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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2204278

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2204278

vendredi 23 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2204278
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantKADIMA KANDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 avril 2022, M. A J, représenté par Me Kadima Kandé, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 des autorités consulaires françaises à Kinshasa (République démocratique du Congo) et la décision implicite née le 26 mars 2022 par laquelle la commission de recours contre la décision de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision des autorités consulaires françaises à Kinshasa (République démocratique du Congo) refusant de délivrer à Mme G M C, à la jeune D A B et à l'enfant Andréa A I des visas de long séjour en qualité de membres de famille de réfugié statutaire ;

2°) d'enjoindre aux autorités consulaires de délivrer les visas de long séjour sollicités dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision consulaire n'est pas motivée ;

- les autorités consulaires n'ont pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A J ne sont pas fondés.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A J, ressortissant congolais né le 30 mai 1980 à Kinshasa (République démocratique du Congo), s'est vu reconnaître en France la qualité de réfugié le 8 avril 2016 par la Cour nationale du droit d'asile. Il déclare être père de trois enfants issus de son union avec Mme G M C, née le 5 septembre 1984 à E : la jeune D A B, les enfants K A C et L A J, ressortissants congolais nés respectivement le 9 juin 2004, le 9 mars 2012 et le 8 octobre 2013. Il se déclare également père d'un quatrième enfant issu de son union avec Mme H I, l'enfant Andréa A I, de nationalité congolaise, née le 28 juillet 2010 à E. Le 29 janvier 2020, Mme G M C, la jeune D A B et l'enfant Andréa A I ont déposé une demande de visas en qualité de membres de famille de réfugié statutaire auprès des services de l'ambassade de France à Kinshasa qui leur est refusée le 13 décembre 2021. Le 21 janvier 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est saisie d'un recours administratif préalable et rejette par une décision implicite puis par une décision explicite du 6 avril 2022 le recours formé contre la décision consulaire. Par la présente requête, M. A J demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par les autorités diplomatiques ou consulaires. Par suite, la décision de cette commission s'est substituée à la décision des autorités consulaires françaises à Kinshasa.

3. En second lieu, si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A J tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commission de recours a rejeté leur recours contre les décisions du 13 décembre 2021 de l'ambassade de France en République démocratique du Congo doit être regardée comme dirigée contre la décision expresse du 6 avril 2022 par laquelle la commission a confirmé ce refus et dont le requérant demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Aux termes des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / () ". Aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article L. 561-4 de ce code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables ". Et aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux ".

6. Aux termes des dispositions de l'article L. 434-4 du même code : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France ".

7.L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Il résulte des dispositions de cet article que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. A la condition que l'acte d'état civil étranger soumis à l'obligation de légalisation et produit à titre de preuve devant l'autorité administrative ou devant le juge présente des garanties suffisantes d'authenticité, l'absence ou l'irrégularité de sa légalisation ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient. Par ailleurs, il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux.

8. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que celle-ci est fondée sur l'absence de demande de visa pour deux des enfants mineurs de M. A J, l'absence de valeur probante des documents fournis pour établir l'identité des demandeurs de visa et leur lien de filiation avec le requérant, ainsi que l'absence d'éléments de possession d'état.

En ce qui concerne le refus opposé à Mme G M C et à la jeune D A B :

9.Aux termes de l'article 373 du code de la famille congolais issu de la loi n° 87/010 du 1er août 1987 portant code de la famille cité par le ministre de l'intérieur : " L'officier de l'état civil exige la remise des pièces suivantes : / 1. un extrait de l'acte de naissance de chacun des époux ; / 2. la copie des actes accordant des dispenses dans les cas prévus par la loi ; / 3. le cas échéant, les copies des actes constatant le consentement des parents ou du tuteur, les procurations écrites prévues par la loi. / Celui des époux qui est dans l'impossibilité de se procurer son extrait d'acte de naissance peut y suppléer en rapportant un acte de notoriété délivré par le juge de paix de son lieu de naissance, de son domicile ou de sa résidence, conformément aux dispositions relatives à l'état civil. ".

10.M. A J se prévaut de son mariage avec Mme M C, attesté par un acte de mariage dressé le 25 juin 2011 par l'officier d'état civil de la commune de E. Pour établir l'identité de la demandeuse de visa, a été produit au dossier de demande de visa un acte de notoriété supplétif à un acte de naissance dressé le 10 mai 2014 sous le n° 004/2014 par l'officier d'état civil de la commune de E où résidait l'intéressée et une copie certifiée conforme de l'ordonnance d'homologation du 5 mai 2016 de cet acte de notoriété rendue par le président du tribunal de grande instance de E. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a relevé que l'acte de notoriété supplétif à un acte de naissance produit a été dressé le 10 mai 2014 pour omission de déclaration, trois ans après l'acte de mariage civil. Le ministre de l'intérieur fait valoir, en se référant à l'article 373 du code de la famille congolais précité, que l'acte de naissance des futurs époux est un document obligatoire à la constitution d'un dossier de mariage et qu'il est par suite incohérent que l'acte de notoriété ait été dressé trois ans après le mariage entre les intéressés dans lequel il est fait, au surplus, mention que, devant l'officier d'état civil, les intéressés ont présenté des attestations de naissance. Toutefoisla seule circonstance que les intéressés n'aient présenté que des attestations de naissance au moment de leur mariage ne suffit pas, dans les circonstances particulières de l'espèce, à retirer toute force probante à l'acte de notoriété produit. Dans ces conditions l'identité de la demanderesse de visa se présentant comme Mme M C doit être regardée comme établie.

