jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202846 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mars 2022, et des mémoires, enregistrés les 14 juillet 2022 et 20 janvier 2023, M. E C, représenté par Me Anne Perrot, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 23 septembre 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de prendre une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente de cette décision, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Perrot en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté formalisant le refus de séjour a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- le refus de séjour n'est pas suffisamment motivé ;
- le motif de cette décision, tiré du défaut de justification de son identité, est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait ;
- le refus de séjour procède d'un défaut d'examen particulier et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'arrêté formalisant l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- ces décisions ne sont pas motivées ;
- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale dès lors que le refus de séjour est lui-même illégal ;
- cette mesure d'éloignement et la décision fixant le pays de renvoi méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences respectives sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de la décision fixant le pays de renvoi et de rejeter le surplus de ses conclusions.
Il soutient que :
- postérieurement à l'enregistrement de la requête, une autorisation provisoire de séjour a été délivrée à M. C de sorte que les conclusions à fin d'annulation des décisions autres que le refus de séjour sont privées d'objet ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par une décision du 4 février 2022 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 mars 2023 à partir de 9h20 :
- le rapport de M. D ;
- et les observations de Me Perrot, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Le requérant se présente sous l'identité de M. E C. Il indique être un ressortissant de nationalité ivoirienne et être né le 28 mars 1984. Il a déclaré être entré en France au cours du mois de novembre de l'année 2016. La demande d'asile, qu'il a présentée le 12 novembre 2018, a été rejetée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 23 janvier 2020 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 27 août 2020. M. C a, le 9 février 2021, saisi le préfet de la Loire-Atlantique d'une demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire en invoquant les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 23 septembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. M. C demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de la décision fixant le pays de renvoi :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre une décision administrative n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, la décision attaquée est abrogée par l'autorité compétente et si la décision abrogée n'a reçu aucun commencement d'exécution, il n'y a plus lieu pour le juge de statuer sur le mérite du recours pour excès de pouvoir dont il est saisi.
3. Le 6 avril 2022, soit postérieurement à l'enregistrement de la requête de M. C, l'intéressé s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour valable du 8 avril au 7 octobre 2022. La délivrance de cette autorisation a eu pour effet d'abroger l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et la décision fixant le pays de renvoi, lesquelles n'ont reçu aucun commencement d'exécution. Dans ces conditions, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de ces décisions sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions à fin d'annulation du refus de séjour :
En ce qui concerne les moyens de légalité externe :
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ".
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". Selon l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ".
6. L'arrêté du 23 septembre 2021 a été signé, non par le préfet de la Loire-Atlantique, mais "pour le préfet" par Mme B A en qualité de directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Cette dernière bénéficiait, par arrêté de ce préfet, pris le 31 août 2021 et publié le lendemain au recueil des actes administratifs de ce département, d'une délégation à l'effet de signer les arrêtés formalisant les décisions relatives au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
7. En second lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, qui constitue une mesure de police, doit être motivée, c'est à dire comporter l'énoncé, non pas de l'ensemble des éléments soumis à l'examen de l'autorité ayant pris cette décision, mais uniquement des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
8. Il ressort de la lecture de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 23 septembre 2021 qu'il vise les dispositions citées au point 4 et qu'il expose les raisons pour lesquelles cette autorité a estimé que M. C ne pouvait se voir délivrer aucune des cartes de séjour temporaire qui y sont mentionnées, en relevant qu'il ne justifiait d'aucun motif exceptionnel ou considération humanitaire, en précisant les éléments de la situation personnelle de l'intéressé qu'elle a retenus pour porter cette appréciation, et en ajoutant que l'intéressé n'établissait pas, compte tenu des données ressortant des documents d'état civil produits, son identité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens de légalité interne :
9. En premier lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 23 septembre 2021 que, pour estimer que le demandeur du titre de séjour ne justifiait pas de son identité et qu'il avait procédé à des manœuvres frauduleuses en vue d'obtenir un droit au séjour, cette autorité a relevé, en s'appuyant sur un courriel du 6 juillet 2021, du service d'expertise en fraude documentaire de la police aux frontières, que l'extrait du registre des actes d'état civil produit par le demandeur était "très probablement falsifié au niveau de l'année de naissance et () irrecevable au regard du droit local" dès lors que "le fond d'impression du document est altéré et que les mots 'vingt-quatre' ne sont pas alignés avec le reste de la ligne", que "la date d'enregistrement a été faite le 30/12/1985 au regard de la loi 84/1243 ce qui n'est pas conforme aux articles 2 et 12 de la ladite loi" et que "édicté en 2015, l'acte ne respecte pas les articles 24 et 42 du code civil ivoirien".
10. Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil, auxquelles renvoient celles inscrites à l'article L. 811-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un tel acte, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
11. Il ressort de la motivation du refus de séjour et des termes du mémoire en défense que, pour remettre en cause la force probante de l'extrait du registre des actes de l'état civil produit par M. C, le préfet de la Loire-Atlantique s'est exclusivement appuyé sur les conclusions du service en fraude documentaire de la police aux frontières présentées dans un courriel du 6 juillet 2021 aux termes duquel ce service "note une très forte probabilité de Falsification de l'année de naissance" dès lors que "le fond d'impression du document semble être altéré", et relève que "les mots 'vingt-quatre' non alignés avec le reste de la ligne viennent corroborer ces constatations", que "la date d'enregistrement a été faite le 30/12/1985 au regard de la loi 84/1243" de sorte que "l'acte n'est () pas conforme à l'art 2 et 12 de la dite loi", que "édicté en 2015, cet acte ne respecte pas les articles 24 et 42 du code civil ivoirien" et que "la production original de ce document est impératif pour écarter le caractère illégal qui est fortement probable" en ajoutant que "dans le cas contraire, il restera irrecevable au regard du droit local".
