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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2204870

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2204870

vendredi 9 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2204870
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantPRONOST

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 15 avril 2022, 3 mai 2022, 23 mai 2022 et 17 avril 2023, M. Prince B A, représenté par Me Pronost, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler la décision du 16 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté son recours gracieux contre l'arrêté du 15 mars 2022 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour un durée d'un an ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à tout le moins, au regard de celles de l'article L. 422-1 de ce code :

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dans la mesure où, contrairement à ce qu'indique le préfet, il a obtenu plusieurs diplômes en France et justifie d'une insertion professionnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

S'agissant de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ait entaché, de ce fait, d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du caractère disproportionné de la mesure d'interdiction de retour sur le territoire ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thierry, conseillère,

- et les observations de Me Pronost, représentant M. A, en présence de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. Prince B A, ressortissant nigérian né le 27 décembre 1999, déclare être entré irrégulièrement en France le 18 octobre 2016. Sa demande de reconnaissance du statut de réfugié a été rejetée par une décision du 23 avril 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision du 21 février 2019 de la Cour nationale du droit d'asile. Il a, par la suite, sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance, à titre principal, d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale sur les fondements du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, et à titre subsidiaire, un titre de séjour en qualité d'étudiant fondé sur les dispositions de l'article L. 313-7 du même code. Par un arrêté du 2 janvier 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. La légalité de cette décision a été confirmée par un jugement de ce tribunal du 29 mai 2021, devenu définitif. Par courrier du 28 octobre 2021, M. A a présenté une nouvelle demande de titre de séjour, à titre principal sur le fondement des mêmes dispositions, désormais codifiées aux articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, à titre subsidiaire, sur le fondement des dispositions des articles L. 422-1 et L. 421-1 de ce code. Par un arrêté du 15 mars 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par une décision du 16 mai 2022, le préfet a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressé à l'encontre de l'arrêté du 15 mars 2022. M. A demande au tribunal l'annulation de ces deux dernières décisions.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision portant refus de délivrer un titre de séjour vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment les différentes dispositions de ce code sur le fondement desquelles le requérant a présenté sa demande de titre de séjour, et fait également état d'éléments concernant la situation personnelle de M. A. Par suite, cette décision est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

4. Si M. A se prévaut de l'ancienneté de son séjour sur le territoire français, il est constant qu'il ne séjournait en France que depuis cinq ans et cinq mois à la date de la décision attaquée et que la durée de ce séjour s'explique notamment par le défaut d'exécution des deux mesures d'éloignement prises successivement à son encontre par le préfet de la Loire-Atlantique par arrêtés du 29 mai 2019 et du 2 janvier 2020, dont la légalité a été confirmée d'une part, par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes n° 20NT00647 du 22 janvier 2021 et, d'autre part, par un jugement de ce tribunal n° 2002578 du 19 mai 2021, devenu définitif. Si M. A établit avoir fourni des efforts particuliers pour apprendre la langue française peu de temps après son arrivée sur le territoire et s'être investi pleinement dans les études secondaires entreprises entre septembre 2018 et juin 2021, ainsi qu'en attestent plusieurs de ses professeurs insistant sur l'assiduité et les bons résultats obtenus par l'intéressé, l'obtention de deux certificats d'aptitude professionnelle " agent de propreté et d'hygiène " et " constructeur béton armé du bâtiment " ne peut suffire à établir que M. A a tissé des liens suffisamment intenses, anciens et stables en France pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". De même, la circonstance qu'il était inscrit en classe de première au sein du Lycée Michelet à Nantes en vue de l'obtention d'un baccalauréat professionnel dans le domaine du bâtiment n'est pas davantage de nature à justifier d'une particulière intégration sur le territoire français. Par ailleurs, M A ne fait pas état d'attaches personnelles et familiales de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement en se bornant à produire deux attestations peu circonstanciées établies par un individu qui se présente comme son demi-frère et l'épouse de ce dernier. S'il fait valoir que, depuis la fin de l'année 2017, il entretient une relation amoureuse avec une compatriote, titulaire d'un titre de séjour valable du 14 mars 2022 au 13 mars 2023, il ne produit aucun élément permettant d'apprécier la durée et la stabilité de cette relation, alors au demeurant qu'il est constant que les intéressés ont toujours vécu séparément ainsi qu'en atteste sa compagne elle-même. En outre, M. A n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il n'est pas contesté que réside sa mère et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 17 ans. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation dont le préfet de la Loire-Atlantique aurait entaché la décision attaquée au regard des dispositions des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle doivent être écartés.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".

