lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202520 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DE CASTELBAJAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 février et 15 mars 2022, M. C B, représenté par Me de Castelbajac, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a décidé son expulsion du territoire français ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2021 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence tant qu'il est dans l'impossibilité de quitter le territoire français et jusqu'au 31 décembre 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant du moyen commun aux arrêtés attaqués :
- il n'est pas établi que les actes aient été signés par une autorité habilitée ;
S'agissant de l'arrêté portant expulsion du territoire français :
- l'avis de la commission d'expulsion ne lui a pas été notifié ;
- cette décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il ignorait les convictions et agissements de son frère ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en considérant qu'il constituait une menace pour l'ordre public ;
S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
- les obligations fixées par la décision contestée ne sont pas justifiées.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delohen,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant syrien né le 28 janvier 1996, est entré irrégulièrement en France le 15 juin 2016. Le 30 septembre 2016, il s'est vu reconnaître le bénéfice de la protection subsidiaire par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). L'OFPRA a mis fin à cette protection par une décision du 25 octobre 2019, confirmée par un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 2 mars 2021, en raison du soutien apporté par l'intéressé à son frère et à un autre individu membres de Daech ainsi que de son adhésion aux thèses de l'islam radical. Par des arrêtés du 21 décembre 2021, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Sarthe a prononcé l'expulsion de M. B du territoire français et a décidé de l'assigner à résidence en vue de l'exécution de cette mesure.
Sur le moyen commun aux arrêtés attaqués :
2. Les arrêtés contestés ont été signés par M. Eric Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe. Par un arrêté du 12 juillet 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. D à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, saisines juridictionnelles, circulaires, rapports, correspondances, documents et avis relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Sarthe, à l'exception de catégories d'actes limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les décisions d'expulsion et d'assignation à résidence. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
Sur la légalité de l'arrêté d'expulsion :
3. En premier lieu, en application de l'article L. 632-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'avis de la commission d'expulsion est communiqué à l'étranger contre lequel est envisagée une mesure d'expulsion.
4. Il ressort des pièces du dossier que la commission d'expulsion s'est réunie le 16 novembre 2021 et a rendu le même jour un avis favorable à l'expulsion de M. B, qui lui a été notifié oralement à l'issue de la séance, ainsi qu'il ressort du procès-verbal dressé le même jour. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que cet avis ne lui aurait pas été communiqué manque en fait et doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".
6. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une menace grave à l'ordre public pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
7. Il ressort des pièces du dossier que, le 3 novembre 2018, M. B a été mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes, et placé sous contrôle judiciaire. Si M. B soutient qu'il ne savait pas que son frère était membre d'une organisation terroriste islamiste, il ne conteste pas sérieusement avoir admis la participation de son frère aux activités du groupe Daesh en Syrie au cours de l'instruction en déclarant : " Je savais qu'il était avec eux, il m'a envoyé des photos ". Il ressort également des termes de l'arrêté attaqué, et n'est pas contesté par M. B, qu'il a remis une caméra de type " go pro " à un ami de son frère en Turquie en août 2018, et pris son frère en photographie, participant ainsi à la propagande de l'organisation terroriste précitée. Postérieurement à la décision attaquée, par un arrêt du 26 janvier 2024, la cour d'assises des mineurs de A a condamné M. B à une peine de quatre années d'emprisonnement à raison des faits précités, dont la matérialité doit ainsi être tenue pour établie. Aussi, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur d'appréciation qu'aurait commises le préfet en prononçant l'expulsion de l'intéressé doivent être écartés.
Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :
8. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / () 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion () ".
9. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Sarthe a assigné M. B à résidence, dans les limites du territoire de la commune du Mans, jusqu'au 31 décembre 2022, avec obligation de se présenter trois fois par semaine, les lundis, mercredis et vendredis à 12 heures au commissariat de police de cette ville. M. B ne fait état d'aucun élément précis et probant au soutien de ses allégations selon lesquelles ces obligations seraient incompatibles avec celles résultant de son contrôle judiciaire et feraient obstacle à la poursuite de son activité professionnelle. Par suite et alors qu'il n'est pas contesté que M. B entrait dans le champ d'application des dispositions qui précèdent eu égard à l'impossibilité de procéder sans délai à son renvoi vers la Syrie, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 juillet 2024.
Le rapporteur,
D. DELOHENLe président,
C. CANTIÉ
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
No 2202520
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026