12. À supposer même que le caractère altéré du fond d'impression du document soumis à l'examen du service en fraude documentaire de la police aux frontières puisse permettre de remettre en cause la force probante des mentions qu'il contient, il ressort des termes du courriel évoqué au point 11 que l'examen de l'authenticité formelle de l'extrait du registre des actes de l'état civil produit par M. C n'a pas été conduit à partir de l'original de cet extrait présenté par l'intéressé à l'appui de sa demande de titre de séjour de sorte que l'argument du caractère altéré du fond d'impression doit être en tout état de cause écarté. Par ailleurs, si la rédaction en toutes lettres de la date de naissance mentionnée sur l'extrait du registre des actes de l'état civil a conduit à ne pas aligner le terme "quatre", dernier chiffre de l'année de naissance qui y est indiquée, avec les autres termes composant cette date de naissance, le courriel précité n'explique pas en quoi cette circonstance constituerait une anomalie formelle. Enfin, comme cela est relevé par M. C, le préfet de la Loire-Atlantique, qui ne produit pas le texte des dispositions de la loi guinéenne évoquées dans le courriel, n'étaye d'aucune précision son allégation relative à l'absence de conformité à ces dispositions de l'extrait du registre des actes de l'état civil. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir qu'en remettant en cause la force probante de l'acte d'état civil qu'il a produit pour estimer qu'il ne justifiait pas de son identité et qu'il avait commis des manœuvres frauduleuses en vue d'obtenir un droit au séjour, le préfet de la Loire-Atlantique a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
13. En deuxième lieu, cette décision est également fondée sur un autre motif tiré de ce que l'admission au séjour de M. C ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas par des motifs exceptionnels.
14. Les énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment celles désormais inscrites à l'article L. 435-1, ne constituent pas des lignes directrices. Elles se bornent à exposer des orientations générales pour l'examen de ces demandes, lesquelles ne peuvent être utilement invoquées devant le juge.
15. Il ressort des pièces du dossier que M. C a régulièrement travaillé, dans un premier temps, comme cueilleur de muguet et maraîcher, pendant quelques jours au cours des mois de mai et de juin de l'année 2019, dans un second temps, comme agent de bio-nettoyage à temps plein au sein du Centre hospitalier universitaire de Nantes à partir du 22 juillet 2019 et pendant la pandémie de Covid-19, lors de laquelle il a été affecté auprès des patients atteints par cette maladie. Cependant, il ressort également des pièces du dossier que les contrats de travail, conclus avec cet établissement pour des durées comprises entre un et trois mois, ont été exécutés jusqu'à la fin du mois de mai de l'année 2021 et que M. C ne justifie pas d'une promesse d'embauche ferme de la part du Centre hospitalier universitaire de Nantes lequel a seulement, le 18 janvier 2021, soit avant même l'expiration du dernier contrat de travail conclu avec l'intéressé, indiqué à ce dernier que "sous réserve du renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour un nouveau remplacement de 6 mois, pourra lui être proposé" de sorte que cet établissement ne lui a donné aucune garantie d'embauche alors même que M. C bénéficierait d'une nouvelle autorisation de séjour. Il ressort encore des pièces du dossier que si trois sœurs de M. C sont en France, l'une ayant la nationalité française, les deux autres y séjournant chacune au moyen d'une carte de résident, sa fille mineure, née le 12 décembre 2008, son frère et sa mère, résident dans son pays d'origine et il ne fournit aucune indication sur la nature et l'étendue de sa relation avec cette enfant. Enfin, si M. C allègue, au titre des considérations humanitaires susceptibles de justifier une admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, encourir des risques en cas de retour en Côte d'Ivoire, il n'apporte pas la moindre précision sur la nature de ces risques, ni en conséquence de justifications quant à leur existence alors qu'il a quitté la Côte d'Ivoire en 2016 et que sa demande d'asile a été rejetée. Au regard de l'ensemble des éléments qui viennent d'être énoncés, le refus de séjour en litige, qui ne peut être regardé, au regard de la motivation de cette décision, comme entaché d'un défaut d'examen, n'est pas davantage entaché d'erreur d'appréciation présentant un caractère manifeste en ce qu'il écarte la mise en œuvre au bénéfice de M. C de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
16. Le motif indiqué au point 13, opposé par le préfet de la Loire-Atlantique, n'est dès lors pas entaché d'illégalité et il résulte de l'instruction que l'autorité préfectorale aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur ce seul motif.
17. En dernier lieu, eu égard, d'une part, à ce qui a été dit au point 15 concernant les attaches familiales que l'intéressé conserve en Côte d'Ivoire, lesquelles ne peuvent être regardées comme étant inférieures à celles dont il dispose en France quand bien même il a quitté ce pays depuis 2016, d'autre part, à l'absence de justification, à la date de la décision attaquée, d'une perspective d'embauche sérieuse, le refus de séjour en litige ne peut être regardé comme méconnaissant, en tout état de cause, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme ne respectant pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et comme étant entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de la décision rejetant sa demande de titre de séjour qui lui a été opposée par le préfet de la Loire-Atlantique le 23 septembre 2021 doivent être rejetées. Doivent être, par voie de conséquence, également rejetées ses conclusions à fin d'injonction. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent aussi être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et la décision fixant le pays de renvoi opposées à M. C.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Anne Perrot.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
D. D
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026