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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2203705

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2203705

mardi 14 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2203705
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP BOUYSSOU ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 mars 2022, le 29 juillet 2022 et le 29 novembre 2022, Mme C E, représentée par Me Halgand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2021 par laquelle le maire de Saint-Nazaire a délivré à la société Imodeus Invest un permis de construire deux bâtiments d'habitat collectif pour un total de 29 logements sur les parcelles cadastrées section BT n°426, 427, 448, 449, 450, 451 situées au 19 bis rue Albert D et 31 rue Paul Bert, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Nazaire une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en méconnaissance de des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il est incomplet en méconnaissance du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme ;

-il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

-il méconnaît les dispositions de l'article UAb 3.1.2 du règlement du PLUi relatif à l'implantation des constructions ;

-il méconnaît les dispositions de l'article UAb 3.1.3.1 du règlement du PLUi relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives latérales ;

-il méconnaît les dispositions de l'article UAb 3.2.1 du règlement du PLUi relatif à l'intégration des constructions dans leur environnement ;

-il méconnaît l'article UAb 3.2.2 du règlement relatif aux balcons et aux toitures.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, la commune de Saint-Nazaire conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence de notification du recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés le 15 juin 2022 et le 25 octobre 2022, la société Imodeus Invest, représentée par Me Dunyach, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de la requérante ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un courrier du 27 décembre 2022, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de retenir les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du n) l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, et de surseoir à statuer sur la requête dans l'attente de la régularisation éventuelle de ces vices, sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en observations, enregistré le 27 décembre 2022, la société Imodeus Invest conclut aux mêmes fins.

Elle fait valoir que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du n) de l'article R. 431-16 et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ne sont pas fondés et que les vices tirés du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire et de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 11162 du code de l'urbanisme sont régularisables.

Par un mémoire en observations, enregistré le 2 janvier 2023, Mme E conclut aux mêmes fins.

Elle soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du n) de l'article R. 431-16 et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et que ces vices, qui ont trait à la conception même du projet, qui ne sont pas régularisables sont de nature à entraîner l'annulation des décisions attaquées.

Par un mémoire en observations, enregistré le 4 janvier 2023, la commune de Saint-Nazaire conclut aux mêmes fins.

Elle fait valoir que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du n) de l'article R. 431-16 et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ne sont pas fondés et que les vices tirés du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire et de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme sont régularisables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,

- les observations de Me Halgand, avocat de Mme E,

- et les observations de la société Imodeus Invest.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 30 septembre 2021, le maire de Saint-Nazaire a délivré à la société Imodeus Invest un permis de construire deux bâtiments d'habitat collectif comportant 29 logements sur les parcelles cadastrées section BT n°s 427, 427, 448, 449 450 et 451, classées en zone UAb1 du plan local d'urbanisme intercommunal. Mme E, propriétaire de la parcelle cadastrée section BT n°4 contigüe au terrain d'assiette du projet demande au tribunal l'annulation de ce permis de construire.

Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :

En ce qui concerne l'intérêt à agir de la requérante :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne () n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / (). ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet en cours de construction.

4. La requérante est propriétaire de la maison d'habitation située sur la parcelle contigüe au nord du terrain d'assiette du projet. Elle a ainsi la qualité de voisin immédiat du projet. Par ailleurs, il ressort de la configuration des lieux que le nouveau bâtiment sera visible depuis sa propriété, en dépit de la plantation d'une haie en limite séparative. En outre, compte tenu de l'ampleur du projet, de type R+2+C de 29 logements, avec 12 places de stationnement, le projet, compte tenu des vis-à-vis qu'il crée sur la propriété de la requérante, et des nuisances générées par le trafic, est susceptible d'affecter directement les conditions de jouissance de son bien. Dans ces conditions, la requérante justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir en excès de pouvoir contre le permis de construire attaqué.

En ce qui concerne l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme :

5. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / (). ".

6. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a notifié, par des courriers recommandés du 22 mars 2021, le présent recours tant à la commune de Saint-Nazaire qu'à la société pétitionnaire. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par la commune à raison de la méconnaissance de de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le signataire de l'arrêté attaqué :

7. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 6 juillet 2020, le maire de Saint-Nazaire a donné délégation à M. F A, adjoint aux espaces publics et naturels et à l'aménagement urbain, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les autorisations en matière d'urbanisme. Cet arrêté de délégation a été régulièrement transmis en préfecture et publié. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.

En ce qui concerne la complétude du dossier de demande de permis de construire :

8. En premier lieu, d'une part aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 31-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". L'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () e) le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ".

9. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-27 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction située dans une commune ou une partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instituer le permis de démolir ". Aux termes de l'article R. 431-21 du ce code : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ".

10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. D'une part, la requérante fait valoir que la notice descriptive ne comportait pas une présentation suffisante de l'état initial du site, alors que le terrain d'assiette du projet aurait été précédemment exploité à usage de production et de stockage de gaz et n'aurait fait l'objet d'aucune dépollution. Toutefois, la notice fait état du passé industriel du terrain d'assiette, laissé en friche. D'autre part, contrairement à ce que soutient la requérante, les photographies produites au soutien de la demande permettent d'apprécier l'insertion du projet de construction dans son environnement proche. Enfin, le dossier de demande de permis de construire, qui comprend plusieurs photographies et un plan de masse des constructions à démolir, comporte des indications suffisantes quant aux bâtiment industriel et clôtures devant faire l'objet de démolitions, et par suite répond aux exigences du b) de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, le maire a disposé des éléments utiles pour se prononcer en toute connaissance de cause sur le projet d'urbanisme qui lui était soumis. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions précitées au point 8 auraient été méconnues.

12. En second lieu, aux termes de l'article L. 556-1 du code de l'environnement : " Sans préjudice des articles L. 512-6-1, L. 512-7-6 et L. 512-12-1, sur les terrains ayant accueilli une installation classée mise à l'arrêt définitif et régulièrement réhabilitée pour permettre l'usage défini dans les conditions prévues par ces mêmes articles, lorsqu'un usage différent est ultérieurement envisagé, le maître d'ouvrage à l'initiative du changement d'usage doit définir des mesures de gestion de la pollution des sols et les mettre en œuvre afin d'assurer la compatibilité entre l'état des sols et la protection de la sécurité, de la santé ou de la salubrité publiques, l'agriculture et l'environnement au regard du nouvel usage projeté. / (). ". Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () n) Dans le cas prévu par l'article L. 556-1 du code de l'environnement, un document établi par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain projeté ont été prises en compte dans la conception du projet ".

13. La requérante soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, en l'absence de document établi par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain projeté ont été prises en compte dans la conception du projet dès lors que le terrain d'assiette a accueilli plusieurs installations classées. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section BT n° 0427, qui est incluse dans le terrain d'assiette du projet en litige, a accueilli une activité de stockage de tétrène, autorisée par un arrêté préfectoral du 23 octobre 1973, pour une capacité de 22 m3, activité qui a définitivement cessé mais dont la date de cessation n'est pas autrement précisée. Cette activité relevait du champ des législation et réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le site ayant accueilli cette installation classée alors soumise à autorisation aurait effectivement fait l'objet d'une remise en état ou d'une réhabilitation pour un nouvel usage. Or, il est constant que le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas un document établi par un bureau d'études certifié comme le prévoient les dispositions du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme. D'une part, la circonstance que la date de mise à l'arrêt définitif de cette activité ne soit pas, en l'état du dossier, déterminée, comme celle que la preuve de la réhabilitation du site ne soit pas apportée, alors même qu'il ressort des pièces du dossier que cette activité a définitivement cessé, ne sont pas de nature à exonérer la société pétitionnaire de l'obligation de produire le document prévu au n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme précité, document dont l'absence n'est compensée en l'espèce par aucune autre pièce du dossier de permis de construire. Enfin, la circonstance relevée par la société pétitionnaire que le terrain d'assiette du projet supporte déjà un bâtiment industriel en friche ne la dispensait pas de produire ce document dès lors que l'opération projetée de constructions de logements implique un changement d'usage du terrain d'assiette et qu'il n'est ni établi, ni même allégué que le terrain aurait été remis dans un état compatible avec une telle destination après la mise à l'arrêt définitif de l'installation classée. Il suit de là que la requérante est fondée à soutenir que le permis de construire attaqué a été délivré au vu d'un dossier irrégulièrement composé. Cette irrégularité a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

