mercredi 30 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202432 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, enregistrée le 24 février 2022 sous le numéro 2202427, et un mémoire complémentaire enregistré le 4 mars 2022, Mme B C née D, représentée par Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le préfet de la Vendée a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante, ce qui démontre qu'elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- il revient au préfet de démontrer que la procédure prévue par les articles R. 425-12 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été respectée, que le médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui a établi un rapport sur son état de santé n'a pas siégé au sein du collège de médecins ayant émis l'avis dont le préfet se prévaut, que l'avis rendu l'a bien été à l'issue d'une délibération collégiale, que les signatures apposées par les médecins sur l'avis sont lisibles et présentent les garanties de signatures authentiques ;
- le préfet, à qui il revient de démontrer la possibilité pour elle d'accéder à un traitement approprié dans son pays, a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; les éléments qu'elle apporte permettent de remettre en cause l'appréciation portée par les médecins de l'OFII ; elle a été greffée des deux reins mais fait toujours l'objet d'un suivi médical très régulier auquel elle ne pourrait pas avoir accès en Arménie ; quand bien même elle pourrait y avoir accès, ce traitement serait excessivement coûteux ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il n'a pas examiné sa situation à l'aune de cet article ; elle réside en France avec son époux depuis six ans ; elle a noué des attaches personnelles extrêmement fortes sur le territoire français ; elle s'est engagée dans le Secours Catholique ; elle a appris le français qu'elle parle couramment ; son mari qui la soutient présente un état de stress particulièrement grave ; elle ne pourra pas être soignée en Arménie ; elle craint d'y être exposée à des mauvais traitements ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation en vertu de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- elle n'est pas suffisamment motivée en ce qui concerne son état de santé ; la question de savoir si elle entre dans le champ d'application du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aurait dû faire l'objet d'un examen particulier ;
- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de celle de la décision portant refus de séjour ;
- le préfet a méconnu le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- elle n'est pas suffisamment motivée au regard des craintes qu'elle invoque en cas de retour en Arménie ;
- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de celle des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a méconnu les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas examiné sa situation au regard des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par un courrier du 14 mars 2013, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été invité à produire l'entier dossier au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de cet établissement dans le cadre de la consultation sur la demande de titre de séjour présentée par Mme C.
Des pièces, enregistrées le 16 mars 2023, ont été présentées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et communiquées.
Des observations, enregistrées le 29 mars 2023, présentées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, n'ont pas été communiquées.
Mme C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 janvier 2022.
II - Par une requête, enregistrée le 24 février 2022 sous le numéro 2202432, et un mémoire complémentaire, enregistrés le 4 mars 2022, M. A C, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le préfet de la Vendée a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de séjour :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante, ce qui démontre qu'elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il réside en France avec son épouse depuis six ans ; l'état de santé de cette dernière nécessite une prise en charge médicale à laquelle elle ne pourrait pas avoir accès en Arménie ; lui et son épouse ont noué des attaches extrêmement fortes en France, en dépit de l'impossibilité qui lui est faite de travailler ; il s'est engagé dans une maison de quartier ; il participe en tant que bénévole à des distributions alimentaires ; il a appris le français qu'il parle couramment ; il constitue un soutien majeur pour son épouse ; il serait exposé, en cas de retour en Arménie, à des mauvais traitements ; son état de santé s'est dégradé ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation en vertu de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante en ce qui concerne l'état de santé de son épouse et ses attaches privées en France ;
- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de celle de la décision portant refus de séjour ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- elle n'est pas suffisamment motivée au regard des craintes qu'il invoque en cas de retour dans son pays d'origine ;
- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de celle des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a méconnu les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 janvier 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 mars 2023 :
- les rapports de M. Martin, président-rapporteur,
- et les observations de Me Neraudau, représentant Mme et M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C et son époux, M. A C, ressortissants arméniens nés respectivement le 18 juillet 1982 et le 1er juin 1972, sont entrés régulièrement en France le 3 janvier 2016, sous couvert de visas de court séjour délivrés par les autorités italiennes. Leurs demandes de reconnaissance du statut de réfugié ont été rejetées par deux décisions, datées respectivement des 4 février et 22 août 2016, du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Chacun de ces rejets a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 1er février 2017. Dès le 18 janvier 2017, Mme C avait sollicité du préfet de la Vendée la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé. Le préfet lui a délivré, en tant qu'étrangère malade, une carte de séjour temporaire valable du 22 décembre 2017 au 21 décembre 2018, qui a été renouvelée jusqu'au 6 mai 2021. En parallèle, son époux, en tant qu'accompagnant de son épouse, a bénéficié d'autorisations provisoires de séjour entre le 15 juin 2017 et le 6 mai 2021. Le 7 janvier 2021, Mme C a sollicité du préfet de la Vendée le renouvellement de son dernier titre de séjour pour soins médicaux. Par un arrêté du 10 septembre 2021, le préfet a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Arménie comme pays de destination. Par la requête n° 2202427, visée ci-dessus, Mme C demande l'annulation de cet arrêté. Par un second arrêté du même jour, le préfet de la Vendée a refusé à M. C le renouvellement de sa dernière autorisation provisoire de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné l'Arménie comme pays de destination. Par la requête n° 2202432, visée ci-dessus, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2202427 et n° 2202432 concernent deux époux, présentent entre elles des liens d'étroite connexité et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées, tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés litigieux :
3. Les arrêtés attaqués ont été signés par Mme Anne Tagand, secrétaire générale de la préfecture de la Vendée. Par un arrêté en date du 15 janvier 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Vendée a donné délégation à Mme Anne Tagand à l'effet de signer, notamment, les arrêtés relatifs à l'éloignement des étrangers pris dans le cadre du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (livre V), formulation qui comprend les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroi d'un délai de départ volontaire et désignation du pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant à Mme C le renouvellement de son titre de séjour :
4. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour vise notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne les éléments relatifs à la situation personnelle, familiale et professionnelle de Mme C qui ont conduit le préfet à estimer qu'elle ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étrangère malade. Le refus de séjour, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle, comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il ne résulte pas de cette motivation, ni d'aucun autre élément du dossier, que le préfet de la Vendée n'aurait pas procédé à un examen particulier du dossier de Mme C.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article (). Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. " Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ". Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé prévoit que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 4 mai 2021, qui mentionne l'identité du médecin rapporteur, comporte également l'identité et la signature des trois médecins composant le collège, parmi lesquels ne figure pas le médecin rapporteur. La mention portée sur ce document selon laquelle le collège de médecins a émis cet avis " après en avoir délibéré ", fait foi jusqu'à preuve du contraire. En outre, les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis. Si l'arrêté du 27 décembre 2016 prescrit que l'avis du collège de médecins est signé par chacun des trois médecins membres de ce collège et si cette signature constitue, pour l'étranger, une garantie, ni cet arrêté, ni une quelconque autre règle, n'impose que cette signature revête une forme ou une modalité particulière. En l'espèce, l'avis du 4 mai 2021 est revêtu de la signature lisible de chacun des trois médecins dont il indique l'identité. Il en résulte que Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant la délivrance du titre de séjour sollicité est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.
7. En troisième lieu, pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé, le préfet de la Vendée s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 4 mai 2021 selon lequel si l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé existant dans le pays dont elle est originaire, y bénéficier d'un traitement approprié et voyager sans risque vers ce pays.
