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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2203307

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2203307

mardi 2 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2203307
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELARL GOMOT JOSSET HERMOUET

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2203307 le 14 mars 2022, Mme D A, représentée par Me Josset, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2022 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de la munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant du moyen commun aux décisions attaquées :

- il n'est pas établi que l'arrêté a été signé par une autorité compétente ;

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle, faute pour le préfet d'avoir examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est de ce fait entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 avril 2022, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

II. Par une requête enregistrée sous le n° 2203308 le 14 mars 2022, M. B A, représenté par Me Josset, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2022 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant du moyen commun aux décisions attaquées :

- il n'est pas établi que l'arrêté a été signé par une autorité compétente ;

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle, faute pour le préfet d'avoir examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée de ce fait d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 avril 2022, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Mme A et M. A ont été admis à l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 10 mai 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thierry, conseillère,

- et les observations de Me Hermouet, substituant Me Josset, représentant M. et Mme A, en présence de M. et Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°s 2203307 et 2203308, présentées respectivement par Mme D A et M. B A, sont relatives à la situation d'un couple marié de ressortissants albanais, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions semblables compte tenu de l'argumentation développée. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Mme D A et son époux, M. B A, ressortissants albanais nés respectivement les 12 octobre 1970 et 2 février 1980, sont entrés en France le 1er avril 2019 accompagnés de leur fils C, né en 2009. Leurs demandes de reconnaissance du statut de réfugié ont été rejetées par deux décisions du 11 janvier 2021 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par deux arrêtés du 19 février 2021, le préfet de la Vendée leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai, en application du 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. La légalité de ces décisions a été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes n°s 21NT03402, 21NT03403, annulant les deux jugements du 9 novembre 2021 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes, lesquels avaient annulé les arrêtés en litige et enjoint au préfet de la Vendée de réexaminer la situation des requérants. Le 22 juillet 2021, Mme A a sollicité du préfet de la Vendée la délivrance d'un titre séjour et a renouvelé cette demande le 27 décembre 2021. M. A a, quant à lui, présenté une première demande de titre de séjour le 27 décembre 2021. Ces demandes ont été rejetées par deux arrêtés du 2 février 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office lorsque le délai sera expiré. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées :

3. Les arrêtés attaqués ont été signés par Mme Tagand, secrétaire générale de la préfecture de la Vendée. Par arrêté du 27 décembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 199 du 31 décembre 2021, le préfet de la Vendée lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués manque en fait et doit être écarté.

Sur la légalité des décisions portant refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, d'une part, il ressort des pièces des dossiers que la demande de titre de séjour initialement présentée par Mme A le 22 juillet 2021 à la préfecture de la Vendée, puis renouvelée le 27 décembre 2021, est motivée par des considérations tenant aux menaces pesant sur la sécurité de sa famille en Albanie et à la circonstance qu'elle souhaite travailler en qualité d'agent de restauration et d'entretien au sein du groupe scolaire Moulin Rouge à La Roche-sur-Yon, produisant ainsi à l'appui de cette demande d'admission au séjour une promesse d'embauche émanant de cet établissement. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour présentée par M. A le 27 décembre 2021 est également motivée par des considérations tenant à la sécurité de sa famille qui n'est pas garantie dans son pays d'origine et à la circonstance qu'il souhaite obtenir un titre de séjour pour pouvoir travailler régulièrement en France. Dans ces conditions, en regardant les demandes de titre de séjour en cause comme présentées sur le seul fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après avoir relevé que les intéressés ne pouvaient justifier d'un visa de long séjour leur permettant de travailler en France, le préfet de la Vendée n'a pas entaché les décisions attaquées d'un défaut d'examen sérieux de la situation personnelle des requérants. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'un défaut d'examen faute pour le préfet d'avoir examiné la situation des requérants sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Il en va de même, par conséquent, du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de ce même article.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

6. Il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité caractérisée par des difficultés de recrutement et figurant sur la liste établie au plan national par l'autorité administrative, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il lui appartient d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément sur la situation personnelle de l'étranger, tel que, par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