En ce qui concerne les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) :

14. En premier lieu, aux termes de l'article UAb 3.1.2 du règlement du PLUi : " Dans les zones UAb 1 et UAb 3, tout ou partie des façades des constructions doit s'implanter : soit à l'alignement ou présenter au moins 70% du linéaire cumulé de façade à l'alignement ; soit jusqu'à 5 mètres dudit alignement ". Cet article prévoit également que " lorsque le projet de construction est desservi par deux voies ouvertes à la circulation automobile au moins, l'implantation applicable ne sera imposée que par rapport à l'une ou l'autre voie, en tenant compte de la sécurité d'accès à la parcelle ". Cet article dispose enfin que " des implantations différentes peuvent être imposées ou admises dans les cas suivants : () lorsqu'un projet de construction, pour lequel l'étroitesse de la façade du terrain aboutissant à la voie (" terrain en drapeau ") ou seulement accessible de la voie par servitude à tous usages, ne permet pas de répondre aux reculs édictés précédemment ".

15. Il ressort du plan de masse du projet d'une part que la façade du bâtiment A donnant sur la rue Paul Bert est implantée à l'alignement. D'autre part, en raison de l'étroitesse de la façade du terrain d'assiette donnant sur la rue Albert D, de 5,02 mètres, l'implantation du bâtiment B pouvait, en application des dispositions précédentes, être autorisée, sans être à l'alignement de cette voie. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions précitées de l'article Uab 3.1.2 auraient été méconnues.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article UAb 3.1.3.1 du règlement du PLUi : " Dans les zones UAb 1 et UAb 3, dans une bande de 20 mètres à compter de l'alignement des voies publiques et privées existantes ou à créer et des emprises publiques, les constructions doivent s'implanter : en limites séparatives, ou sur une des deux limites séparatives latérales. En cas d'implantation en retrait, celui-ci doit être au moins égal au tiers de la hauteur maximale des constructions (d= H/3), sans pouvoir être inférieur à 3 mètres. () Dans toute la zone UAb, au-delà de cette bande de 20 mètres, les constructions doivent s'implanter en retrait des limites séparatives en respectant une distance au moins égale à trois mètres ". Au terme du lexique du PLUi, le retrait est défini comme étant " la distance séparant le projet de construction d'une limite séparative (latérale ou de fond de parcelle), et compté horizontalement de tous points de la construction au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapprochée " et la hauteur totale d'une construction comme correspondant " à la différence du niveau entre son point le plus haut et son point le plus bas situé à sa verticale ". Aux termes de l'article UAb 3.1.3.2, " l'implantation des autres constructions par rapport aux limites de fond de parcelle est réglementée de la même façon que l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives latérales ".