11.Aux termes de l'article 106 du code de la famille congolais cité par le ministre de l'intérieur: " Le défaut d'acte de l'état civil peut être suppléé par jugement rendu par le tribunal de grande Instance sur simple requête présentée au tribunal du lieu où l'acte aurait dû être dressé. / L'initiative de l'action appartient à toute personne intéressée et au ministère public. Lorsque celle-ci n'émane pas du ministère public, la requête lui est communiquée. / () Le tribunal, après vérification et enquête éventuelle, statue par décision motivée. / La transcription en est effectuée sur les registres de l'année en cours et mention en est portée en marge des registres, à la date du fait. () ".

12.Pour établir l'identité et le lien de filiation de la jeune D A B avec le réunifiant, a été produit un extrait d'acte de naissance dressé le 5 avril 2018 par l'officier d'état civil de la commune de E et un jugement supplétif d'acte de naissance référencé RC 1653/2017 rendu le 17 octobre 2017 par le tribunal pour enfants de E faisant état de la naissance de D A B le 9 juin 2004 à E de l'union de M. A J et de Mme M C. Si le ministre de l'intérieur, qui abandonne le grief retenu par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France tiré de l'absence de légalisation de l'acte de naissance, fait désormais valoir que l'acte de naissance est irrégulier dès lors qu'il n'a pas été transcrit dans l'année du jugement et ne comporte pas en marge la mention dudit jugement, ces irrégularités de l'acte dressé sur transcription ne suffisent pas, en l'espèce, à démontrer le caractère frauduleux de ce jugement supplétif. Dans ces conditions, l'identité de la jeune D et le lien de filiation l'unissant à M. A J doivent être tenus pour établis par ce jugement.

13.Cependant, il résulte des dispositions de l'article L. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le regroupement familial doit concerner, en principe, l'ensemble de la famille du ressortissant étranger qui demande à en bénéficier et qu'un regroupement familial partiel ne peut être autorisé à titre dérogatoire que si l'intérêt des enfants le justifie. L'intérêt des enfants doit s'apprécier au regard de l'ensemble des enfants mineurs du couple, qu'ils soient ou non concernés par la demande de regroupement. C'est au ressortissant étranger qu'il incombe d'établir que sa demande de regroupement familial partiel est faite dans l'intérêt des enfants.

14.Il est constant que M. A J n'a fait aucune demande de visa pour ses enfants mineurs K A C et L A J. Il expose que le caractère partiel de la demande de réunification familiale est justifié par le fait que ces deux enfants sont allés se réfugier en République du Congo chez leur grand-mère maternelle où ils sont scolarisés et qu'il ne veut pas les faire revenir en République démocratique du Congo pour ne pas réveiller les traumatismes qu'ils ont subis dans leur pays d'origine. Alors même qu'il est loisible aux enfants du requérant de présenter une demande de visa auprès des autorités consulaires françaises en République du Congo, le requérant reconnaissant que leur mère, Mme M C, fait régulièrement des allers-retours entre Brazzaville et Kinshasa, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer que l'intérêt supérieur de Ryan A C et Chloé Marithé A J serait de demeurer dans leur pays de résidence et justifierait ainsi qu'il soit fait droit à une demande de réunification familiale partielle au seul bénéfice de Mme M C, leur mère, et D A B, leur sœur ainée.

15.Dans ces conditions, en refusant de délivrer les visas sollicités à Mme M C et à la jeune D A B au motif tiré du caractère partiel de la demande de réunification familiale, la commission de recours n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit, ni d'une erreur d'appréciation. Il résulte de l'instruction que la commission de recours aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.

16.Compte tenu de ce qui précède, dès lors que la réunification familiale sollicitée présente un caractère partiel puisqu'elle conduit à séparer les membres d'une même cellule familiale, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

En ce qui concerne le refus opposé à l'enfant Andréa A I :

17.Pour établir l'identité et le lien de filiation de l'enfant, a été produit un acte de naissance du 4 août 2010 dont le ministre en défense reconnaît qu'il a été dressé dans le délai légal. Si la commission a retenu que ce document n'a pas été légalisé par l'autorité consulaire française à Kinshasa, le ministre, dans son mémoire en défense, a abandonné ce motif et ne conteste désormais ni l'identité ni le lien de filiation de l'enfant avec le réunifiant et pas davantage l'autorité parentale entière de M. A J sur cette enfant, ainsi qu'il ressort d'un jugement de délégation de l'autorité parentale rendu par le tribunal pour enfants de E le 20 octobre 2020 sous le n° RCE2134/2020. Enfin, ce jugement de délégation d'autorité parentale indique que l'enfant Andréa A I réside chez sa mère et il ne ressort donc pas des pièces du dossier que cette enfant ferait partie de l'unité familiale constituée par l'épouse du requérant et leurs autres enfants. Dans ces conditions, en rejetant la demande de visa présentée pour l'enfant Andréa, la commission de recours a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

18.Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est seulement fondé à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle refuse à l'enfant Andréa A I un visa en qualité de membre de famille de réfugié statutaire.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19.Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à l'enfant Andréa A I le visa de long séjour sollicité, dans un délai de deux mois à compter de sa notification. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

20.Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme demandée en application des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 6 avril 2022 est annulée en tant qu'elle refuse à l'enfant Andréa A I le visa de long séjour sollicité.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer à l'enfant Andréa A I un visa de long séjour en qualité de membre de famille de réfugié statutaire, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A J et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

M. Rosier, premier conseiller,

Mme Roncière, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.

Le rapporteur,

P. F

La présidente,

H. DOUET

Le greffier,

A.-L. LEGOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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