lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2204969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BARRAK MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par cette requête et un mémoire, enregistrés le 17 avril 2022 et le 20 juin 2022, M. E F, agissant en qualité de représentant légal de A F, B F, D F et Théo F, représenté par Me Barrak Moreau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 17 février 2022 par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 20 octobre 2021 du consul général de France à Beyrouth a refusé de délivrer à ses enfants des visas de long séjour en qualité de mineurs à scolariser ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision des autorités consulaires est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'invitation de la part des autorités consulaires à fournir des informations complémentaires nécessaires pour combler l'insuffisance des éléments justifiant l'objet et les conditions du séjour envisagé pour les quatre enfants ;
- la décision de la commission de recours est entachée méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme G a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E F, ressortissant libanais, a présenté des demandes de visas de long séjour en qualité de mineurs à scolariser auprès des autorités consulaires françaises à Beyrouth pour ses enfants mineurs A, B, D et C F nés à Beyrouth. Par une décision en date du 20 octobre 2021, ces autorités ont refusé de délivrer les visas sollicités. Par une décision implicite née le 17 février 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire. M. F, agissant en qualité de représentant légal des demandeurs de visas, demande au tribunal d'annuler cette décision de la commission de recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :
2.En premier lieu, l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile énonce : " Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre chargé de l'immigration est chargée d'examiner les recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. La saisine de cette commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier ". Il résulte de ces dispositions que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par les autorités diplomatiques ou consulaires. Par suite, la décision implicite née le 17 février 2022 de cette commission s'est substituée à la décision du 20 octobre 2021 des autorités consulaires françaises à Beyrouth. Il en résulte que le moyen ne concernant que la légalité de la décision consulaire tiré d'un vice de procédure, en l'absence d'invitation aux intéressés de produire des documents complémentaires, doit être écarté comme inopérant.
3. En second lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du mémoire en défense produit par le ministre de l'intérieur, que pour refuser de délivrer les visas sollicités, la commission de recours s'est fondée sur les motifs tirés de ce que la scolarisation de mineurs dont les parents ne résident pas en France relève d'une procédure dérogatoire liée à l'excellence académique dont ne ressortent pas ces demandes et de ce qu'il est dans l'intérêt de ces enfants de vivre auprès de leurs parents.
5. Si le requérant fait valoir qu'avec son épouse, ils ont délégué l'autorité parentale à l'égard de leurs enfants de 13, 12 et 4 ans au bénéfice d'amis qui les hébergeront en France, aucune décision juridictionnelle de délégation de l'autorité parentale n'est produite. A cet égard, l'autorisation parentale signée au Liban le 16 septembre 2021 devant notaire mentionne que M. et Mme F restent " détenteurs de l'autorité parentale " à l'égard de leurs enfants et autorise uniquement la sortie de ces derniers de leur pays de résidence du 27 septembre 2021 au 27 septembre 2022 pour se rendre en France dans le cadre d'études scolaires auprès d'un ami de leurs parents, seulement habilité à prendre toutes les mesures nécessaires à leur santé et à leurs besoins. Ainsi, l'autorité parentale à l'égard des jeunes demandeurs de visa ne saurait être regardée comme ayant été déléguée par leurs parents qui résident à Beyrouth, et avec lesquels ils ont toujours vécu. Par ailleurs, si M. F fait état de la situation socio-économique dégradée au Liban, de la scolarisation de ses deux fils aînés en France et des démarches engagées pour l'ensemble de la fratrie en France, ces circonstances ne suffisent à établir que l'intérêt des jeunes demandeurs de visas serait de quitter leurs parents pour suivre une scolarité en France, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il leur serait impossible de poursuivre un cursus scolaire comparable au Liban où ils sont déjà scolarisés dans des établissements francophones. Dans ces conditions, en leur refusant la délivrance de visas en tant que mineurs à scolariser, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. F doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E F et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Sarda, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
La rapporteure,
S. G
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
J. HUMANN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2204969
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026