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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2204236

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2204236

mardi 4 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2204236
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationOQTF 6 semaines - 3ème chambre
Avocat requérantPAPINEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er avril et le 5 avril 2022, M. I, représenté par Me Papineau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour en France pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence pour une durée de 6 mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en faveur de son avocat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'erreurs de fait ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que le droit à un recours effectif garanti par les articles 6 et 13 de cette convention ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour en France :

- elle est insuffisamment motivée au regard des quatre critères devant être pris en compte ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, d'erreurs de fait et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- il n'est pas établi qu'il a été signé par une autorité compétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est illégal en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Degommier, président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 septembre 2022 à 11 heures 30 :

- le rapport de M. Degommier, magistrat désigné ;

- les observations de Me Papineau, avocate de M. E qui confirme et développe ses précédentes écritures et les observations de M. E.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant algérien né le 26 octobre 1996, entré en France sous couvert d'un visa de court séjour en 2017, a été interpellé le 29 mars 2022 et placé en garde à vue par les services de police pour conduite de véhicule en ayant fait usage de stupéfiants. Il a fait l'objet, le 30 mars 2022, d'une part, d'un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique portant obligation de quitter le territoire français sans délai, lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et fixant le pays de renvoi et, d'autre part, d'un arrêté l'assignant à résidence pour une durée de 6 mois. M. E demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme F A, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique, habilitée à exercer, en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, et de M. G B, son adjoint, la délégation de signature consentie par le préfet, selon arrêté du 31 août 2021régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Dès lors qu'il n'est ni soutenu ni même allégué que Mme C et M. B n'auraient pas été simultanément absents ou empêchés, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.

3. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte l'énoncé suffisant des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, et mentionne notamment les éléments biographiques, le parcours migratoire et la situation personnelle du requérant. Elle est dès lors suffisamment motivée.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté attaqué, que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E avant de l'obliger à quitter le territoire français. En particulier, le préfet ne s'est pas fondé sur des faits matériellement inexacts en relevant que " l'intéressé déclare être arrivé en France en 2019 ", dès lors que ces propos ont effectivement été tenus par l'intéressé lors de son audition par les services de gendarmerie le 30 mars 2022. Le préfet n'a pas davantage commis d'erreur en affirmant que M. E n'a pas de domicile fixe, dès lors que l'intéressé a déclaré lors de son audition qu'il était hébergé chez son cousin au Loroux-Bottereau et qu'il dormait parfois chez son frère qui réside à Saint-Julien de Concelles. Par suite le moyen tiré du défaut d'examen sérieux, à raison d'inexactitudes de fait, ne peut qu'être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Il est établi par les pièces du dossier que l'intéressé est entré régulièrement sous couvert d'un visa de court séjour en 2017 et s'est maintenu irrégulièrement en France depuis lors. Il a ainsi fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du 13 septembre 2018 ; après avoir déclaré lors de son audition qu'il a quitté la France après cette mesure d'éloignement pour résider en Belgique et revenir en France en 2019, il a indiqué dans ses écritures et reconnu lors de l'audience qu'il s'est maintenu en France en dépit de cette mesure d'éloignement. Il s'est donc bien soustrait à cette obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, M. E déclare avoir un frère en situation régulière en France, être hébergé chez lui ; il indique s'occuper régulièrement des filles de ce dernier. Il a toutefois déclaré devant les services de gendarmerie être également hébergé chez son cousin, ce qu'il a confirmé à l'audience. Ainsi, il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente chez son frère. De plus, l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident toute sa famille et où il a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans. En outre, si le requérant a travaillé occasionnellement sur les marchés puis comme préparateur de commandes, cette activité professionnelle, sans autorisation de travail, demeure précaire et ne lui procure pas de ressources légales. Il est célibataire et sans enfant. Ainsi, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Il n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.

Sur la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

7. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise l'article L.612-2, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel il se fonde et qui dispose que : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Cet arrêté mentionne que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, et a communiqué des renseignements inexacts en usant d'alias. Le préfet a ce faisant suffisamment motivé sa décision.

8. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté attaqué, que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E avant de l'obliger à quitter le territoire français. Et si c'est par erreur qu'il a relevé que l'intéressé est entré irrégulièrement en France, cette erreur doit être regardé comme imputable au seul intéressé qui a déclaré devant les services de gendarmerie qu'il a quitté la France fin 2018 pour la Belgique et est revenu en France en 2019. Par suite le moyen tiré du défaut d'examen et des inexactitudes de fait ne peut qu'être écarté.

9. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été mentionné au point n° 6, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.

