Cour d'appel de Rennes ayant, par un arrêt du 9 novembre 2020, confié la tutelle de l'intéressé au président du conseil départemental de la Loire-Atlantique. Le 2 septembre 2021, il a saisi le préfet de ce département d'une demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement des articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 29 novembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande, a assorti ce refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de l'intéressé en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. M. A demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. () ".

3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, après avoir déduit du défaut de justification par M. A de son état civil qu'il n'était pas établi que l'intéressé était effectivement âgé entre seize et dix-huit ans à la date à laquelle il a été placé à l'aide sociale à l'enfance, le préfet de la Loire-Atlantique a relevé qu'il ne remplissait pas les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Loire-Atlantique doit être ainsi regardé, contrairement à ce qu'il soutient dans son mémoire en défense, comme ayant entendu apprécier la possibilité d'accorder la carte de séjour temporaire sollicitée par M. A au titre de cet article.

4. En premier lieu, lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public.

5. Au titre de cette première étape d'examen, le préfet de la Loire-Atlantique a relevé, dans son arrêté, qu'il n'était pas établi que M. A ait été confié à l'aide sociale à l'enfance entre seize et dix-huit ans. Pour aboutir à cette conclusion, l'autorité préfectorale a estimé que les documents d'état civil produits par M. A, c'est à dire le jugement supplétif n° 2851 tenant lieu d'acte de naissance du 5 mars 2018 rendu par le tribunal de première instance de Conakry III - Mafanco, indiquant que M. D est né le 10 novembre 2003, ainsi qu'un extrait du registre de l'état civil de la commune de Matoto (Ville de Conakry) faisant état d'une transcription, sous le n° 1753, de ce jugement supplétif intervenue le 5 mars 2018, étaient dépourvus de valeur probante.

6. Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil, auxquelles renvoient celles inscrites à l'article L. 811-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un tel acte, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Par ailleurs, il appartient à l'autorité administrative française de tenir compte, sauf à ce qu'il ait fait l'objet d'une déclaration d'inopposabilité par le juge judiciaire ou à établir l'existence d'une fraude ou d'une situation contraire à la conception française de l'ordre public international, d'un jugement supplétif dont la transcription est assurée par un acte d'état civil.

7. En premier lieu, il ressort de la motivation de la décision attaquée que, pour écarter la valeur probante des documents mentionnés au point 5, le préfet de la Loire-Atlantique a notamment relevé que ces documents n'étaient pas légalisés. L'argument manque en fait, ce que concède le préfet dans son mémoire en défense.

8. En second lieu, pour remettre en cause la force probante, au sens de l'article 47 du code civil, des documents produits par M. A pour justifier de son état civil, le préfet de la Loire-Atlantique a relevé que le jugement supplétif ne comporte pas la mention de la date de naissance de chacun des parents en méconnaissance de l'article 175 du code civil guinéen, qu'il n'est revêtu d'aucune formule exécutoire en contradiction avec les articles 554 et 555 du code de procédure civile, économique et administrative et que le timbre fiscal acquitté pour l'établissement de ce jugement supplétif ne correspond pas au montant inscrit au sein de l'"arrêté A/99/5330/MEF annexe 8, article 2". Le préfet de la Loire-Atlantique a également relevé, s'agissant de l'acte de naissance, que la transcription du jugement supplétif est intervenue le jour même de l'audience en méconnaissance des articles 601 et 682 du même code relatifs au délai d'appel, qu'il ne comporte pas la mention de la date de naissance de chacun des parents en méconnaissance de l'article 175 du code civil guinéen et que la devise de la République de Guinée reproduite sur l'acte comporte une faute d'orthographe dès lors que le premier terme est "Ravail" et non "Travail".

9. Le jugement supplétif produit par M. A, qui est revêtu d'un timbre fiscal dont le montant n'est pas inférieur à celui requis par la législation guinéenne, vise les dispositions de l'article 193 du code civil guinéen en vertu desquelles, lorsqu'une naissance n'aura pas été déclarée dans le délai légal, l'officier d'état civil ne pourra la relater sur ses registres qu'en vertu d'un tel jugement et mention sommaire sera faite en marge à la naissance. En outre, les dispositions de l'article 175 du code civil guinéen régissent le contenu des actes de naissance dressés dans le délai légal et non celui des jugements supplétifs d'actes de naissance et des actes de transcription du dispositif de ces jugements. De surcroît, selon l'article 68 du code de procédure civile guinéen, applicable à la procédure gracieuse, dont relève l'établissement d'un jugement supplétif, la décision rendue par le juge est exécutoire sur présentation de l'original de sorte que le dispositif d'un tel jugement pouvait être transcrit dans les registres de l'état civil sans qu'il soit nécessaire d'y inscrire la formule exécutoire qui est apposée sur les expéditions des jugements. Les articles 898 et 899 du code de procédure civile, économique et administrative prévoient la transcription immédiate du dispositif des jugements supplétifs d'actes de naissance sur les registres d'état civil après transmission au dépositaire des registres d'état civil par le Procureur de la République de sorte que le préfet de la Loire-Atlantique ne peut utilement opposer l'absence de respect des dispositions de ce code, laquelle n'aurait été de toute manière pas de nature à remettre en cause la force probante des mentions y figurant. Enfin, en cours d'instance, le requérant a produit une copie intégrale de l'acte de naissance n° 1753 du 5 mars 2018 ayant transcrit dans les registres de la commune de Matoto (Ville de Conakry) le dispositif du jugement supplétif n° 2851 du même jour. Cette copie intégrale, dont le préfet de la Loire-Atlantique ne conteste au demeurant pas la force probante, reproduit en toutes lettres la devise de la République de Guinée. Dans ces conditions, par la production combinée de ce jugement supplétif et de la copie intégrale de l'acte de naissance en assurant la transcription, l'état civil, et en particulier la date de naissance de M. A se trouvent justifiés. Ainsi, le motif tiré de l'absence de justification par le demandeur de ce qu'il a bien été confié à l'aide sociale à l'enfance entre seize et dix-huit ans est entaché d'erreur d'appréciation. Par ailleurs, le préfet de la Loire-Atlantique ne conteste pas que les autres conditions mentionnées au point 4 sont satisfaites en l'espèce.

10. En second lieu, lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet doit porter, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de la formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation ainsi portée.

11. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté par le préfet, qui se borne à relever, dans son arrêté, que l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en Guinée, d'une part, que le caractère réel et sérieux du suivi de sa formation est établi, d'autre part, que l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de l'intéressé dans la société française est favorable. Il ressort également des pièces du dossier que le père de M. A est décédé et que les relations avec sa mère sont distendues, quand bien même cette dernière a accompli les démarches en vue de l'obtention par son fils des documents d'état civil produits. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant entretiendrait effectivement des relations avec d'autres membres de sa famille résidant en Guinée.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'en estimant que la situation de l'intéressé ne justifiait pas la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique a commis une erreur manifeste d'appréciation.

13. Il résulte de tout ce qui précède que le refus de séjour opposé à M. A est entaché d'illégalité. Comme le soutient le requérant, l'illégalité de ce refus de séjour prive de base légale la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'illégalité de cette décision conduit également à priver de base légale la décision fixant son pays de destination. M. A est dès lors fondé à demander l'annulation de ces décisions opposées par l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 29 novembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Le présent jugement annule la décision refusant la délivrance à M. A d'une carte de séjour temporaire au motif qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Eu égard à ce motif et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'un changement de circonstances serait intervenu depuis la décision annulée, le présent jugement implique nécessairement la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" à M. A. En conséquence, il y a lieu, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer cette autorisation de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

15. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1 200 euros à verser à Me Lietavova, son avocate, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation de cette avocate au versement de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée au requérant.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 29 novembre 2021 à l'encontre de M. A est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de délivrer à M. A, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié".

Article 3 : L'Etat versera à Me Lietavova la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par M. A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Lucia Lietavova.

Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Nathalie Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

Le rapporteur,

D. C

Le président,

L. MARTINLa greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

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