7. M. et Mme A font valoir, d'une part, qu'ils résident en France depuis le 1er avril 2019 et qu'une de leurs filles séjourne légalement sur le territoire français en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire. Toutefois, le séjour des requérants en France, d'une durée d'à peine trois ans à la date des décisions attaquées, est récent et la circonstance que leur fille, majeure, séjourne régulièrement sur le territoire et avec laquelle ils ne justifient pas, au demeurant, entretenir des liens particuliers, ne constitue pas un motif humanitaire ni ne saurait suffire à justifier de motifs exceptionnels de nature à leur ouvrir droit à une admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. La circonstance que leur fils C est scolarisé en France depuis leur arrivée ne saurait davantage constituer un tel motif. En outre, il est constant que M. et Mme A ont vécu en Albanie jusqu'à l'âge de quarante-huit ans et trente-neuf ans et qu'ils ne sont pas dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine. D'autre part, s'ils soutiennent que Mme A est insérée professionnellement dès lors qu'elle a été engagée à temps plein en qualité d'adjointe technique contractuel par la mairie de La-Roche-sur-Yon au sein du service de gestion scolaire de janvier à juillet 2021 et qu'elle bénéficie désormais d'une promesse d'embauche pour ce même emploi, ces circonstances ne suffisent pas à justifier de motifs exceptionnels de nature à leur ouvrir droit à une admission exceptionnelle au séjour. Dans ces conditions, le préfet de la Vendée, en refusant de délivrer à M. et Mme A les titres de séjour sollicités, n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, en application des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la motivation des obligations de quitter le territoire français contenue dans les arrêtés du 2 février 2022 se confond avec celle des refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement. Or, ces arrêtés visent les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquels ils ont été pris, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que la convention internationale des droits de l'enfant et mentionnent les éléments de fait propres à la situation personnelle des requérants. Par suite, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation.

9. En deuxième lieu, l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui été dit précédemment, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions, que M. et Mme A invoquent à l'encontre des décisions les obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

10. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions attaquées n'auraient pas été précédées d'un examen particulier de la situation de M. et Mme A.

11. En quatrième et dernier lieu, M. et Mme A n'établissent pas être dépourvus de toute attache familiale dans leur pays d'origine dans lequel ils ont vécu chacun respectivement jusqu'à l'âge de quarante-huit ans et trente-neuf ans. Si l'un des enfants du couple est actuellement scolarisé en France au collège, il pourra toutefois continuer une scolarité normale dans son pays d'origine où la cellule familiale a vocation à se reconstituer. Par ailleurs, si l'une des filles majeures des requérants réside régulièrement en France et ne peut se rendre en Albanie en raison de la protection subsidiaire qu'elle a obtenue en France, il sera loisible aux requérants de venir rendre visite à cette dernière en France. Dans ces conditions, en obligeant M. et Mme A à quitter le territoire français, le préfet de la Vendée n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elles sont suffisamment motivées.

13. En deuxième lieu, l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui été dit précédemment, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions, que M. et Mme A invoquent à l'encontre des décisions fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.

14. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

15. M. et Mme A soutiennent qu'ils sont exposés à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Albanie en raison d'un différend avec l'employeur de M. A relatif à une dette non soldée, lequel aurait été à l'origine d'une violente agression de Mme A le 10 janvier 2019, commise par un homme de main de l'employeur de son époux. Toutefois, la circonstance qu'un médecin atteste de la compatibilité de la cicatrice abdominale que Mme A présente avec ce récit ne peut suffire à justifier de la réalité des risques invoqués, alors, notamment, que leurs demandes d'asile ont été rejetées. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme A ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et leurs demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°s 2203307 et 2203308 de Mme A et M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à M. B A, à Me Josset et au préfet de la Vendée.

Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Livenais, président,

Mme Rosemberg, première conseillère,

Mme Thierry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.

La rapporteure,

S. THIERRYLe président,

Y. LIVENAISLe greffier,

E. LE LUDEC

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°s 2203307, 2203308

ell

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