vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2204037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL EDEN ROUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2022, Mme C B et M. A D, représentés par Me Mahieu, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité diplomatique française en Ethiopie refusant de délivrer un visa de long séjour à Mme B au titre de la réunification familiale ;
2°) d'enjoindre à l'administration de délivrer un visa de long séjour à Mme B dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à venir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la SELARL Eden avocats au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, à titre subsidiaire, à leur verser directement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 561-2 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que leur concubinage est suffisamment établi ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de leur situation ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par décision du 12 avril 2022 le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes a admis M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 novembre 2022 :
- le rapport de Mme Chatal, rapporteure,
- et les observations de Me Nève, substituant Me Mahieu, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant somalien né en 1992, a été admis au statut de réfugié par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 3 juillet 2018 et a déclaré à cet organisme être marié à Mme C B depuis le 1er juin 2010. Par leur requête, M. D et Mme B demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours, réceptionné le 30 novembre 2021, contre la décision de l'autorité diplomatique française en Ethiopie du 4 octobre 2021 refusant de délivrer à Mme B un visa de long séjour au titre de la réunification familiale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des écritures du ministre de l'intérieur en défense que la décision de la commission doit être regardée comme étant fondée sur la circonstance que le lien de concubinage entre M. D et Mme B ne peut être regardé comme ayant été suffisamment stable et continu avant l'introduction de la demande d'asile de M. D ni suffisamment continu dans le temps.
3. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; () ".
4. Les requérants produisent à l'appui de leurs écritures un document portant l'en-tête " Federal Republic of Somalia ", le titre " Marriage certificate " et la date du 14 septembre 2020, d'après lequel M. D, résidant en France à la date d'émission du certificat, et Mme B, résidant à Mogadiscio, se sont mariés religieusement le 1er juin 2010 à Mogadiscio devant deux témoins. Par un courrier du 8 février 2019 joint à la requête, l'OFPRA a cependant informé M. D que son mariage au mois de juin 2010 en Somalie n'avait pas été pris en compte au motif qu'il était âgé à la date de la célébration de moins de 18 ans, en contradiction avec la loi somalienne, et qu'en conséquence il était " inscrit sur les listes de contrôle de l'Office en qualité de concubin de Mme C B ". S'il ressort des pièces du dossier que M. D a déclaré son mariage avec Mme B dans son formulaire de demande d'asile au mois de février 2018 ainsi que dans la fiche familiale de référence complétée au mois de juillet 2018 et que M. D, justifie avoir adressé environ une dizaine de virements d'argent à Mme B au cours de l'année 2021, les requérants ne produisent pas d'éléments démontrant la continuité de leurs échanges entre l'année 2010 et le 3 juillet 2018 et ne peuvent donc être regardés comme démontrant l'entretien d'une relation de concubinage suffisamment stable et continue à la date de la demande d'asile en France de M. D. Le moyen de la requête tiré de l'erreur d'appréciation de leur situation au regard des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen de la requête tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
5. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 423-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant relatives à la délivrance d'une carte de résident et non aux conditions d'octroi de visas de long séjour, le moyen de la requête tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.
6. Les requérants ne démontrant pas entretenir à la date de la décision attaquée une relation de concubinage suffisamment stable et ancienne, le moyen de la requête tiré de l'atteinte disproportionnée portée par la décision litigieuse à leur droit au respect de leur vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
7. Enfin, la décision de la commission étant implicite le moyen de la requête tiré du défaut d'examen particulier de la demande de visa de Mme B ne peut qu'être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision refusant de délivrer un visa de long séjour à Mme B au titre de la réunification familiale.
Sur les conclusions accessoires :
9. Le présent jugement rejetant les conclusions principales de la requête, il y a lieu de rejeter par voie de conséquence les conclusions de la requête tendant au prononcé d'une mesure d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à M. A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
M. Rosier, premier conseiller,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
La rapporteure,
A. CHATALLa présidente,
H. DOUETLa greffière,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026