mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2205002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 20 et 22 avril, le 3 mai, les 18, 21 et 22 juillet et le 8 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré;
2°) d'enjoindre au préfet Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " étudiant " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de ce même jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros qui devra être versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 39 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de la réalité et du sérieux de ses études dès lors qu'il justifie de ce caractère réel et sérieux ; il remplissait les conditions requises par les stipulations du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien, pour le renouvellement de son titre de séjour dès lors que le caractère réel et sérieux des études poursuivies est établi ; il a toujours été assidu et fait de son mieux ; il a réussi sans difficultés le premier semestre de son année de Master 2 en 2019-2020, son échec étant dû au contexte sanitaire au cours du second semestre ; son échec au cours de l'année 2020-2021 est lié à son impossibilité à trouver un stage ; il n'a, depuis, rencontré que des succès ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prive de base légale la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une décision du 8 juin 2022, M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Des pièces produites pour M. B les 13 février et 13 mars 2023 n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baufumé, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 29 novembre 1992, est entré sur le territoire français le 31 août 2019 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant. Un certificat de résidence en qualité d'étudiant, valable du 13 novembre 2019 au 12 novembre 2020, lui a ensuite été délivré puis a été renouvelé jusqu'au 17 novembre 2021. Le 25 octobre 2021, M. B a sollicité un nouveau renouvellement de son certificat de résidence en qualité d'étudiant. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du premier alinéa du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge administratif de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 31 août 2019 afin d'y suivre un master II en biologie végétale au sein de l'Université des Sciences d'Angers. S'il a été ajourné à l'issue de l'année universitaire 2019-2020, il ressort toutefois des pièces du dossier que sa moyenne était de 13,038/20 avant le dernier semestre de sa session 2, qu'il a été ajourné avec une moyenne générale de 10,817/20, qu'il a fait preuve d'assiduité et a validé plusieurs unités d'enseignement. Il en ressort également, et notamment de la lettre qu'il a adressée au préfet de Maine-et-Loire dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre de séjour, que la pandémie de Covid-19 l'a obligé à soutenir son rapport de stage en décembre 2020, qu'il n'a, dès lors, pu s'inscrire dans les temps dans la formation qu'il souhaitait suivre au titre de l'année 2020-2021 et qu'il s'est par conséquent inscrit au sein d'un diplôme universitaire, sur le conseil de ses enseignants, afin de combler ses lacunes. S'il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pu valider cette année en raison de la difficulté, dans un contexte de pandémie, à trouver un stage à temps, il en ressort également qu'à la date de la décision attaquée, M. B, une nouvelle fois sur le conseil de ses enseignants, s'est inscrit en master I de biologie végétale afin d'acquérir les prérequis nécessaires à la poursuite de ses études en ce domaine et qu'il avait d'ores et déjà validé des unités d'enseignement. Dans ces conditions, et alors au surplus que M. B a, postérieurement à l'arrêté contesté, obtenu son année de master I en biologie végétale puis a été admis à s'inscrire, pour l'année universitaire en cours, en master II " Gestion de la Santé des plantes " dont il a validé la session 1 avec une moyenne générale de 13,805/20 et alors qu'il bénéficie du soutien de l'équipe pédagogique et du directeur de l'unité de formation et de recherche à laquelle appartient son master, le préfet de Maine-et-Loire, en se fondant sur la " stagnation " des études de M. B a commis une erreur dans son appréciation de la réalité et du sérieux de ces études, en dépit de la lenteur de leur progression.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 28 mars 2022 du préfet de Maine-et-Loire refusant de lui renouveler un titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions du même jour l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif sur lequel il se fonde pour prononcer l'annulation des décisions attaquées, le présent jugement implique nécessairement, mais seulement, qu'il soit enjoint au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer la demande de l'intéressé dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour lui permettant, notamment, de réaliser son stage de master II.
Sur les frais liés au litige :
6. M. B a obtenu l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Seguin, avocat du requérant, d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour Me Seguin de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 mars 2022 du préfet de Maine-et-Loire est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer la demande de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour lui permettant notamment de réaliser son stage de master II.
Article 3 : L'Etat versera à Me Seguin la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour Me Seguin de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Seguin.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026