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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2202548

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2202548

mercredi 21 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2202548
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantNERAUDAU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes (2ème Chambre) a été saisi par Mme B, ressortissante congolaise, d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus du préfet de la Vendée de renouveler son titre de séjour. La requérante invoquait notamment la méconnaissance des articles L. 425-10 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que des stipulations de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant. Le tribunal a constaté que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet avait délivré à Mme B un titre de séjour en qualité de salariée, rendant sans objet les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions et a condamné l’État à verser 600 euros à son avocate au titre des frais de justice, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 février 2022, Mme C B épouse A D, représentée par Me Neraudau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 août 2021 par laquelle le préfet de la Vendée a refusé de lui renouveler son titre de séjour et lui a rappelé qu'elle faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prononcée le 3 juin 2021 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet a refusé de lui remettre un certificat médical ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, le préfet de la Vendée conclut au non-lieu à statuer et au rejet de la requête.

Il fait valoir que Mme B s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de salariée.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C F B, ressortissante congolaise née le 23 mars 1981, est entrée en France en 2018 et a bénéficié d'autorisations provisoires de séjour en qualité de parent d'enfant malade. Elle a sollicité le renouvellement de cette autorisation en mars 2020. Par une décision du 19 janvier 2021, le préfet de la Vendée a refusé de lui renouveler cette autorisation. Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée. Par une décision du 24 août 2021, dont Mme B demande l'annulation, le préfet de la Vendée a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 2 août 2023, postérieure à l'introduction de la requête, le préfet de la Vendée a délivré à Mme B un titre de séjour en qualité de salariée. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Neraudau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.

Article 2 : L'Etat versera à Me Neraudau une somme de 600 (six cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991, sous réserve de renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F B épouse A D, à Me Neraudau et au préfet de la Vendée.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2025.

La rapporteure,

M. E

SAINT-DIZIER

La présidente,

S. RIMEULa greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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