mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2205075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 avril 2022, M. D A, représenté par Me Guilbaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- cette décision méconnaît les stipulations du 1° et du 5° de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- la décision fixant le pays de destination est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Perrot, substituant Me Guilbaud, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 6 février 1987, est entré en France en 2011 selon ses déclarations. Il a bénéficié de 2012 jusqu'au 4 février 2015 d'un titre de séjour pour raisons de santé dont le renouvellement lui a été refusé par un arrêté du 29 mai 2015, assorti d'une obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Nantes et la Cour administrative d'appel de Nantes. Ultérieurement, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour qui lui a été refusé par un arrêté du 17 septembre 2018, assorti d'une obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Nantes et la Cour administrative d'appel de Nantes. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations du 1° et du 5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 24 janvier 2022, dont M. A demande au tribunal l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé l'Algérie comme le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de fait et de droit sur lequel il se fonde. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant refus délivrance d'un titre de séjour et de la décision fixant le pays de destination doivent être écartés. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet et sérieux de la situation du requérant, en particulier s'agissant de la fixation du pays à destination duquel il pourra être reconduite d'office. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen dont seraient entachées les décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien visé ci-dessus : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ; / () / 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résident en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
5. Si M. A fait valoir qu'il réside en France de manière continue depuis l'année 2011, les éléments qu'il apporte dans la présente instance ne sont pas, comme l'a relevé l'administration, suffisamment nombreux et suffisamment probants pour établir sa présence en France au cours des années 2012 et 2020. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation s'agissant de la durée de sa présence continue sur le territoire français depuis 2009 et méconnaîtrait, pour cette raison, le 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
6. En troisième lieu, s'il se prévaut d'une présence en France depuis plus de dix ans, sans toutefois en établir le caractère continu, le requérant est célibataire et sans personne à charge en France. Il est constant qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures administratives d'éloignement définitives en 2015 et 2018 qu'il n'a pas exécutées. S'il se prévaut de relations personnelles et amicales fortes en France, notamment de son engagement bénévole auprès de l'association Le Logis de Saint-Jean, de son hébergement par une ressortissante française qui nécessite son assistance quotidienne, ainsi que d'activités professionnelles notamment de contrats à durée déterminée d'insertion autorisées sous couvert des titres de séjour délivrés jusqu'en 2015 pour raisons de santé, les éléments qu'il produit sont insuffisants pour établir la construction de liens personnels forts, anciens, stables et durables sur le territoire français. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A serait dépourvu d'attaches personnelles ou familiales en Algérie, où il a vécu la plus grande part de sa vie. Dans ces conditions, les décisions attaquées portant refus délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, qui n'ont pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, ne sont pas entachées d'une erreur de droit au regard des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et ne méconnaissent ni ces stipulations, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En quatrième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit qu'une carte de séjour temporaire peut être délivrée à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir. Cet article, dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Cependant, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
8. M. A se prévaut des mêmes éléments que ceux évoqués précédemment. Ces éléments ne suffisent toutefois pas à caractériser l'existence de considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels qui auraient été de nature à conduire le préfet à faire usage de son pouvoir exceptionnel de régularisation de la situation au regard du droit au séjour de M. A. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui précède, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions attaquées portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur la situation personnelle du requérant.
10. En dernier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie eu égard à ce qui précède, M. A n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Guilbaud.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023 à laquelle siégeaient :
M. B de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
La rapporteure,
S. C
Le président,
A. B DE BALEINE La greffière,
L. LECUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2205075
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026