jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2204983 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, M. B A C, représenté par Me Denis Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire pris le 22 mars 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer, à titre principal, une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la même date ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Seguin en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision relative au séjour est entachée d'erreur d'appréciation de sa situation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale dès lors que le refus de séjour est lui-même illégal ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- dans la mesure où le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français sont illégaux, la décision fixant le pays de destination est illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. A C.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
La clôture de l'instruction a été fixée par ordonnance au 23 janvier 2023.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A C par une décision du 23 mai 2022 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 mars 2023 à partir de 9h20.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C est un ressortissant de nationalité nigérienne qui est né le 17 décembre 1996. Il est entré en France le 19 septembre 2018 muni d'un passeport revêtu d'un visa d'entrée et de long séjour en qualité d'étudiant valable du 7 septembre 2018 au 7 septembre 2019. Il a séjourné par la suite en France en cette même qualité en étant détenteur de cartes de séjour temporaire portant la mention "étudiant". Avant l'expiration, le 24 novembre 2021, de la durée de validité de son dernier titre de séjour, M. A C en a sollicité le renouvellement auprès du préfet de Maine-et-Loire. Par un arrêté du 22 mars 2022, cette autorité a rejeté cette demande, a assorti ce refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. Par sa requête, M. A C demande l'annulation de ces décisions
Sur les conclusions à fin d'annulation du refus de séjour :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient au préfet, saisi d'une demande tendant au renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études.
3. Au titre de l'année universitaire 2018-2019 correspondant à la période de validité de son visa d'entrée et de long séjour qui lui a été délivré en qualité d'étudiant, M. A C a été inscrit en première année du master droit public des affaires au sein de l'Université de Limoges, qu'il n'a pas validée. Au titre de l'année universitaire 2019-2020 correspondant à la période de validité de la première carte de séjour temporaire qui lui a été délivrée en qualité d'étudiant, l'intéressé a été inscrit en première année du master droit international et européen au sein de l'Université de Toulouse, qu'il n'a pas davantage validée. Au titre de l'année universitaire 2020-2021 correspondant à la période de validité de la seconde carte de séjour temporaire qui lui a été délivrée en qualité d'étudiant, M. A C a été de nouveau inscrit en première année de master droit international et européen, mais cette fois-ci au sein de l'Université d'Angers et il n'a pas validé cette année. Sa demande de titre de séjour, rejetée par le préfet de Maine-et-Loire par la décision attaquée, a été présentée afin de pouvoir s'inscrire de nouveau au sein de cette première année. Pour lui refuser le renouvellement de son titre de séjour, le préfet de Maine-et-Loire a relevé que M. A C ne justifiait pas du caractère réel et sérieux des études suivies compte tenu de ses multiples redoublements et de la stagnation de son parcours universitaire.
4. M. A C produit le relevé de ses notes à l'issue de la première session de chacun des deux semestres de l'année universitaire 2018-2019. Il en ressort qu'il a été ajourné avec une moyenne de 4,432/20 sans valider la moindre unité d'enseignements et que les notes obtenues dans les différentes matières sont généralement inférieures ou égale à 6/20, seules deux matières ayant été validées correspondant au droit de la convention européenne des droits de l'homme et à l'anglais. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il se serait présenté à la seconde session d'examen organisée au titre de l'année universitaire 2018-2019. M. A C explique qu'il s'est rendu compte, lors de cette première année d'études en France, que l'obtention de sa licence en droit au Maroc ne lui avait pas permis d'acquérir la méthode nécessaire pour réussir un master en droit en France, mais il s'est tout de même inscrit, lors de l'année universitaire suivante, au sein d'une autre première année de master en droit. S'il allègue un attrait particulier pour le droit international et européen, qui correspond à la mention du master dans lequel il s'est inscrit à compter de l'année universitaire 2019-2020, il ne produit aucun document concernant ses résultats à l'issue de cette année. Le relevé de ses notes à l'issue de la première session des examens en vue de l'obtention, à l'issue de l'année universitaire 2020-2021, qui précède celle au titre de laquelle il a sollicité le titre de séjour en litige, montre qu'il a été considéré comme défaillant au sein de l'une des unités d'enseignements complémentaires au motif de l'absence de validation de son stage. Si cette absence a été considérée comme justifiée par son université, il n'a validé, au titre de cette même session, qu'une seule des trois autres unités d'enseignement, et à la session suivante, il n'a validé aucune des deux unités restantes. Au regard de l'ensemble de ces éléments, alors même que l'intéressé a pu être affecté, comme d'ailleurs l'ensemble des autres étudiants, par les conséquences liées à la pandémie de Covid-19, et qu'il a exercé une activité professionnelle en parallèle de ses études, comme le permettent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de Maine-et-Loire a pu estimer que M. A C, dont le parcours jalonné par trois inscriptions en première année de master en droit ne révèle pas la progression qu'il allègue, ne pouvait être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études et par suite comme établissant qu'il fait des études en France au sens des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, le moyen critiquant la légalité du refus de séjour opposé au requérant ayant été écarté au point 4, il n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
6. En deuxième lieu, il ressort de la lecture de l'arrêté du 22 mars 2022 que le préfet de Maine-et-Loire a exposé les raisons pour lesquelles il a estimé que l'obligation de quitter le territoire français ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé et ne méconnaissait pas ainsi l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français sur ce point doit, en tout état de cause, être écarté et doit l'être également celui tiré du défaut d'examen de la situation de l'intéressé au regard de cet article.
7. En dernier lieu, il est constant que M. A C est célibataire et sans enfant. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il disposerait d'attaches familiales en France et qu'il n'en disposerait plus dans son pays d'origine, au sein duquel il a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. Dans ces conditions, quand bien même le requérant a poursuivi des études en France pendant trois années, ce qui tend à supposer qu'il aurait noué des relations amicales, dont au demeurant il ne précise pas la consistance, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme méconnaissant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi :
8. Le moyen critiquant la légalité du refus de séjour opposé au requérant ayant été écarté au point 4, il n'est, en tout état de cause, pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de la décision fixant son pays de renvoi. L'ensemble des moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français ayant été également écartés, il n'est pas davantage fondé à invoquer l'illégalité de cette mesure d'éloignement pour obtenir l'annulation de la décision relative au pays de renvoi.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A C tendant à l'annulation des décisions qui lui ont été opposées par le préfet de Maine-et-Loire le 22 mars 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Denis Seguin.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
D. D
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026