10. En quatrième lieu, eu égard à ce qui a été indiqué aux points 2 à 6, M. E n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français le concernant à l'appui de ses conclusions dirigées contre le refus de lui accorder un délai de départ volontaire.

11. En dernier lieu, il ne ressort nullement des pièces du dossier que M. E qui a pu contester en temps utile l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise à son encontre, aurait été privé de son droit à un recours effectif en violation des articles 6 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

12. D'une part, eu égard à ce qui a été indiqué au point 2, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.

13. D'autre part, eu égard à ce qui a été indiqué aux points 2 à 6, M. E n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français le concernant à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour en France :

14. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise expressément les articles L. 612-6 à L. 612-11, L. 613-2, L. 613-5, L. 613-7, L. 613-8 du CESEDA concernant l'interdiction de retour. Il mentionne notamment que l'intéressé déclare être arrivé en France en 2019, qu'il est célibataire, sans enfant, sans ressources légales et sans domicile fixe et qu'il ne justifie pas avoir d'attaches personnelles et familiales suffisamment intenses et stables en France et n'établit pas en être dépourvu dans son pays d'origine où réside toute sa famille, où il a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans, et où il a toutes ses attaches culturelles et linguistiques, qu'il a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement le 13 septembre 2018 à laquelle il n'a pas déféré volontairement, que l'intéressé est défavorablement connu des services de police pour violences sur une personne chargée de mission de service public suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours le 12 septembre 2018 et pour une conduite d'un véhicule en ayant fait usage de produits stupéfiants le 29 mars 2022. Cette motivation, qui témoigne de la prise en compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français, est suffisante, de sorte que le moyen doit être écarté.

15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 6 que le moyen tiré par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que M. E invoque à l'encontre de la décision portant interdiction de retour, ne peut qu'être écarté.

16. En troisième lieu, il ressort notamment des mentions de l'arrêté attaqué et de ce qui a été indiqué au point 4, que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E avant de prononcer l'interdiction de retour. Si le préfet a indiqué par erreur que l'intéressé a fait l'objet de " plusieurs " mesures d'éloignement, au lieu d'une seule, cette erreur matérielle n'a pas eu d'incidence sur l'appréciation à laquelle s'est livrée le préfet. Et si M. E conteste les faits de violences sur une personne chargée de mission de service public suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours, il a reconnu devant les services de gendarmerie avoir conduit un véhicule en ayant fait usage de stupéfiants, circonstance de nature à caractériser à elle seule une menace pour l'ordre public. Par suite le moyen tiré du défaut d'examen et des erreurs de fait ne peut qu'être écarté.

17. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui a été mentionné au point n° 6, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.

Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté pour les motifs mentionnés au point 2 du présent jugement.

19. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles L.730-1, L.730-2, L.731-3 à L.731-5, L.732-1 à L.732-9, L.733-1 à L.733-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, il rappelle l'arrêté du 30 mars 2022, notifié le même jour portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, il mentionne le fait que M. E est dépourvu de document d'identité et de voyage, qu'il est nécessaire d'obtenir un laissez-passer et de prévoir l'organisation matérielle de son départ, et que les circonstances exceptionnelles liées à l'épidémie de Covid 19 et de la fermeture des frontières, l'intéressé ne peut retourner immédiatement dans son pays d'origine. Cette décision est ainsi suffisamment motivée.

20. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 6 que le moyen tiré par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que M. E invoque à l'encontre de la décision portant assignation à résidence, ne peut qu'être écarté.

21. En quatrième et dernier lieu, les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des articles L. 573-2, L. 751-2 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, à savoir s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence. M. E, dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, est assigné à résidence pour une durée de six mois dans le département de la Loire-Atlantique, qu'il ne peut quitter sans autorisation et doit se présenter tous les lundis de chaque semaine, entre huit heures et neuf heures, aux services de gendarmerie du Loroux-Bottereau, commune dans laquelle il a déclaré être hébergé au moins occasionnellement par son cousin. M. E ne justifie d'aucune circonstance particulière démontrant que ces mesures seraient injustifiées et disproportionnées, alors même qu'il serait hébergé également chez son frère dans la commune, de Saint-Julien de Concelles, éloignée de 5 km seulement de celle du Loroux-Bottereau. Il ne peut se prévaloir utilement des contraintes liées à son activité professionnelle, qui est de son propre aveu, précaire. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée du 30 mars 2022, les circonstances exceptionnelles liées à l'épidémie de Covid 19 et la fermeture des frontières, mentionnées par le préfet dans sa décision, auraient été erronées. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'absence d'examen particulier doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués du 30 mars 2022. Par suite, sa requête, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. I, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Papineau.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

S. DEGOMMIERLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre

les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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