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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2202811

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2202811

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2202811
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantPERROT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 4 mars 2022 sous le numéro 2202811, M. B A, représenté par Me Perrot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de lui renouveler son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision a été signée par une autorité compétente ;

- la décision n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; la décision ne se prononce pas sur le critère, issu de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à l'existence de conséquences d'une exceptionnelle gravité entrainées par l'absence de prise en charge médicale ; la décision ne vise pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'est pas justifié que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII, que la délibération des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration avait un caractère collégial, ni qu'elle a été rendue dans le délai de trois mois ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnait ces dispositions :

. le préfet se fonde uniquement sur l'avis rendu par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

. le préfet n'a pas apprécié le critère prévu par les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile tiré de l'existence de conséquences d'une exceptionnelle gravité entrainées par l'absence de prise en charge médicale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire, enregistré le 8 juin 2022, le préfet de la Sarthe informe le tribunal qu'une autorisation provisoire de séjour a été délivrée à M. A le 24 mars 2022 et qu'il attend l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête de M. A.

Il soutient que les moyens présentés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 14 mars 2022.

II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 octobre 2022 et 16 mai 2023 sous le numéro 2213936, M. B A, représenté par Me Perrot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; sa situation n'a pas été examinée sur le fondement de ces dispositions ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'en méconnaissance des dispositions des articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'est pas justifié que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII, que la délibération des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration présentait un caractère collégial, ni qu'elle a été rendue dans le délai de trois mois ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnait ces dispositions dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur ce fondement ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle au regard de ces stipulations ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle et est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 31 mars 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative à la circulation et au séjour des personnes (ensemble une annexe), signée à Dakar le 1er août 1995, approuvée par la loi n° 97-744 du 2 juillet 1997 et publiée par le décret n° 2002-337 du 5 mars 2002 ;

- la convention d'établissement, signée à Paris le 25 mai 2000, approuvée par la loi n° 2003-4 du 2 janvier 2003 et publiée par le décret n° 2003-954 du 30 septembre 2003 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure,

- et les observations de Me Perrot, représentant M. A, en présence de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais né en février 1991, déclare être entré régulièrement en France le 29 août 2018, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Il a sollicité du préfet de la Sarthe le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par une décision du 8 mars 2019, le préfet de la Sarthe a refusé de procéder au renouvellement de son titre. M. A a sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par une décision du 23 août 2019, le préfet de la Sarthe a fait droit à sa demande et lui a délivré un titre de séjour pour ce motif, titre de séjour renouvelé jusqu'au 25 mai 2021. M. A a sollicité du préfet de la Sarthe le renouvellement de son titre de séjour. Sa demande a été rejetée par une décision du 19 janvier 2022, décision dont l'exécution a été suspendue par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nantes du 22 mars 2022. Par la première requête, M. A demande l'annulation de la décision du 19 janvier 2022.

2. Par une décision du 24 mars 2022, le préfet de la Sarthe a délivré une autorisation provisoire de séjour à l'intéressé, dans l'attente du nouvel avis de l'OFII sur son état de santé. A la suite du réexamen de la situation de M. A, sa demande de renouvellement a été rejetée par un arrêté du préfet de la Sarthe du 21 septembre 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. Par la seconde requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la jonction :

3. Les requêtes n° 2202811 et 2213936, présentées pour M. A, sont relatives à la situation d'un même ressortissant sénégalais, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.

Sur la requête n° 2202811 :

4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".

5. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la motivation même de la décision contestée du 19 janvier 2022 que le préfet de la Sarthe s'est notamment fondé sur un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 30 décembre précédent qui a estimé que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais que l'intéressé pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire. Il n'est pas contesté qu'à la date du refus de séjour litigieux, le défaut de prise en charge de l'état de santé de M. A, qui souffre de deux pathologies chroniques, à savoir un glaucome et une rétinopathie pigmentaire, était susceptible d'entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, M. A se voyait prescrire, avec la mention " non substituable ", trois médicaments, le premier comprenant de la fluorométholone, le second composé de dorzolamide et timolol et le dernier de bimatoprost et timolol. Il ressort également des pièces du dossier que seul le timalol est présent au Sénégal, la dorzolamide, la fluorométholone et le bimatoprost ne figurant pas sur la liste des médicaments et produits essentiels du Sénégal révisée en 2018. Si d'autres médicaments de traitement du glaucome sont disponibles dans ce pays, il ressort de l'attestation rédigée conjointement par l'ophtalmologue de M. A et une assistante de service social que le suivi de la pathologie de l'intéressé a été très difficile à équilibrer en France même, ces personnes relevant en outre qu'il n'existe pas à leur connaissance de centre de rééducation pour adultes devenus malvoyants au Sénégal et de possibilité de rééducation et adaptation au quotidien. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé pourrait effectivement bénéficier au Sénégal du traitement nécessité par son état de santé.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander, pour méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'annulation du refus de séjour du 19 janvier 2022.

