mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2204411 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | MOUTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2022, M. B A, représenté par Me Moutel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2020 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " salarié ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable puisqu'il a adressé le 31 août 2020 une demande d'aide juridictionnelle qui a suspendu le délai de recours contentieux en application des dispositions des articles 38 et 56 du décret du 19 décembre 1991 ; la décision d'aide juridictionnelle du 6 avril 2021 lui a été adressée par lettre simple ne permettant pas de déterminer la date de réception ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- aucun des moyens soulevés par M. A ne sont fondés.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né en 1992, déclare être entré irrégulièrement en France le 26 juin 2013. A la suite d'un avis favorable émis le 8 janvier 2015 par l'agence régionale de santé, il a bénéficié d'un titre de séjour pour raisons médicales, renouvelé à deux reprises, jusqu'en février 2018. Le 20 août 2018, il a sollicité le changement de son statut et, à titre principal, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, et, à titre subsidiaire, son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Sa demande a été rejetée par un arrêté du préfet de la Sarthe du 12 août 2020 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. A, qui a déposé une demande d'aide juridictionnelle dès le 31 août 2020 et alors que les pièces du dossier ne permettent pas d'établir la date de notification de la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 avril 2021, demande au tribunal d'annuler les décisions du 12 août 2020.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / ()7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et a été confirmé par les déclarations très circonstanciées effectuées au cours de l'audience publique par la personne qui avait accompagné M. A, que ce dernier a noué, alors qu'il était enfant, une relation forte, de nature filiale, avec une ressortissante française, hôtesse de l'air affectée sur les vols à direction de la Guinée. Il ressort également de ces mêmes déclarations que sur les conseils de cette dernière, et avec son aide financière, le requérant avait suivi en Guinée une formation en informatique afin de travailler pour l'hôtel dans lequel logeait cette ressortissante française lors de ses escales très régulières en Guinée. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en juin 2013 à l'âge de vingt-et-un ans. A la date du refus de séjour contesté, il réside en France depuis presque sept années. Il est également constant qu'il a résidé régulièrement en France pendant trois années, entre 2015 et 2018, sous couvert d'une carte de séjour temporaire alors délivrée en raison de son état de santé. Il ressort également des pièces du dossier qu'il s'est vu proposer dès 2017 un contrat à durée indéterminée par une entreprise de nettoyage, lui permettant d'accéder à une autonomie financière. Par ailleurs, il est constant et résulte également des déclarations circonstanciées effectuées à l'audience et de la présence de cette dernière à la barre, que ses relations avec la ressortissante française rencontrée en Guinée alors qu'il était enfant, se sont poursuivies depuis l'arrivée sur le sol français de M. A, de même qu'avec la famille de cette dernière. Le fait que M. A ne réside pas en France à proximité immédiate de l'intéressée, qui réside dans le sud de la France, a été expliqué par la localisation du domicile de l'intéressée, isolé et ne permettant pas à M. A d'occuper un emploi et d'être ainsi autonome financièrement. Enfin, la persistance et l'intensité de la relation de nature filiale liée par M. A avec une ressortissante française résulte également de la volonté de cette dernière d'adopter, par adoption simple, le requérant, la requête déposée en juin 2022 devant le tribunal judiciaire du Mans étant certes postérieure aux décisions contestées, mais révélant l'intensité et l'ancienneté de la relation. Dès lors, dans les circonstances très particulières de l'espèce, compte tenu de la nature et l'ancienneté de la relation filiale entre M. A et une ressortissante française, de la durée du séjour en France du requérant et de son insertion par la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée, M. A est fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Sarthe a méconnu les dispositions alors en vigueur du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à demander, pour ce motif, l'annulation du refus de séjour du 12 août 2020. L'annulation du refus de séjour entraine par voie de conséquence l'annulation des décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Sarthe, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois, de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ".
Sur les frais du litige :
5. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Moutel, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cette dernière de la somme de 1 200 euros.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du 12 août 2020 par lesquelles le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Sarthe de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Moutel la somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 eu code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Sarthe et à Me Moutel.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
La présidente-rapporteur,
M. C L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
B. ECHASSERIEAU
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au le préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
cnd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026