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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2203011

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2203011

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2203011
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantPHILIPPON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2022, M. A B, représenté par Me Philippon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de cinq jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;

3°) de lui enjoindre de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'au rétablissement des liaisons lui permettant de regagner volontairement son pays ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée de vices de procédure ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et porte atteinte au principe constitutionnel de dignité humaine en l'absence de suspension de l'exécution de cette mesure jusqu'au rétablissement des liaisons internationales ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant :

Sur les décisions fixant le délai de trente jours et le pays de destination :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 avril 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, modifié ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sainquain-Rigollé,

- et les observations de Me Philippon, avocat de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant albanais né le 13 février 1982, a déclaré être entré irrégulièrement avec son épouse et leurs quatre enfants en France le 24 octobre 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 30 avril 2019, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 22 novembre 2019. Sa demande de réexamen auprès de l'OFPRA a été déclarée irrecevable le 10 février 2020. Par un arrêté du 29 juin 2020, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté a été annulé par un jugement n° 2006621 du 2 mars 2021 du tribunal de céans. M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 17 février 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à cette demande, assorti ce rejet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'échéance de ce délai.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté du 31 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 1er septembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à M. C, adjoint à la directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique et signataire de la décision attaqué, à l'effet de signer toutes décisions individuelles relevant des attributions de la direction des migrations et de l'intégration, auxquelles appartiennent les décisions portant refus de titre de séjour, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, directrice. Si le requérant établit que cette dernière n'était pas absente le 17 février 2022 dès lors qu'elle a signé le même jour un arrêté obligeant son épouse à quitter le territoire français, cette seule circonstance ne saurait établir que Mme D n'était pas empêchée lors de la signature de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis () au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " () Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application des dispositions précitées : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

4. Le préfet de la Loire-Atlantique produit l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII relatif à l'état de santé du requérant, établi selon le modèle figurant à l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016, ainsi que le bordereau de transmission signé pour le directeur général de l'OFII. Il ressort de ces éléments que l'avis du collège de trois médecins du service médical de l'OFII a été rendu le 9 septembre 2021 par les trois praticiens, docteurs en médecine et régulièrement désignés, que mentionne cet avis et sur le rapport d'un autre médecin, régulièrement désigné, établi le 26 août 2021 et transmis au collège de médecins le 30 août 2021, soit en temps utile afin de permettre à celui-ci de se prononcer sur la situation de l'intéressé. Cet avis comporte les mentions " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " qui établissent, sauf preuve contraire non rapportée, son caractère collégial. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le médecin ayant rédigé le rapport médical n'était pas au nombre des trois médecins formant ce collège. Enfin, il ressort des termes de l'avis du collège de médecins émis sur la demande de titre de séjour de M. B qu'il comporte tous les éléments de motivation prévus par les dispositions précitées et nécessaires à l'édiction de la décision attaquée. Ainsi et alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de communiquer à l'étranger l'avis du collège de médecins émis dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

5. En troisième lieu, la seule circonstance que la décision attaquée ait été édictée six mois après l'avis du collège de médecins de l'OFII ne saurait, à elle seule, suffire à caractériser un défaut d'examen sérieux alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que des éléments nouveaux d'ordre médical auraient dûment été portés à la connaissance du préfet de la Loire-Atlantique après l'avis du 9 septembre 2021.

6. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance du titre de séjour qu'elles prévoient, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'OFII, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'étranger, et en particulier d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'étranger, l'autorité administrative ne peut également refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptées, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si cet étranger peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

8. Pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé, le préfet de la Loire-Atlantique s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 9 septembre 2021, selon lequel l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité.

9. Le requérant se prévaut à l'appui de sa demande de titre de séjour des conséquences physiques et psychiques d'un accident de la route subi le 6 février 2020. Il ressort des pièces du dossier que cet accident a causé une fracture de son fémur gauche ayant nécessité une intervention chirurgicale réalisée le même jour, entraîné une incapacité temporaire totale de quarante-cinq jours et des douleurs invalidantes persistantes. Il a également été pris en charge par un centre médico-psychologique le 25 novembre 2020 et les 6 janvier, 10 février et 10 mars 2021 eu égard à un état de stress en lien avec l'accident et s'est vu prescrire du Xanax à la suite de ce dernier, puis de la Mirtazapine à partir du 25 novembre 2020 associée à du Lysanxia depuis le 5 janvier 2022. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état physique de M. B nécessite un traitement autre que la prise d'antidouleur. S'agissant de son état psychique, par un certificat médical établi le 23 mars 2022, révélant toutefois un état de fait antérieur, la psychiatre suivant régulièrement en consultation M. B depuis le 25 novembre 2020 a précisé qu'il présente un état anxiodépressif réactionnel à sa situation sociale et nécessite un traitement antidépresseur et anxiolytique. Si elle précise également que l'arrêt de son traitement " pourrait s'accompagner d'une majoration des symptômes anxieux et dépressifs et d'un risque de mise en danger (risque de passage à l'acte autoagressif) ", le certificat ne comprend aucune précision quant à la réalité de ce risque alors qu'un tel risque ne ressort d'aucune autre pièce du dossier. Par suite, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la méconnaissance de ces dispositions doivent être écartés.

Sur la légalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'illégalité de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

11. En deuxième lieu, l'épouse de M. B n'a pas vocation à se maintenir sur le territoire français, son recours à l'encontre de l'arrêté du 17 février 2022 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ayant été rejeté par un jugement n° 2203010 du 8 juin 2022 du tribunal de céans. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans le pays d'origine du requérant, où il a vécu trente-six ans et où sont nés quatre de ces cinq enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

12. En troisième lieu, la décision attaquée prévoit que M. B est obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à compter du rétablissement des liaisons terrestres, maritimes ou aériennes pour rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout pays dans lequel il est légalement admissible. En tout état de cause, le requérant, qui ne justifie plus du droit de se maintenir sur le territoire français, n'est pas fondé à soutenir qu'en ne lui accordant pas une autorisation provisoire de séjour jusqu'au rétablissement des liaisons entre la France et l'Albanie, le préfet aurait entaché sa décision attaquée d'une erreur de droit ni porté atteinte au principe constitutionnel de dignité humaine en ne l'autorisant pas à travailler jusqu'à ce qu'il existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation de quitter le territoire français.

Sur la légalité des décisions fixant un délai de trente jours et le pays de destination :

13. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité dirigé contre les décisions attaquées doit être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 17 février 2022. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Philippon.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Giraud, président,

Mme Le Lay, première conseillère,

Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

H. SAINQUAIN-RIGOLLÉ

Le président,

T. GIRAUD

La greffière,

C. GENTILS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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