vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2204098 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 mars 2022 et le 2 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Frery, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de rejet du 9 février 2022 de la commission des recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France confirmant la décision du consulat de France à Tunis (Tunisie) en date du 24 novembre 2021 lui refusant un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissante française ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au ministre de l'intérieur de lui délivrer le visa sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au ministre de réexaminer sa demande dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la commission est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision de la commission est entachée d'un défaut d'examen suffisant et particulier ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la décision de la commission a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, de nationalité tunisienne, né le 3 mars 1989 à Le Kef (Tunisie), déclare être entré irrégulièrement en France en 2017 et s'y être maintenu. Le 21 août 2021, il se marie à Lyon avec Mme C E, de nationalité française, née le 4 décembre 1969 à Annecy-le-Vieux avant de regagner la Tunisie le 7 novembre 2021. Le 19 novembre 2021, il sollicite auprès des autorités consulaires françaises de Tunis un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissante française qui lui a été refusé le 24 novembre 2021. Le 23 décembre 2021, il forme un recours auprès de la commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France qui rejette ledit recours par une décision du 9 février 2022. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2.En premier lieu, après avoir visé les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 311-1 et L. 423-1, la décision en litige a relevé les éléments suivants : " () Il n'y a pas de preuves convaincantes du maintien d'échanges réguliers et constants de quelque nature que ce soit (lettres, communications téléphoniques ou informatiques identifiées et datées) entre les époux depuis le mariage. Il n'a pas été établi que le couple ait un projet concret de vie commune, ni que M. B A participe aux charges du mariage selon ses facultés propres tandis que la communauté de vie entre les époux postérieurement à leur mariage ne saurait tenue pour établie par la seule production des justificatifs de voyage en Tunisie le 7 novembre 2021 et une attestation d'hébergement produite par la mère du demandeur. Ces éléments constituent un faisceau d'indices suffisamment précis et concordants attestant d'une absence de maintien des liens matrimoniaux et du caractère complaisant du mariage contracté à des fins étrangères à l'institution matrimoniale, dans le seul but de faciliter l'établissement en France du demandeur ; () ".
3.La lecture de ce qui a été exposé au point précédent permet de considérer que la décision attaquée affiche différentes circonstances de fait, notamment les éléments relatifs à l'appréciation de la sincérité de l'union matrimoniale, et des circonstances de droit tirées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant au requérant de contester utilement la légalité de la décision attaquée, alors même que cette décision ne mentionne pas les dispositions de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation sera écarté.
4.En deuxième lieu, au vu de ce qui vient d'être dit, et de l'ensemble des pièces du dossier, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ne peut être regardée comme n'ayant pas procédé à un examen particulier de ce qui a été soumis à son appréciation.
5.En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le visa de long séjour est délivré de plein droit au conjoint de ressortissant français. Il ne peut être refusé qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public. ". Il appartient en principe aux autorités consulaires de délivrer au conjoint étranger d'une ressortissante française dont le mariage n'a pas été contesté par l'autorité judiciaire le visa nécessaire pour que les époux puissent mener une vie familiale normale. Pour y faire obstacle, il appartient à l'administration, si elle allègue une fraude, d'établir, sur la base d'éléments précis et concordants, que le mariage a été entaché d'une telle fraude, de nature à justifier légalement le refus de visa.
6.Pour établir le caractère complaisant du mariage le ministre fait valoir que le requérant soutient avoir rencontré Mme E à la fin du mois d'octobre 2019 à Lyon, alors qu'il se trouvait en situation irrégulière sur le territoire français, mais qu'aucun élément n'atteste des circonstances du commencement de leur relation. La seule production d'attestations de proches au contenu peu circonstancié et d'un échéancier d'électricité du 21 mars 2021 aux noms des deux époux, ne permet pas de tenir pour établie la réalité de leur cohabitation avant ou après leur mariage, célébré le 21 août 2021, alors même que le requérant déclare avoir emménagé en décembre 2019 au domicile de sa future épouse. L'existence du maintien d'une communauté de vie et d'une intention matrimoniale après son départ pour la Tunisie le 7 novembre 2021 ne ressort ainis pas des pièces du dossier. Ainsi, ni la production de photographies, de quelques captures d'écran d'échanges par SMS et de relevés téléphoniques peu exploitables, ni la circonstance que Mme E s'est rendue en Tunisie du 7 novembre au 4 décembre 2021, ne suffisent à établir la réalité de l'intention matrimoniale alléguée. Enfin, il n'est pas contesté que M. A ne participe pas aux charges du mariage. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme établissant l'existence d'une fraude de nature à justifier légalement, conformément aux dispositions de l'article L. 211- 2- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le refus de visa sollicité. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France aurait commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation en refusant de délivrer le visa sollicité pour les motifs précédemment mentionnés.
7.En quatrième lieu, eu égard au caractère complaisant du mariage, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
8.Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles qu'il présente au titre des frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient
Mme Douet, présidente,
M. Rosier, premier conseiller,
Mme Roncière, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
Le rapporteur,
P. D
La présidente,
H. DOUET
Le greffier,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026