Sur la requête n° 2213936 :

En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation :

7. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".

8. Pour refuser à M. A le renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé, le préfet de la Sarthe s'est fondé sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 19 juillet 2022, lequel a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale mais dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le collège de médecins de l'OFII avait estimé en décembre 2021 que le défaut de prise en charge médicale de l'intéressé était susceptible d'entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de M. A aurait connu une amélioration particulière entre ces deux avis. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et particulièrement d'un certificat médical établi par un docteur en ophtalmologie médicale et chirurgicale du 26 septembre 2021, dont la teneur est confirmée notamment par le même médecin dans une ordonnance ultérieure prescrivant le traitement médicamenteux correspondant aux pathologies de l'intéressé, ainsi que par un certificat médical établi par un docteur en ophtalmologie médicale du 11 octobre 2021, tous antérieurs à l'arrêté contesté, que M. A souffre de deux pathologies chroniques progressives et non curables dont un glaucome et une rétinopathie pigmentaire, qui ont nécessité un suivi régulier, un traitement chirurgical, une rééducation fonctionnelle dans un centre spécialisé, un traitement par laser, et la prise d'un traitement médicamenteux. Ce traitement médicamenteux, évoqué au point 5 du jugement, régulier et prescrit à vie est, selon les différents certificats médicaux, ordonnances et documents produits, d'une part non substituable et le seul qui permettrait de stabiliser l'état de santé de M. A, et d'autre part, non disponible dans le pays d'origine de l'intéressé. Enfin, il ressort d'une ordonnance de traitement du 14 octobre 2022, prescrivant à l'intéressé son traitement médicamenteux pour un an, et d'un certificat médical du 13 janvier 2023, que le traitement suivi par M. A ne peut être interrompu et est susceptible d'être adapté en fonction des contrôles de son état de santé qu'il doit suivre régulièrement. Si ces documents ont été établis postérieurement à la date d'établissement de l'arrêté attaqué, ils relèvent toutefois une situation médicale existante à cette date, et sont de nature à contredire l'argument développé en défense par le préfet de la Sarthe selon lequel le traitement laser suivi par l'intéressé lui aurait permis de mettre un terme à la prise de son traitement médicamenteux. Dans ses écritures en défense dans le cadre de la présente instance, le préfet ne conteste d'ailleurs pas l'indisponibilité du traitement médicamenteux dans le pays d'origine du requérant.

9. Dans ces conditions, il ressort suffisamment des pièces du dossier que le défaut de prise en charge médicale de l'état de santé de M. A à la date du refus de séjour du 21 septembre 2022 devrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le traitement nécessité par l'état de santé de l'intéressé soit disponible dans son pays d'origine. Par suite, en refusant d'admettre M. A au séjour pour raisons de santé, le préfet de la Sarthe a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le refus de séjour opposé le 21 septembre 2022 à M. A doit être annulé, ainsi par voie de conséquence que les décisions du même jour portant à son encontre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays d'éloignement.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :

11. Le présent jugement implique nécessairement, compte tenu des motifs d'annulation retenus, qu'il soit délivré à M. A une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " en application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois suivant la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

12. En premier lieu, dans l'instance n° 2202811, M. A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Perrot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros.

13. En second lieu dans l'instance n° 2213936, M. A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Perrot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros.

D É C I D E :

Article 1er : Le refus de séjour du 19 janvier 2022 et les décisions du 21 septembre 2022 du préfet de la Sarthe portant à l'égard de M. A refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays d'éloignement, sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Sarthe de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire dans un délai de deux mois.

Article 3 : L'Etat versera à Me Perrot, la somme de 800 euros dans les conditions prévues par l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 dans l'instance n° 2202811. L'Etat versera à Me Perrot, la somme de 800 euros dans les conditions prévues par l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 dans l'instance n° 2213936.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Sarthe, et à Me Perrot.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Hannoyer, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La présidente-rapporteure,

M. BERIA-GUILLAUMIE

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

R. HANNOYER La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2, 2213936

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