6. Les éléments de la vie personnelle de M. A, tels que décrits au point 4 du présent jugement, ne caractérisent pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement.

7. En quatrième lieu, il est constant que M. A est entré sur le territoire français sans être muni d'un visa de long séjour lui permettant de prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou encore sur le fondement de l'article L. 421-1 de ce code. En tout état de cause, à la date de sa demande de titre de séjour, il ne justifiait ni d'une inscription au sein d'un établissement d'études supérieures ni d'un contrat de travail visé. Par suite, à les supposer invoqués, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet au regard des dispositions des articles L. 422-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

8. En cinquième et dernier lieu, contrairement à ce que soutient M. A, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen particulier de sa situation personnelle et familiale avant de décider de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour. A cet égard, il n'a pas commis d'erreur de fait en estimant que l'intéressé ne faisait état d'aucune insertion professionnelle en France dès lors que l'obtention de deux certificats d'aptitude professionnelle et l'inscription au Lycée Michelet en première en vue de l'obtention d'un baccalauréat professionnel ne constituent pas en eux-mêmes des éléments d'insertion professionnelle. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen de la situation de M. A qui en aurait résulté doivent être écartés.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, aux termes du I de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". La décision obligeant M. A à quitter le territoire français, qui mentionne expressément qu'elle a été prise en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision portant refus de séjour. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 du présent jugement que cette dernière décision est suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit, par suite, être écarté.

10. En second lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui été dit précédemment, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A invoque à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte, de façon précise, l'indication des raisons de droit comme de fait pour lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a fixé le Nigéria comme pays à destination duquel M. A pourra être reconduit d'office. Dès lors, cette décision est suffisamment motivée.

12. En second lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui été dit précédemment, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A invoque à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an :

13. En premier lieu, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus à l'article L. 612-10 précité, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

14. En l'espèce, l'interdiction de retour en litige vise notamment les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que bien qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, M. A a fait l'objet de deux décisions d'éloignement auxquelles il ne s'est pas conformé, et ce en dépit du rejet de ses requêtes par le tribunal administratif et la cour administrative d'appel. Elle indique enfin qu'il n'établit pas disposer d'attaches familiales en France et qu'il n'est pas dépourvu de telles attaches dans son pays d'origine. Ainsi, le préfet de la Loire-Atlantique a suffisamment motivé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

15. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui été dit précédemment, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A invoque à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, ne peut qu'être écarté.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au préfet, s'il entend assortir sa décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai déterminé, d'une interdiction de retour sur le territoire, dont la durée ne peut dépasser deux ans, de prendre en considération les quatre critères énumérés par l'article précité que sont la durée de présence sur le territoire de l'intéressé, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et les circonstances, le cas échéant, qu'il ait fait l'objet d'une ou plusieurs précédentes mesures d'éloignement et que sa présence constitue une menace pour l'ordre public.

17. Il ressort précisément des termes de la décision attaquée que, contrairement à ce que soutient le requérant, celle-ci a été prise sur le fondement de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement soutenir que cette décision serait entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle au regard des dispositions de l'article L. 612-7 de ce code. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

18. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, que M. A ne justifie pas de liens suffisamment anciens, intenses et stables en France où il ne résidait que depuis cinq ans et cinq mois à la date de la décision attaquée et qu'il a fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire français par arrêtés du 29 mai 2019 et du 2 janvier 2020 auxquelles il n'a pas déféré. Par suite, alors même que le requérant ne représenterait aucune menace à l'ordre public, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que la situation de M. A, au regard des critères prévus par les dispositions citées au point 16, justifiait de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

19. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 ci-dessus, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur la légalité de la décision du 16 mai 2022 rejetant le recours gracieux formé à l'encontre de l'arrêté du 15 mars 2022 :

20. M. A n'invoque aucun moyen au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 16 mai 2022 de sorte que ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. Prince B A, à Me Pronost et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Livenais, président,

M. Huin, premier conseiller,

Mme Thierry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.

La rapporteure,

S. THIERRYLe président,

Y. LIVENAISLe greffier,

E. LE LUDEC

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

ell

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