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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2204337

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2204337

vendredi 30 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2204337
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 7ème chambre
Avocat requérantSELARL BENGONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Bengono, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2022 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation.

Elle soutient que :

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- en s'appropriant la décision de la Cour nationale du droit d'asile le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à Mme B par une décision du 8 juin 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Kaczynski, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Kaczynski, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 12 septembre 2022 à 14H00.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4o La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3o ".

2. La demande d'asile de Mme A B ressortissante géorgienne, née le 25 septembre 1990 et qui déclare être entrée en France de façon irrégulière le 31 août 2020 a été rejetée par décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 30 septembre 2021, confirmée par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 31 décembre 2021. Le préfet de la Sarthe a pris à son encontre le 9 mars 2022, sur le fondement du 4° de l'article L 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré et lui a fait obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat de police. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, Mme B, pour soutenir que la décision attaquée serait contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales fait valoir qu'elle a suivi son époux, dont elle a eu deux enfants, en France. Toutefois il n'est pas contesté que l'époux de la requérante a également fait l'objet d'une mesure d'éloignement. La cellule familiale ne sera donc pas affectée par l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté, y compris dans sa branche tirée de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation de sa situation personnelle.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des éléments du dossier que le préfet se serait cru à tort en situation de compétence liée. L'allégation de Mme B n'est pas fondée.

5. En troisième lieu, Mme B fait valoir qu'elle serait exposée en cas de retour dans son pays à des traitements prohibés par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Mais elle ne juge pas même utile de préciser quelle serait la nature des risques encourus et ne produit, pour étayer son affirmation de principe, strictement aucun élément.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de la Sarthe et à Me Bengono.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

D. KACZYNSKILa greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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