mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2203602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | LE BROUDER |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 mars et 15 novembre 2022 sous le n°2203602, M. D G A et M. E G A, représentés par Me Le Brouder, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 23 février 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Rabat (Maroc) refusant de délivrer à M. E G A un visa de long séjour en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de faire délivrer le visa sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande de visa, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de la décision consulaire ;
- cette décision ainsi que la décision de la commission sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation concernant la qualité d'ascendant à charge du demandeur de visa ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
II- Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 mars et 15 novembre 2022 sous le n°2203603, M. D G A et Mme C B, représentés par Me Le Brouder, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 23 février 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Rabat (Maroc) refusant de délivrer à Mme B un visa de long séjour en qualité d'ascendante à charge d'un ressortissant français ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de faire délivrer le visa sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande de visa, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de la décision consulaire ;
- cette décision ainsi que la décision de la commission sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation concernant la qualité d'ascendant à charge de la demandeuse de visa ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F,
- les conclusions de M. Barès, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Brouder, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2203602 et n°2203603 concernent des demandes de visa déposées par les membres d'une même famille, ont le même objet et ont donné lieu à une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre afin d'y statuer par un seul jugement.
2. M. E G A et Mme B, ressortissants marocains, ont déposé une demande de visa de long séjour en qualité d'ascendants à charge d'un ressortissant français auprès de l'autorité consulaire française à Rabat, laquelle a rejeté leurs demandes. Le recours formé contre ces refus consulaires devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a été rejeté par une décision implicite née le 23 février 2022, laquelle, en application des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s'est substituée aux décisions consulaires. Les requérants doivent donc être regardés comme demandant l'annulation de la seule décision du 23 février 2022, et les moyens de leurs requêtes doivent, en tant qu'ils sont dirigés contre les décisions consulaires, être écartés comme inopérants.
3. En premier lieu, la commission de recours a indiqué, dans l'accusé de réception adressé au conseil des requérants, qu'en l'absence de réponse expresse à leur recours dans un délai de deux mois, ledit recours sera réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux des décisions contestées. Or ces deux décisions consulaires visent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et retiennent les motifs suivants : " vous ne justifiez pas être à la charge de votre enfant de nationalité française ou de son conjoint " et " les informations communiquées pour justifier les conditions du séjour sont incomplètes et/ou ne sont pas fiables ". Si ce second motif n'est assorti d'aucun détail sur les raisons pour lesquelles les conditions du séjour ont été estimées incomplètes et/ou non fiables, cette motivation doit néanmoins, compte-tenu du premier motif qui est suffisamment précis, être considérée comme suffisante. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir, à l'appui du recours dirigé contre une décision de refus de visa d'entrée en France, des dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel est relatif à la délivrance d'une carte de résident.
5. En troisième lieu, lorsqu'elles sont saisies d'une demande tendant à la délivrance d'un visa de long séjour par une personne étrangère faisant état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français ou de son conjoint étranger, les autorités diplomatiques ou consulaires peuvent légalement fonder leur décision de refus sur la circonstance que le demandeur ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
6. Si les requérants soutiennent que M. D G A, fils des demandeurs de visa, leur adresse mensuellement la somme de 300 euros chacun et a déclaré à l'administration fiscale le versement d'une pension à ses parents d'un montant de 7 200 euros en 2020, il ressort des pièces du dossier que M. E G A perçoit mensuellement une pension de retraite s'élevant à 8 682 dirhams, soit 800 euros environ, montant plus de deux fois supérieur au salaire moyen au Maroc. Les éléments produits par les requérants, à savoir notamment des factures relatives aux dépenses de santé des demandeurs de visa, pour un montant d'environ 11 000 dirhams sur une année et à une intervention ponctuelle pour un montant de 3 000 euros, ne suffisent pas à établir que leurs ressources propres ne leur permettraient pas de subvenir à leurs besoins de la vie courante dans des conditions décentes. Dès lors, l'administration n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que les demandeurs de visa ne pouvaient être considérés comme étant à la charge de leur fils français, eu égard aux ressources propres dont ils disposent, quand bien même ce dernier leur adresse régulièrement de l'argent en complément. Il résulte de l'instruction que la commission aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
7. En dernier lieu, il n'est pas sérieusement démontré que le fils des demandeurs de visa ne pourrait pas venir leur rentre visite au Maroc, et réciproquement, M. E G A et Mme B s'étant d'ailleurs vu délivrer des visas de court séjour circulation valables du 31 août 2022 au 30 août 2024. Dans ces conditions, les circonstances que ces derniers disposeraient de l'essentiel de leurs attaches familiales en France, et que leur fille y résidant rencontre des difficultés pour faire garder son enfant en bas âge, ne suffisent pas à établir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée. Leurs requêtes ne peuvent donc qu'être rejetées en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2203602 et 2203603 de M. D G A, M. E G A et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D G A, M. E G A, Mme C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Guilloteau, conseiller,
Mme Louazel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le rapporteur,
T. F
La présidente,
S. RIMEU
La greffière,
S. LE DUFF
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2,2203603
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026