mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2203279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LARGY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mars 2022 et 27 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Largy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 février 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de faire droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans le délai d'une semaine suivant la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, subsidiairement, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Largy en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la circulaire du 7 octobre 2008 relative aux " étudiants étrangers - appréciation du caractère réel et sérieux des études ", dès lors qu'elle justifie d'un parcours sérieux et cohérent ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les observations de Me Largy, avocate de Mme B, en présence de celle-ci.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante gabonaise née le 18 mars 2001, est entrée sur le territoire français le 12 septembre 2019 munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant, valable jusqu'au 10 septembre 2020. Son titre de séjour a été renouvelé jusqu'au 30 septembre 2021. Elle a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Sa demande a été rejetée par arrêté du 9 février 2022, portant en outre obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Par sa requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité de la décision portant refus de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études.
3. Pour refuser de renouveler le titre de séjour " étudiant " de Mme B, le préfet de la Loire-Atlantique a considéré que les deux échecs successifs et les réorientations de l'intéressée depuis son arrivée sur le territoire national, ne lui permettent pas de démontrer le caractère réel et sérieux de son parcours d'études.
4. En premier lieu, Mme B invoque la méconnaissance d'une circulaire du 7 octobre 2008 relative aux étudiants étrangers. Elle ne peut toutefois utilement se prévaloir des orientations générales de cette circulaire du ministre de l'intérieur, relative aux conditions d'examen des demandes de titres de séjour mention " étudiant " déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui ne constituent pas des lignes directrices opposables à l'administration.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B était inscrite en première année de licence " économie et gestion " au cours de l'année 2019-2020. Elle a été ajournée avec une moyenne de 7,51 sur 20 et a suivi, l'année suivante, une formation de technicien supérieur du transport aérien et maritime de marchandises. Elle n'a pas validé sa formation. Elle s'est ensuite inscrite, au cours de l'année universitaire 2021-2022, en BTS " gestion des transports et logistique associée ". Si Mme B se prévaut, pour expliquer ces échecs, de la crise du coronavirus puis du décès de son père survenu en avril 2021, il ne résulte pas des pièces produites au dossier, que son échec en première année de licence puis à la formation de technicien supérieur du transport aérien et maritime de marchandises résulterait de ces seules circonstances. Dans ces conditions, en dépit des résultats convenables obtenus au cours du premier trimestre du BTS " gestion des transports et logistique associée " dans lequel elle s'est réorientée pour cette troisième année d'études supérieures, Mme B qui n'a validé aucune de ses années d'études à la date de la décision attaquée et a entrepris chaque année une nouvelle formation, n'a pas justifié d'une progression suffisante dans ses études. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait commis une erreur d'appréciation quant au caractère sérieux de son parcours d'étude. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :
6. L'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, que Mme B invoque par voie d'exception à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Largy et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026