17. D'une part, s'agissant de la façade ouest du bâtiment A située dans la bande des 20 mètres, au point à la verticale de la hauteur maximale du volume le plus haut du bâti, de 12,47 mètres, la distance à la limite parcellaire est de 5,78 mètres. Il ressort également du plan de masse et des plans de coupe du projet qu'à la verticale du point de la construction distant de 3,37 mètres de la limite parcellaire, la hauteur du bâtiment est de 9,73 mètres, et qu'à la verticale du point de la construction distant de 3,98 mètres de la limite parcellaire, la hauteur du bâtiment est de 11,73 mètres. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que cette façade du bâtiment ne respecterait pas en tout point la règle de distance prescrite par les dispositions précitées. D'autre part, l'implantation à 3,84 mètres de la limite séparative de l'angle nord-est du bâtiment B, comme la façade sud de ce bâtiment, à 3,06 mètres de cette limite sont situés en dehors de la bande des 20 mètres calculée par rapport à l'alignement des voies. Il en résulte que la requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions précitées auraient été méconnues.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article UAb 3.2.1 du règlement du PLUi : " Les constructions et les clôtures doivent s'intégrer à leur environnement par leur aspect extérieur (implantation, toitures, orientation, échelle, composition, couleurs). Les bâtiments, clôtures, et installations diverses ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'aux perspectives monumentales. L'édification d'une nouvelle construction de composition contemporaine doit être réalisée dans le respect des caractéristiques architecturales et patrimoniales du secteur concerné. Les annexes, extensions et volumes secondaires doivent être composés en harmonie avec la construction principale du secteur concerné. Les annexes, extensions et volumes secondaires doivent être composés en harmonie avec la construction principale et faire l'objet d'une intégration paysagère. Les constructions et les clôtures doivent s'intégrer parfaitement à leur environnement par : la simplicité et les proportions de leurs volumes / le caractère pérenne et la qualité des matériaux utilisés, / l'harmonie des couleurs. Aux termes de l'article UAb 3.2.2. de ce règlement, " sont interdits la fermeture ponctuelle des balcons, balconnets, seuils et loggias existants sauf à proposer un traitement homogène et cohérent de l'ensemble de la façade concernée. Les murs pignons doivent être traités avec le même soin que les façades de la construction ". Cet article comprend également des dispositions spécifiques aux toitures des constructions, suivant lesquelles : " Les nouvelles constructions, présentant une toiture en pente, doivent être recouvertes d'ardoise. Toutefois, les matériaux de couleur similaire peuvent être autorisés. Les toitures en pente des constructions principales doivent comporter deux versants principaux et présenter une pente comprise entre 30° et 45°. () En cas de toiture terrasse, la végétalisation de celle-ci est recommandée. () ".

19. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet qui prévoit également au sud un jardin collectif conséquent et arboré, consiste en l'édification d'un immeuble collectif d'architecture sobre et contemporaine de 29 logements, de type R+2+combles, décomposé en plusieurs ensembles, afin de présenter l'aspect de plusieurs volumes accolés de taille plus réduite, fait appel à des matériaux tels qu'un enduit lisse de teinte blanche, des bardages métalliques en bois et acier galvanisé. Il s'intègre ainsi de façon cohérente et harmonieuse dans un quartier immédiat au passé industriel à l'architecture disparate, comportant déjà des constructions de volume comparable. D'autre part, contrairement à ce que soutient la requérante, le projet ne comporte pas de balcon fermé. Enfin, alors que les dispositions précitées de l'article UAb 3.2.2 n'imposent pas la végétalisation des toits-terrasses, elle n'est pas fondée à soutenir que la couverture de la toiture du dernier niveau par un revêtement d'étanchéité de couleur grise serait contraire à ces dispositions. Par suite, en délivrant le permis de construire contesté, le maire de Saint-Nazaire n'a pas méconnu les dispositions précitées.

20. Il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire attaqué procède d'une méconnaissance des dispositions du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

21. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. "

22. Il résulte de l'instruction que le vice relevé au point du présent jugement tiré de la méconnaissance des dispositions du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme est susceptible d'être régularisé. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées afin de permettre une éventuelle régularisation par la production du document mentionné par ces dispositions et la délivrance d'un permis modificatif qui devra être communiqué au tribunal dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement. Il y a également lieu de réserver le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dans l'attente de la production de ces éléments.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête présentée par Mme E.

Article 2 : La société Imodeus Invest et la commune de Saint-Nazaire devront justifier, dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, de la régularisation, par un permis de construire modificatif, du vice tiré de la méconnaissance des dispositions du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.

Article 3 : Tous moyens et conclusions des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, à la commune de Saint-Nazaire et à la société Imodeus Invest.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. B de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.

La rapporteure,

S. D

Le président,

A. B DE BALEINE La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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