8. Le collège des médecins de l'OFII, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 425-9, doit émettre son avis au vu notamment du rapport médical établi par le médecin rapporteur. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par ledit collège. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, atteinte d'une insuffisance rénale terminale, a bénéficié d'une transplantation rénale, le 3 juillet 2019, au centre hospitalier universitaire de Nantes. Selon les pièces médicales produites à l'instance par la requérante, sa prise en charge médicale impliquait, à la date de la décision attaquée, un suivi de sa transplantation auprès d'un médecin néphrologue à raison d'une consultation tous les trois mois, la réalisation préalable d'un bilan biologique et la prise d'un traitement médicamenteux quotidien composé principalement des médicaments Mopral (Omeprazole), Prednisone, Advagraf (Tacrolimus) et Imurel (Aziathropine). Il ressort de la liste des médicaments essentiels disponibles en Arménie, mise à jour au 31 décembre 2021, produite par le préfet de la Vendée, que seul le médicament Imurel et sa molécule Aziathropine ne seraient pas disponibles en Arménie, les autres médicaments ou leur molécule active figurant sur cette liste. Toutefois, il ne ressort pas des ordonnances et certificats médicaux versés au dossier par Mme C qu'elle ne pourrait pas bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement aux effets équivalents à l'Imurel ni que ce traitement ne serait pas substituable par d'autres molécules. En outre, si l'intéressée fait valoir qu'elle ne pourra pas avoir accès en Arménie à un suivi médical adapté à son état, ni les différents documents et certificats médicaux qu'elle produit, relatifs au système de santé arménien et à son suivi ambulatoire entre les années 2016 et 2022, ni son allégation selon laquelle, n'étant pas originaire d'Erevan, elle ne pourra avoir accès à la surveillance clinique qui n'est disponible que dans cette ville, ne sont de nature à infirmer l'analyse du collège de médecins de l'OFII sur la possibilité pour la requérante de bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Arménie. De même, si Mme C se prévaut du coût excessif des traitements et de l'inexistence d'une assurance maladie en Arménie, elle n'assortit cette affirmation générale d'aucun élément propre à sa situation permettant d'établir que tel serait son cas. Enfin, si l'intéressée justifie souffrir d'un syndrome post-thrombotique du membre supérieur gauche, en rapport avec ses antécédents de thrombose, qui lui occasionne des douleurs lorsqu'elle bouge la tête et nécessite des soins de kinésithérapie, il ne ressort pas des pièces médicales versées au dossier que cette prise en charge ne pourrait pas se poursuivre en Arménie. Compte tenu de ce qui précède, le préfet de la Vendée n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant à Mme C la délivrance d'un titre de séjour sur leur fondement.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. Mme C fait valoir qu'à la date de la décision attaquée, elle résidait en France depuis près de six ans avec son époux et qu'elle et lui ont noué des attaches personnelles extrêmement fortes sur le territoire français. Elle se prévaut de leurs engagements associatifs, du suivi de cours de français, et de leurs démarches auprès d'une agence d'intérim en vue de travailler en France lorsque leur situation administrative le leur permettra. Elle produit au soutien de ses dires des attestations, d'une part, de responsables de trois structures associatives témoignant de la participation du couple à certaines activités comme la distribution alimentaire ou des ateliers de convivialité, d'autre part, de membres de quatre associations indiquant leurs participations à différents cours de français. Toutefois, ces éléments, s'ils justifient de la volonté des intéressés de s'insérer dans la société française, sont insuffisants pour établir qu'ils auraient noué sur le sol français des liens personnels particulièrement intenses, anciens et stables. En outre, M. et Mme C ne sont pas dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine où ils ont vécu la majeure partie de leurs vies et où résident la mère et le frère de Mme C ainsi que les parents et le frère de son époux. Si Mme C invoque des craintes graves et personnelles en cas de retour en Arménie et soutient ne pas avoir réussi à les exposer correctement devant les instances ayant statué sur sa demande d'asile, elle n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, ni aucune précision de nature à justifier de la réalité de ses craintes. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ne pourra pas bénéficier d'un accès effectif à un traitement médical approprié à sa pathologie dans son pays d'origine. Dans ces conditions, alors que M. C fait également l'objet d'un refus de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Vendée, en refusant le renouvellement du titre de séjour de Mme C, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard de l'objectif poursuivi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle ne justifie pas avoir sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du même code. Elle ne peut, par suite et en tout état de cause, utilement soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant le bénéfice de cet article.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant à M. C le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour :
13. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour vise notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne les éléments relatifs à la situation personnelle, familiale et professionnelle de M. C qui ont conduit le préfet à estimer qu'il ne pouvait prétendre à la délivrance d'une nouvelle autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnant de son épouse malade. Le refus de séjour, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle, comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il ne résulte pas de cette motivation, ni d'aucun autre élément du dossier, que le préfet de la Vendée n'aurait pas procédé à un examen particulier du dossier de M. C.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".
