lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202842 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURJON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 mars 2022 et le 7 mars 2022, M. A D B, représenté en dernier lieu par Me Bourjon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevable sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal d'enregistrer sa demande de titre de séjour et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation, dans l'un et l'autre cas dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par une autorité compétente ;
- elle est intervenue en méconnaissance de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute d'une part pour le préfet de justifier lui avoir délivré les informations prévues par ces dispositions lors du dépôt de sa demande d'asile et, d'autre part dans la mesure où, sa demande d'asile étant définitivement rejetée à la date de la décision attaquée, le préfet ne pouvait plus lui opposer le délai de trois mois à compter du dépôt de sa demande d'asile prévu par ces mêmes dispositions ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Livenais, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tchadien né en 1995, est entré en France, selon ses déclarations, au cours du mois d'avril 2019. Il a présenté une demande d'asile, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 décembre 2019, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 30 octobre 2020. M. B, s'étant maintenu sur le territoire national, a sollicité auprès du préfet de la Loire-Atlantique le 12 mai 2021 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à défaut, la régularisation exceptionnelle de son droit au séjour sur le fondement des articles L. 313-10 et L. 313-14 du même code, auxquels se sont substitués respectivement, à compter du 1er mai 2021, l'article L. 423-23 et les articles L. 421-1 et L. 435-1 du même code. Par une décision du 6 décembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande comme irrecevable sur le fondement des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui se sont substituées à compter du 1er mai 2021 à celles de l'article L. 311-6 du même code. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme C, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du 31 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprennent ainsi qu'il a été dit depuis le 1er mai 2021 les dispositions de l'article L. 311-6 du même code : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat. ". L'article D. 431-7 du même code, qui reprend à compter du 1er mai 2021 les dispositions de l'article D. 311-3-2 de ce code, précise : " Pour l'application de l'article L. 431-2, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-9, ce délai est porté à trois mois. ".
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la copie en langue arabe, que M. B a déclaré comprendre, des brochures A et B prévues par le règlement UE n° 604-2013 du 26 juin 2013, du document dit " guide du demandeur d'asile " et de la notice d'information exposant les conditions dans lesquelles un demandeur d'asile peut solliciter un titre de séjour sur un autre fondement que celui de l'admission au statut de réfugié dès le dépôt de sa demande d'asile, remises à l'intéressé le 11 juin 2019 comme en atteste sa signature sur l'ensemble de ces documents, que M. B a été informé des conditions dans lesquelles il pouvait déposer une demande de titre de séjour ainsi que des délais qui lui étaient impartis pour ce faire comme l'exigeaient, à la date du dépôt de sa demande, les dispositions de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est donc pas fondé à soutenir que l'irrecevabilité de sa demande de titre de séjour lui aurait été opposée à l'issue d'une procédure irrégulière.
5. D'autre part, l'information prévue par l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aujourd'hui repris par l'article L. 431-2 du même code, dans sa rédaction issue de l'article 44 de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, a pour seul objet, ainsi qu'en témoignent les travaux préparatoires de la loi, de limiter à compter de l'information ainsi délivrée le délai dans lequel il est loisible au demandeur d'asile de déposer une demande de titre de séjour sur un autre fondement, ce délai étant ainsi susceptible d'expirer avant même qu'il n'ait été statué sur sa demande d'asile. Il est constant que ce délai était expiré à la date, postérieure au rejet définitif de la demande d'asile de M. B, à laquelle ce dernier a présenté sa demande de titre de séjour, la circonstance qu'il a été débouté de sa demande d'asile n'étant pas de nature à faire obstacle à ce que le préfet lui oppose, dans la mesure où le requérant n'a pas fait état de circonstances nouvelles à l'appui de sa demande, la tardiveté de celle-ci en vertu des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B n'est ainsi pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait entaché sa décision d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant comme tardive sa demande de titre de séjour.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B aux fins d'annulation de la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 6 décembre 2021 doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et sa demande présentée au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
M. Huin, premier conseiller,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAIS
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
F. HUIN
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026