vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL EDEN ROUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 mars 2022 et le 10 octobre 2022, M. B A D et Mme C E, représentés par Me Mahieu, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 16 février 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé la décision du 4 novembre 2021 de l'autorité consulaire française à Tunis (Tunisie) refusant un visa d'entrée et de long séjour à M. A D en qualité de conjoint d'une ressortissante française ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative de délivrer le visa sollicité dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de leur conseil, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de la sincérité et de l'effectivité de leurs liens matrimoniaux ainsi que de leur projet de vie commune ;
- elle a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A D et Mme E ne sont pas fondés.
M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 octobre 2022 :
- le rapport G F,
- les observations de Me Neve, substituant Me Mahieu, représentant M. et Mme A D, et G A D elle-même.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A D, ressortissant tunisien, né le 15 décembre 1992, a épousé, le 6 février 2021 à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), Mme C E, de nationalité française, née le 20 avril 1985. Le 4 novembre 2021, les autorités consulaires françaises en poste à Tunis (Tunisie) ont refusé de délivrer à M. A D le visa de long séjour qu'il sollicitait en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, par une décision du 16 février 2022 rejeté le recours formé contre la décision consulaire et maintenu le refus de visa. M. A D et Mme E demandent au tribunal d'annuler cette décision de la commission de recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en date du 16 février 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le visa de long séjour ne peut être refusé à un conjoint de Français qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public () ". Il appartient en principe aux autorités consulaires de délivrer au conjoint étranger d'un ressortissant français dont le mariage n'a pas été contesté par l'autorité judiciaire le visa nécessaire pour que les époux puissent mener une vie familiale normale. Pour y faire obstacle, il appartient à l'administration, si elle allègue une fraude, d'établir que le mariage a été entaché d'une telle fraude, de nature à justifier légalement le refus de visa. La seule circonstance que l'intention matrimoniale d'un seul des deux époux ne soit pas contestée ne fait pas obstacle à ce qu'une telle fraude soit établie.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande de visa de long séjour présentée par M. A D, la commission de recours s'est fondée sur le motif tiré de ce qu'" il n'a pas été établi que le couple ait un projet concret de vie commune, ni que M. A D, entré irrégulièrement en France en 2018 selon ses déclarations, participe aux charges du mariage alors que son épouse perçoit le revenu de solidarité active (RSA) ". La commission de recours a ainsi estimé que ces éléments constituaient un faisceau d'indices suffisamment précis et concordants attestant du caractère complaisant du mariage, conclu à des fins étrangères à l'institution matrimoniale, dans le seul but de faciliter l'établissement en France du demandeur.
4. Pour établir le caractère complaisant du mariage, le ministre de l'intérieur fait valoir que les époux A D se contredisent sur les circonstances de leur rencontre et ne justifient pas de l'existence d'une vie commune effective avant et après leur mariage. Par ailleurs, il mentionne le fait que le requérant insiste sur " l'envie d'être régularisé " et que les deux précédents conjoint et concubin G E, également en situation irrégulière au moment de leurs relations, ont été régularisés après la naissance des enfants nés respectivement de ces deux relations. Pour justifier de leur " intention matrimoniale et de leur volonté commune de vivre ensemble " après leur mariage le 6 février 2021, les requérants apportent une attestation d'assurance au nom G E délivrée le 22 mars 2021 et mentionnant que le contrat s'étend à M. A D, une attestation EDF le 27 mai 2021 et une copie d'un contrat de location comportant les noms des deux époux avec une prise d'effet au 2 avril 2021. Par ailleurs, ils soutiennent qu'ils ont fait connaissance " en 2020 sur les réseaux sociaux " et que leurs échanges par messagerie instantanée auraient continué après le départ de M. A D en Tunisie en juin 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les requérants n'apportent que des éléments peu précis sur les circonstances de leur rencontre ainsi que sur la date exacte du début de leur relation avant leur mariage. Les attestations de proches peu circonstanciées qui attestent principalement que le mariage a été célébré en 2021, les photographies du couple prises selon eux lors d'un voyage récent G E le 22 mai 2022 postérieurement à la date de la décision attaquée, ainsi que les échanges les réseaux sociaux ne suffisent pas à démontrer la sincérité et l'effectivité de leurs liens matrimoniaux ainsi que leur projet de vie commune. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve du caractère complaisant du mariage entre M. A D et Mme E épouse A D. Par suite, quand bien même ce mariage n'a pas fait l'objet d'une opposition par le procureur de la République, la commission de recours n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit ni d'une erreur d'appréciation en refusant, pour le motif exposé au point précédent, de délivrer le visa sollicité.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A D et Mme E doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D et Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D, Mme C E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
M. Rosier, premier conseiller,
Mme Roncière, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2022.
Le rapporteur,
M.-A. RONCIERE
Le président,
H. DOUET
Le greffier,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026