15. M. C se prévaut de l'ancienneté de son séjour en France et des démarches qu'il entreprises pour s'insérer socialement dans ce pays. Il fait également valoir que sa santé s'est dégradée, dès lors qu'il souffre de gonalgies avec réveil nocturne ainsi que de crises d'angoisse liées à la grande précarité de sa situation. S'agissant de son état de santé, les pièces versées au dossier attestent de ce que l'intéressé présentait le 29 octobre 2020, au genou gauche, une chondropathie fémoro-tibiale interne débutante, que des séances de kinésithérapie lui ont été prescrites et que, par une ordonnance du 18 février 2022, son médecin traitant lui a prescrit un antidépresseur et un somnifère. Ces éléments ne permettent pas de considérer qu'à la date de la décision attaquée, le requérant souffrait de pathologies d'une particulière gravité. S'agissant de son insertion sociale, si l'intéressé justifie avoir suivi des cours de français, s'être engagé dans plusieurs associations en tant que bénévole ou membre actif et avoir recherché du travail par l'envoi de lettres de candidature, ces démarches, pour méritoires qu'elles soient, ne suffisent pas à établir que le préfet de la Vendée, en refusant de lui délivrer une nouvelle autorisation provisoire de séjour, aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi. Comme il a été dit au point 11, le couple C n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Arménie et a vocation à reconstituer sa cellule familiale dans ce pays. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que le préfet aurait entendu examiner sa situation sur ce fondement. Il ne peut, par suite et en tout état de cause, utilement soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant le bénéfice de cet article.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre des décisions faisant obligation à Mme et M. C de quitter le territoire français :
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. ".
18. Comme il a été dit aux points 4 et 13, les décisions portant refus de séjour, opposées aux époux C par les arrêtés attaqués, sont suffisamment motivées. En application des dispositions citées au point précédent, les décisions portant obligation de quitter le territoire français prises à leur encontre, fondées sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avaient pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces obligations doit, par suite, être écarté.
19. En deuxième lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour, opposées aux requérants, étant écartés, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des refus de titre de séjour doit être écarté.
20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".
21. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, Mme C n'est pas fondée à soutenir que son état de santé ferait obstacle à son éloignement. Par suite, le moyen tiré par la requérante de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
22. En quatrième lieu, compte tenu des éléments, exposés aux points 11 et 15, relatifs à la situation personnelle de Mme et M. C, ceux-ci ne sont pas fondés à soutenir que les décisions d'éloignement attaquées porteraient une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre des décisions fixant le pays de destination :
23. En premier lieu, les décisions fixant le pays de destination mentionnent la nationalité des époux C, visent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précisent que les intéressés ne justifient pas être exposés personnellement à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans leur pays d'origine. Ces décisions comportent ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, un énoncé suffisant des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement.
24. En deuxième lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, opposées aux requérants, étant écartés, le moyen tiré par les époux C de ce que les décisions fixant le pays de destination doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation de ces décisions doit être écarté.
25. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
26. Mme et M. C, qui se bornent à soutenir qu'ils " craignent d'être retrouvés par les hommes qui les ont violentés avant leur départ pour la France ", et que la raison du rejet de leurs demandes d'asile tient au fait " qu'ils n'ont pas réussi à exposer clairement leur récit ", n'apportent aucun élément au soutien de leurs allégations, ni aucune précision sur leur récit de nature à établir la réalité des craintes qu'ils invoquent. Mme C soutient également qu'elle sera exposée à des traitements inhumains et dégradants en ce qu'elle ne pourra pas bénéficier d'un traitement médical approprié en Arménie. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 9 que cette crainte n'est pas fondée. Par suite, les moyens tirés par les intéressés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que des dispositions de l'article L. 721- 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.
27. En quatrième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir du défaut d'examen de sa situation au regard des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que ces dispositions ne se rapportent pas à la fixation du pays de destination.
28. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 11 et 15, le moyen tiré la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
29. Il résulte de tout ce qui précède que Mme et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtes attaqués du 10 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
30. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme et M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés aux instances :
31. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que les sommes demandées par les requérants au profit de leur conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soient mises à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans les présentes instances.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C née D et de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C née D, à M. A C, au préfet de la Vendée et à Me Emmanuelle Neraudau.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2023.
Le président-rapporteur,
L. MARTINL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSE
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Malingre
Nos 2202427, 220243cnd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026