vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SMATI |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête enregistrée le 24 juillet 2021 sous le n° 2108474, Mme A B, représentée par Me Smati, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a rejeté son recours gracieux contre l'arrêté du 28 janvier 2021 par lequel cette même autorité a refusé de renouveler son certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour et de la munir dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision statuant sur son recours gracieux et la décision portant refus de titre de séjour ne sont pas suffisamment motivées ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les stipulations du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant son délai de départ volontaire ;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale la décision fixant le pays de destination.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- si sa décision du 6 janvier 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français a, implicitement mais nécessairement, abrogé son arrêté du 28 janvier 2021, dont l'exécution a été suspendue par ordonnance du juge des référés de ce Tribunal, cette abrogation n'est pas définitive, de sorte qu'il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions de la requête ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 août 2021.
II°) Par une requête enregistrée le 25 février 2022 sous le n° 2202523, Mme A B, représentée par Me Smati, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'année du 6 janvier 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour et de la munir dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les stipulations du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant son délai de départ volontaire;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Livenais, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 2108474 et 2202523 ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des mêmes questions. Il y a ainsi lieu de les joindre afin qu'il y soit statué par un même jugement.
2. Mme A B, ressortissante algérienne née le 26 juillet 1990, est entrée sur le territoire français en août 2016, sous couvert d'un visa de long séjour " étudiant ". Elle a, par la suite, obtenu du préfet de Maine-et-Loire la délivrance et le renouvellement de certificats de résidence algérien en qualité d'étudiante jusqu'au 12 décembre 2020. Le 11 décembre 2020, Mme B a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par un premier arrêté du 28 janvier 2021, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un courrier du 31 mars 2021, notifié le 6 avril 2021, Mme B a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, sur lequel le silence gardé par le préfet de Maine-et-Loire a fait naître une décision implicite de rejet dont Mme B demande l'annulation par sa requête N° 2108474. Toutefois, par une ordonnance n° 2108389 du 11 août 2021, le juge des référés de ce Tribunal a suspendu l'exécution de cette décision implicite de rejet du recours gracieux formé par Mme B contre l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 28 janvier 2021 et enjoint à cette autorité de procéder au réexamen de la situation de Mme B. En exécution de cette injonction, le préfet de Maine-et-Loire, après avoir délivré le 6 septembre 2021 une autorisation provisoire de séjour a, par un second arrêté du 6 janvier 2022, refusé de renouveler le certificat de résidence de l'intéressée et assorti ce refus d'une décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination de la requérante. Par sa requête n° 2202523, Mme B demande au Tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'étendue du litige :
3. D'une part, ainsi qu'il vient d'être dit, par une décision du 6 septembre 2021, postérieure à l'enregistrement de la requête n° 2108474, le préfet de Maine-et-Loire a décidé de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 5 décembre 2021. Le préfet doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement abrogé l'arrêté du 28 janvier 2021 pris à l'encontre de Mme B en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces deux décisions, qui n'ont connu aucun commencement d'exécution, sont devenues sans objet de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
4. D'autre part, si l'arrêté du 6 mars 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a, de nouveau, statué sur la demande de renouvellement du certificat de résidence de Mme B a également abrogé, implicitement mais nécessairement, l'arrêté du 28 janvier 2021 en ce qu'il porte refus de titre de séjour, cette dernière décision a cependant connu un commencement d'exécution et, au surplus, son abrogation ne peut être regardée comme définitive dans la mesure où Mme B demande également l'annulation de l'arrêté du 6 mars 2022. Il y a, ainsi, toujours lieu de statuer sur les conclusions de l'intéressée aux fins d'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2021, en ce qu'il emporte refus de titre de séjour.
