LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2202426

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2202426

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2202426
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantPHILIPPON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 février 2022, M. A B, représenté par Me Thibaut Philippon, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 10 novembre 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir et d'assortir cette injonction d'une astreinte d'un montant de 25 euros par jour de retard, à défaut, de prendre, dans le même délai et sous la même astreinte, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'au rétablissement des liaisons terrestres, maritimes ou aériennes lui permettant de regagner volontairement son pays d'origine ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros à verser à Me Philippon en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté formalisant les décisions attaquées a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à ces fins ;

- le refus de séjour méconnaît des règles de procédures inscrites aux articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il procède d'une erreur de droit dès lors que l'autorité préfectorale n'a pas examiné sa situation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle a été prise en méconnaissance des articles L. 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 33 de la convention relative au statut des réfugiés ;

- la décision relative au délai de départ volontaire sera annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision relative au délai de départ volontaire porte une atteinte à sa situation au regard du droit au respect de la vie privée et familiale et au principe constitutionnel de dignité humaine.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. B.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. B par une décision du 17 février 2022 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;

- l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 30 mars 2023 à partir de 9h20.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est un ressortissant de nationalité guinéenne qui est né le 30 septembre 1984. Il est entré en France au cours du mois d'août de l'année 2018 pour y solliciter l'asile. Sa demande d'asile, enregistrée le 7 septembre 2018, a été rejetée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 6 mars 2019. La Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a, le 29 mai 2020, rejeté le recours formé contre cette décision. Le 15 juillet 2020, une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour à M. B a été enregistrée auprès des services de la préfecture de la Loire-Atlantique. Elle a été complétée par des courriers des 19 septembre 2020 et 12 avril 2021. Par un arrêté du 10 novembre 2021, le préfet de ce département a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement.

Sur les conclusions à fin d'annulation du refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". Ces dispositions, qui habilitent le préfet de département à délivrer un titre de séjour, doivent être regardées, en l'absence d'autres dispositions expresses contraires, comme lui conférant la compétence pour statuer sur toute demande de titre de séjour présentée par un étranger résidant dans ce département, quel que soit le sens de la décision statuant sur cette demande.

3. Selon l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ".

4. L'arrêté du 10 novembre 2021 a été signé, non par le préfet de la Loire-Atlantique, mais "pour le préfet" par Mme D C en qualité de directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de ce département. Cette dernière bénéficiait, par arrêté de ce préfet, pris le 31 août 2021 et publié le lendemain au recueil des actes administratifs de ce département, d'une délégation à l'effet de signer les arrêtés formalisant les décisions relatives au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de la signataire du refus de séjour doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes des dispositions inscrites au 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à la date de la demande de titre de séjour et reprises, dans le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile entré en vigueur le 1er mai 2021, à l'article L. 425-9, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée à une personne de nationalité étrangère si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. En vertu de ce dernier article et des articles R. 425-11 et R. 425-13 de ce code, l'autorité préfectorale porte cette appréciation au regard d'un avis d'un collège de médecins à compétence nationale du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), dont la composition est fixée par décision de son directeur général. Il résulte par ailleurs des dispositions des articles R. 425-12 et R. 425-13 de ce même code et de celles des articles 6 et 8 de l'arrêté interministériel du 27 décembre 2016, que cet avis doit être émis au vu notamment d'un rapport médical établi par un médecin instructeur de l'OFII, lequel ne doit pas siéger au sein du collège. La formalisation de l'avis doit être effectué conformément au modèle figurant à l'annexe C de cet arrêté.

6. Dans sa requête, M. B soutient que ces dispositions ont été méconnues alors que, d'une part, il ne disposait pas, à la date d'enregistrement de cette requête, de l'avis émis en l'espèce le 4 août 2021 par le collège de médecins du service médical de l'OFII, d'autre part, qu'il ne justifiait pas en avoir vainement sollicité la communication sur le fondement des articles L. 114-7 et L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration. L'avis précité est joint au mémoire en défense lequel répond de manière précise à l'ensemble des moyens par lesquels M. B se borne à indiquer qu'il appartiendra au préfet de justifier du respect des règles rappelées au point 5. M. B n'a pas cru utile de répliquer à ce mémoire. Il ressort des pièces du dossier que les règles dont il invoque la méconnaissance ont été respectées. S'agissant plus particulièrement de la motivation de l'avis du collège de médecins du service médical de l'OFII, il ressort de sa lecture que cet avis, conforme au modèle précité, énonce que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge n'est pas susceptible d'entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les conditions énoncées à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant cumulatives, le collège de médecins n'était pas tenu de se prononcer sur celle tendant à la possibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine, laquelle ne doit être appréciée que lorsque ce collège estime que le défaut d'une prise en charge médicale d'un ressortissant étranger est susceptible d'entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, les moyens mettant en cause l'existence d'un vice de procédure tels qu'ils sont soulevés doivent être écartés.