Sur la légalité de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 28 janvier 2021 en ce qu'il emporte refus de renouvellement d'un certificat de résidence :
5. Aux termes du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existences suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire " ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'un certificat de résidence en qualité d'étudiant d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est inscrite au titre de l'année universitaire 2016-2017 en première année de Master mention " Dialectique des langues " à la faculté de lettres de l'université d'Angers. Si elle a validé le premier semestre de cette première année de Master à l'issue de cette première année universitaire, elle n'a obtenu la validation du second semestre de cette première année qu'à l'issue de l'année universitaire 2018-2019. Toutefois, Mme B soutient, sans être sérieusement contredite par le préfet, que le retard pris dans la validation de sa première année de Master s'explique, ainsi qu'en atteste la responsable de son Master, par des difficultés d'ordre personnel ainsi que par le caractère innovant et exigeant de son projet de stage, visant à développer des cours de langue en ligne. De même, si, après avoir été admise en seconde année de Master au titre de l'année 2019-2020, elle a été ajournée à l'issue de cette même année, il ressort également des pièces du dossier que cet ajournement ne résulte pas des mauvais résultats académiques de la requérante, qui a d'ailleurs validé son premier semestre de seconde année de Master avec une moyenne générale de 14, 179/20, mais d'un aménagement sur deux années de la validation de cette seconde année en accord avec l'équipe pédagogique du Master en cause. Dans ces conditions, en estimant que Mme B ne justifiait pas du caractère sérieux de ses études, le préfet de Maine-et-Loire a, dans les circonstances de l'espèce, méconnu les stipulations précitées de l'accord franco-algérien.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 28 janvier 2021 en ce qu'il porte refus de renouvellement de son certificat de résidence.
Sur la légalité de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 6 mars 2022 :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
8. L'arrêté attaqué, pris au visa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié fixant les conditions de délivrance aux ressortissants algériens du certificat de résidence mention " étudiant " et de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise que Mme B, après y avoir été invitée, n'a pas communiqué à la préfecture l'ensemble des éléments permettant d'attester de la poursuite de ses études universitaires et fait également état des éléments propres à la situation personnelle de l'intéressée justifiant son éloignement vers l'Algérie, pays dont elle a la nationalité. Cet arrêté est, ainsi, suffisamment motivé en toutes ses dispositions, cette motivation établissant par ailleurs que le préfet a procédé à l'examen de la situation personnelle de Mme B avant de prendre à son encontre les décisions contestées.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :
9. En premier lieu, si Mme B justifie avoir communiqué au préfet de Maine-et-Loire, en vue de l'instruction de sa demande de renouvellement de certificat de résidence, un certain nombre de documents relatifs notamment à son évaluation à l'issue de l'année universitaire 2020-2021, elle n'établit pas, en revanche, avoir transmis au préfet la preuve de son inscription en seconde année de Master au titre de l'année 2021-2022, faute notamment pour elle de démontrer, par les pièces qu'elle produit, qu'elle aurait communiqué un certificat de scolarité de l'université d'Angers au titre de l'année en cause. Dans ces conditions, le préfet de Maine-et-Loire, qui n'a pas opposé à l'intéressée l'irrecevabilité de sa demande à raison de son caractère incomplet mais la circonstance que, faute d'avoir transmis l'ensemble des documents justifiant de la poursuite de ses études, elle ne pouvait être regardée comme remplissant les conditions de renouvellement de son certificat de résidence, n'a pas méconnu les stipulations du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié.
10. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme B ne réside que depuis l'année 2016 en France où elle est entrée à l'âge de 26 ans pour suivre des études. Si l'intéressée justifie d'une activité professionnelle accessoire à ses études, il est toutefois constant qu'elle est célibataire et sans charge de famille, qu'elle ne justifie pas d'attaches personnelles ou familiales sur le territoire français ni être dépourvue de telles attaches dans son pays d'origine. Le préfet de Maine-et-Loire, en refusant le renouvellement de son titre de séjour n'a ainsi pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision attaquée a été prise. Il n'a donc pas méconnu, en tout état de cause, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par Mme B à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
13. En second lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés ci-dessus, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
14. Il résulte de ce qui vient d'être dit que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoquée par Mme B à l'encontre de la décision fixant son délai de départ volontaire, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. Il résulte de ce qui vient d'être dit que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoquée par Mme B à l'encontre de la fixant son pays de destination, ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 28 janvier 2021 en ce qu'il porte refus de renouvellement de son certificat de résidence.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement ne prononçant pas l'annulation de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 6 mars 2022, il n'appelle, en dépit de l'annulation partielle de l'arrêté du 28 janvier 2021 abrogé par l'arrêté précité du 6 mars 2022, aucune mesure exécution.
Sur les frais liés au litige :
18. Mme B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Smati, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2108474 de Mme B aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 28 janvier 2021, en ce qu'il emporte obligation de quitter le territoire français et qu'il fixe le pays de renvoi.
Article 2 : L'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 28 janvier 2021 est annulé en ce qu'il porte refus de renouvellement du certificat de résidence de Mme B.
Article 3 : L'Etat versera à Me Smati, avocat de Mme B, la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Smati renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Karim Smati.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAISL'assesseure le plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
V. ROSEMBERGLe greffier,
Y. LECLERC
La République mande et ordonne au préfet de Maine et Loire en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N° 2108474, 2202523
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026