7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, dans sa demande de titre de séjour expressément fondée sur les dispositions désormais inscrites à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B s'est borné à faire valoir par ailleurs des éléments relatifs à son intégration professionnelle. M. B n'a pas invoqué le bénéfice des dispositions de l'article L. 435-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne se réfère pas à cet article et qu'il n'a pas fait expressément état de ce qu'il entendait déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour en soutenant qu'elle répondrait à des considérations humanitaires ou qu'elle se justifierait par des motifs exceptionnels. Le préfet n'était tenu d'examiner la demande de titre de séjour qu'au regard du texte invoqué par l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation de M. B au regard des dispositions de l'article L. 435-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas fondé.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :

8. En premier lieu, l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le préfet de département est compétent pour prononcer l'obligation de quitter le territoire français d'une personne de nationalité étrangère.

9. La délégation de signature mentionnée au point 4 du présent jugement, donnée par le préfet de la Loire-Atlantique sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 à Mme C, couvre également les décisions énonçant une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de la signataire de l'arrêté formalisant ces décisions ne peut qu'être écarté.

10. En deuxième lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé au requérant ayant été écartés aux points 4, 6 et 7, il n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. ".

12. Selon l'article L. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction issue des dispositions du 1° de l'article 12 de de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, applicables aux décisions rendues par la Cour nationale du droit d'asile à compter du premier jour du troisième mois suivant la publication de la loi, laquelle est intervenue le 11 septembre 2018, et jusqu'au 1er mai 2021 : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la notification de la décision de l'office ou, si un recours a été formé, dans le délai prévu à l'article L. 731-2 contre une décision de rejet de l'office, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que la CNDA, réunie en formation collégiale, a rejeté le recours formé par M. B contre la décision du directeur général de l'OFPRA rejetant sa demande d'asile par une décision dont la date de lecture est fixée au 29 mai 2020. Le droit au maintien de l'intéressé sur le territoire français lié à sa qualité de demandeur d'asile a dès lors pris fin à cette date, et non à celle de la notification de cette décision. Par suite, doit être écarté le moyen tiré de ce que M. B bénéficiait d'un tel droit à la date à laquelle a été prononcée l'obligation de quitter le territoire français en litige et qu'elle méconnaitrait ainsi les dispositions précitées de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que, en tout état de cause, les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés interdisant l'expulsion ou le refoulement d'un réfugié.

14. En quatrième lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité de l'obligation de quitter le territoire français opposée à M. B ayant été écartés aux points 9, 10 et 13, les conclusions à fin d'annulation de cette décision seront rejetées de sorte que le requérant n'est pas fondé à invoquer le moyen tiré de l'annulation de la décision relative au délai de départ volontaire par voie de conséquence de celle de l'obligation de quitter le territoire français.

15. En cinquième et dernier lieu, par l'article 4 de l'arrêté pris à l'encontre de M. B, le préfet de la Loire-Atlantique lui a accordé, pour satisfaire à l'obligation de quitter le territoire français, un délai de départ volontaire de trente jours courant à compter du rétablissement des liaisons terrestres, maritimes ou aériennes. La simple circonstance que le délai de départ volontaire de cette mesure d'éloignement ne court pas en l'espèce à compter de la date de notification de cette décision et qu'il se trouve suspendu ne saurait justifier légalement, contrairement à ce que soutient le requérant, que le préfet lui délivre une autorisation provisoire de séjour dès lors que le délai de départ volontaire ne constitue qu'une modalité d'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont le prononcé, qui procède de l'irrégularité du séjour d'une personne de nationalité étrangère, fait, par principe, obstacle à ce que l'autorité préfectorale accorde simultanément à l'intéressé une autorisation provisoire de séjour. Par suite, M. B, qui ne peut utilement invoquer l'article R. 732-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel régit l'assignation à résidence et non la décision relative au départ volontaire, n'est pas fondé à soutenir qu'en retardant l'exécution du délai de départ volontaire au lieu de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales interdisant de porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale, ainsi que le principe constitutionnel de dignité humaine.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi :

16. L'article R. 721-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le préfet de département est compétent pour fixer le pays de renvoi d'une personne de nationalité étrangère en cas d'exécution d'office d'une obligation de quitter le territoire français. La délégation de signature mentionnée au point 9 du présent jugement couvre également les décisions relatives au pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de la signataire de cette décision opposée à M. B ne peut qu'être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation des décisions qui lui ont été opposées par le préfet de la Loire-Atlantique le 21 novembre 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Thibaut Philippon.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Nathalie Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le rapporteur,

D. E

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions